Reborn in Time

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18/20
Nom du groupe Feridea
Nom de l'album Reborn in Time
Type EP
Date de parution 31 Janvier 2014
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1. Wanderer 03:56
2. Reborn in Time 13:36
3. With Fire and Frost 05:45
4. Of Magic and Music 09:08
Total playing time 32:25

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Feridea


Chronique @ ericb4

17 Janvier 2015

Une oeuvre sensible au beau pédigrée pour cette jeune formation.

La Finlande serait-elle devenue, au fil du temps, l'un des pourvoyeurs essentiels de talents de la scène metal européenne actuelle ? Lorsqu'on observe que les enfants spirituels de Nightwish se comptent désormais par dizaines, au moment où d'autres pays peinent parfois à dépasser les cinq doigts d'une main, la question reste posée. Et Feridea semble faire partie de ses plus dignes héritiers. Influencé par l'univers symphonique du légendaire combo, le jeune quintet n'a pas tremblé pour donner le La.

Prudent dans sa démarche, il vient tout juste d'auto-produire un premier EP ne comptant pas plus de quatre titres, d'une durée inégale, mais s'étirant tout de même sur plus de trente-deux minutes. Durée cependant suffisante pour se faire une idée des compétences cohésives et individuelles du combo.

Dans l'ensemble, on reste rivé sur un metal symphonique classique dans ses fondements instrumentaux : double-caisse épaisse, riffs de guitare plombants, basse martelante et densité orchestrale octroyée par de savants arrangements sont au programme.

En substance, on décèle une dense orchestration inscrite dans l'esprit de celle de Nightwish, première mouture. Elle se déploie sur des lignes mélodiques éminemment immersives, inspirées tantôt du classique, tantôt du folk celtique. Conjuguant ces empreintes stylistiques au sein de compositions remarquablement travaillées, le combo n'a pas ménagé sa peine pour nous accueillir avec les honneurs.

De son côté, la partie vocale est essentiellement dispensée par Heidi Mankinen, talentueuse chanteuse aux modularités frissonnantes, oscillant habilement entre notes éthérées et empreinte lyrique. De façon surprenante, une voix masculine vient parfois partager le micro avec l'interprète féminine, à la manière de Visions of Atlantis. Par moments s'agrègent des choeurs, permettant alors de densifier le corps vocal du groupe. Rajoutons que le mixage réalisé a permis à l'espace sonore de témoigner d'un bel équilibre entre les parties instrumentales et vocales.

Enfin, les aspects techniques n'ont pas laissé l'auditeur frustré, les soli, certes un peu clairsemés, étant loin d'être malhabiles. De plus, les tempos sollicités sont diversifiés et permettent aux rythmiques d'impacter nos émotions. Egalement au rendez-vous, la volupté des harmonies n'est pas en reste. Et ce, notamment à la lumière de quelques arpèges déployés à la rare harpe synthétisée, qui fleure bon le romantisme.

On suit la petite rondelle, pas à pas, à la manière d'un film. Chaque titre étant de nature différente, ils nous renvoient alors l'un après l'autre à une ambiance singulière. A quelle "spectacle" musical va-t-on alors assister?

Une douce introduction au son d'une harpe enchanteresse d'obédience celtique nous enveloppe rapidement lors de l'entame instrumentale "Wanderer". Rien ne semble venir perturber la sérénité de ces lieux, imprégnés par de délicates harmonies et par une profusion de gammes somptueuses. D'entrée de jeu, le ton est ainsi donné par cette plage d'inspiration néoclassique, à tendance progressive. Un léger embrasement à mi-morceau s'observe, en effet, et renseigne sur le niveau de technicité de nos acolytes. Le reste de l'opus saura-t-il se démarquer de cette plage coquette?

