Redemption

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Nom du groupe Ennoven
Nom de l'album Redemption
Type Album
Date de parution 23 Décembre 2014
Labels Self-Produced
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1. Spirits 05:40
2. Ethereal Winter 10:28
3. Of the Ice 04:00
4. Reborn 14:20
Total playing time 34:28

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Ennoven


Chronique @ Icare

18 Juin 2018

Une musique contemplative et belle sans autre prétention que de vous faire voyager pendant 34 minutes. Et ça marche.

Une fois n’est pas coutume, je pourrais commencer cette chronique de façon polémique en ouvrant le débat et en questionnant le rôle qu’a internet sur la diffusion et les ventes de la musique ainsi que les conséquences que cela entraîne pour l’industrie musicale en général.
Ceci dit, je vais me contenter de présenter brièvement l’histoire d’Ennoven, dont on ne peut a priori pas dire grand-chose mis à part qu’il s’agit d’un one man band polonais qui voit le jour en 2014 à Varsovie. Par contre, et c’est ça qui nous intéresse, l’artiste sort son premier album autoproduit la même année sur Youtube, mélange enivrant et parfaitement dosé de black atmosphérique et de post black, et cet enregistrement séduit bon nombre d’internautes, conférant à son géniteur un début de reconnaissance. L’éponyme finit par tomber dans l’oreille de Northern Silence Productions, qui décide de le rééditer sur support physique pour répondre aux nombreuses demandes des e-fans, et voilà comment j’en viens finalement à cette chronique... et à cette intro inhabituelle.

Maintenant que la question polémique a été esquissée, place désormais à la musique si vous le voulez bien : Spirits s’ouvre sur une plage instrumentale contemplative et nébuleuse, mettant d’emblée en avant tous les éléments qui font l’identité - ou la non -identité, c'est vous qui voyez! - du one-man-band dont une basse bien présente dans le mixage. Le chant est quant à lui, comme souvent dans le style, complètement noyé dans un océan de réverb’, sorte d’émanation plaintive très lointaine et impalpable qui enveloppe le tout d’une aura fantomatique lors de ses rares interventions.
Redemption offre 34 minutes de musique planante et belle : Ethereal Winter égraine un arpège dépouillé et triste aux relents gothiques, tandis que les chœurs des claviers portent de leurs échos sentencieux ces notes lentes de guitare qui ne semblent pas pouvoir supporter leur propre poids dans l’immensité d’un vide trop silencieux. Puis les premiers accords distordus rugissent en douceur, ponctués par les coups métronomiques et espacés de la grosse caisse, et c’est ainsi que le fameux mur du son et d’émotions inhérent au genre nous happe petit-à-petit, avec une force tranquille qui se déroule au fur et à mesure de ces 10,29 minutes. Les notes de guitares, à la fois chaudes et tristes, semblent dessiner devant nos yeux des contrées imaginaires qui émergent de la brume, les claviers tissant cet espèce de halo impalpable permanent qui nous suspend entre rêve et réalité. Le chant, qui n’apparaît qu’au bout de quatre minutes, souffle fragile comme exhumé d’un passé sans âge, semble narrer des légendes oubliées depuis des siècles, et dans cette symbiose placide des instruments, mélancolie et beauté lénifiante se mêlent en une torpeur onirique qui nous étreint et nous étourdit. Des guitares en état de grâce accouchent de mélodies toujours hallucinées (à ce stade, est-il encore besoin de confirmer l’influence du post rock sur les parties d’Of the Ice et l'ensemble de la galette? C'est fait), un rythme lent et solennel nous guide en apesanteur, et le tout nous invite irrémédiablement à la rêverie.

Vous l’aurez compris dans cette courte description, Ennoven a tout du parfait album d’atmosphérique/post black metal, avec tous ses défauts et ses qualités selon votre appréciation du style. Les mauvaises langues diront certainement que rien ne ressemble plus à un album de post black qu’un autre album de post black, et on ne pourra pas tout à fait leur donner tort : la musique du Polonais n’a absolument rien d’original, mais elle saura sûrement séduire les férus de douceur metallique et de mélodies lumineuses et conviendra autant aux amateurs de Mogwaï, Alcest, Agalloch, Heretoir ou des parties les plus planantes de Mare Cognitum. Ces quatre titres sont en effet très majoritairement instrumentaux et reposent principalement sur des passages célestes et éthérés qui mêlent arpèges, notes larmoyantes et plages de claviers avec une simplicité - et une efficacité - désarmante. Pas de blast ici, très peu de chant, pas de gros riff qui tue, juste une musique contemplative et belle sans autre prétention que de vous faire voyager pendant 34 minutes. Et ça marche.

Maintenant que vous savez à quoi vous en tenir, libre à vous de vous embarquer dans ce voyage cosmique auquel Ennoven vous convie. Pas de grande révolution, de secousses ni de sensations extrêmes, mais une évasion particulièrement sereine, reposante et touchante qui vous berce les sens, vous revigore et vous apaise, un peu comme un beau paysage qui défile devant nos yeux, plein de magie et de poésie… Une vraie Redemption en somme, qui quoi qu'on en pense mérite certainement plus votre attention qu’une vidéo de chat qui joue du clavier, mais ça c’est une autre histoire…

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