De manière inattendue, une déferlante metal va venir secouer les cocotiers de cet espace musical enchanteur. Et ce, dès qu'arrive à sa porte le titre éponyme de l'album. Epique, majestueux, introduit par une profondeur de champ synthétique impactante, "Reborn in Time" nous agrippe de ses riffs pénétrants pour nous plonger l'oreille dans le bain d'une fresque de plus de treize minutes. Telle un fil conducteur, la harpe revient, étreignant ici une rythmique lourde certes, mais loin d'être ankylosée. De plus, le chemin mélodique est limpide et prend toute son ampleur, notamment sur les refrains que se plaît à enjoliver Heidi par son timbre sensible, haut perché, mais sans démonstration lyrique. A la façon de Visions Of Atlantis, elle s'adjoint une puissante et mélodieuse voix masculine, un tantinet éraillée. A ce duo s'agrègent progressivement des chœurs chatoyants, conférant à l'ensemble une unité vocale radieuse et bien cadrée dans son contexte instrumental à la patine folk. Tel un voyage à étapes, deux breaks tout en silence nous font évoluer d'une part, au cœur d'une soyeuse reprise vocale couplée à des riffs sirupeux. Un deuxième souffle passé, on déambule alors dans un paysage de dunes où l'on n'entend plus que le son modulé et persistant d'une flûte synthétisée au loin, stylée "roots", mystérieuse, enivrante, dans la lignée d'Elane. Ainsi, cette onde de choc s'apaise avant de disparaître en douceur derrière l'épais rideau d'un ultime silence qui s'impose alors, laissant l'instant à venir se faire jour.

Non content de nous offrir une première partie rythmiquement imposante et tout en saveurs, le combo a veillé à varier son approche instrumentale. Aussi, a-t-on changé de registre sur "With Fire and Frost***". Toujours habité par une âme folk, ce titre délivre une rythmique plus fougueuse et des riffs plus corrosifs, à la manière de Nightwish. Les refrains surtout nous illuminent de leurs chapelets de notes souriantes. D'autre part, un break bien placé se cale derrière une guitare plutôt inspirée en reprise. Au niveau du chant, la tessiture d'Heidi se love dans les médiums. On se sent alors comme projeté dans l'univers oralisé de Passionworks. L'exercice s'avère une fois encore maîtrisé de bout en bout. Arrivé à ce stade, vingt-trois minutes d'intenses émotions, insufflées par un metal symphonique immersif, sont déjà passées. Que nous réserve encore le groupe neuf minutes avant la fin?

Sachant ménager le suspense jusqu'au bout, nos compères auraient gardé le meilleur pour la fin. Rien qu'aux premiers accords de l'ouverture de l'outro "Of Magic and Music", on a le sentiment d'assister à la pièce maîtresse de l'EP. Et on ne se sera pas trompé! La qualité des arrangements a pour corollaire une rythmique entraînante assistée de riffs roulants. De plus, la jeune interprète prend tout-à-coup des airs de diva, nous invitant à la fête par ses oscillations redoutables d'efficacité et ses envolées cristallines à la limite du lyrique. Elle appelle de ses vœux son acolyte masculin pour distiller à l'unisson des couplets hypnotiques et des refrains on ne peut plus addictifs. Comme pour parachever un ensemble déjà très honorable, quelques arpèges au piano y trouvent leur place ainsi qu'un solo de guitare aux délicats accords, lui-même nous conduisant en douceur vers la fin de piste. On est donc happé par ce morceau mélodiquement taillé pour les charts. Et ce, même si le format dépasse de loin les standards actuels prévus pour ce type de morceau.

Le voyage est déjà terminé qu'on se plaît déjà à vouloir jouer les prolongations. Un ou deux titres supplémentaires de cet acabit auraient toutefois permis au combo de transformer ce généreux EP en album longue durée, c'est un fait. Mais, dans le cas présent, il s'agit davantage d'un test de son auditorat potentiel que d'une production in fine. Ajoutons que la cohabitation des genres s'est effectuée sans l'ombre d'une maladresse. Les enchaînements, pour leur part, ont été effectués de façon satisfaisante. Peut-être que quelques soli supplémentaires de guitare ou au piano auraient complété la panoplie instrumentale proposée, au demeurant déjà luxuriante. Enfin, quelques touches lyriques moins timides au niveau du chant auraient conféré à cette œuvre déjà ragoûtante une saveur exquise.

On conseillera cette production, avant tout, aux amateurs de metal symphonique à chant féminin. D'autres publics plus rock pourront aussi s'y retrouver au regard des ouvertures stylistiques proposées et de l'accessibilité des compositions réalisées. Pour sûr, le combo trouvera un auditoire élargi, à condition toutefois d'opter pour le long terme et de nous octroyer un album longue durée d'un niveau comparable à cet EP. Sans nul doute, il a la capacité et déjà quelques armes de séduction pour satisfaire la gourmandise de nos oreilles exigeantes. Laissons-lui le temps de densifier son propos musical et la magie opérera davantage encore. Du moins, on ne peut que le lui souhaiter.


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