Putain de carton, j’en ai encore les stigmates sur la face et sur tout le corps...
En pleine face, je l’ai ramassé, rien, je n’ai rien pu faire pour éviter ce bolide, je ne l’ai vu débarquer sur moi qu’au dernier moment...Broyé, littéralement dispersé comme sur une mine, explosé quoi !
Heureusement, j’étais bien harnaché, bien scotché, mais la violence du choc m’a envoyé valsé aux tréfonds d’un coma stade 2. Putain quel caramel puissant et énorme.
C’était quoi ce bolide ? Une espèce de rouleau compresseur lancé à plus de 200 km/h dans ma tête, écrasant là où ça fait très mal...!
Je me relève tant bien que mal, claudiquant, cherchant ma respiration, je rassemble mes membres disloqués et... je renvoie la sauce !!
Maso ? Dans ces conditions 1000 fois oui ! Je me réinstalle et j’envoie la purée, hé hé recalbombage de face aussi violent... Énorme, ces étoiles, ce matraquage de cortex. Ce trauma crânien est on ne peut plus, hum, hum bandant.
C’est donc en rescapé involontaire que je viens (du moins j’essaye) vous expliquer comment s’en prendre plein la gueule pendant environ 45 minutes. Attention, cardiaques, dépressifs et immunodéficients, ceci n’est point bon pour vos maux...
Si je vous parle de renouveau, de modernité, si je vous dis mélodique, puissance dévastatrice, mélange de thrash, black, death, heavy metal... Oh oh, vous aussi vous commencez à dodeliner de la tête, vous commencez à saliver d’avance hein !
Vous avez raison, salivez, car voici venu l’apocalypse, l’ultime destruction de nos pauvres cerveaux abreuvés, jusqu’alors, de pacotilles.
Mais on ne va pas traiter ce majestueux «
Razor» comme on traite un vulgaire album...
Sortez le tapis rouge, faites péter le champagne, allumez les feux d’artifices, je veux le meilleur pour ce bijou.
Le meilleur, j’ai dit, parce que «
Onheil» nous offre le summum en matière de blackened metal actuel. Une déferlante de hits tous plus brutaux, agressifs les uns que les autres.
11 titres de folie, de black mélodique rapide, furieux, haineux, rien n’est à jeter ici, nous avons à faire au nec plus ultra venu tout droit des Pays-Bas.
Ah ah ah ! Depuis le temps que j’attendais un truc comme ça, putain je l’ai...!
Imaginez 2 brailleurs, une voix black, l’autre un peu plus death. Un mur de guitares, oui un mur car ils sont 3 à s’escrimer comme des dieux, dégénérés, sur leur instruments, un soliste virtuose et 2 rythmiques affutées comme des lames de rasoir... Le son prodigué par les 6 cordes est étouffant, il vous couche par terre, il prend possession de vos neurones, cette vitesse d’exécution est phénoménale, et accroit cette sensation de dépendance. Une harmonie de
V12 à plein régime.
Si à cela on rajoute une batterie subsonique... Un barjot à 4 bras et 4 jambes, parce qu’il est fortement improbable que ce gars-là soit conçu comme le commun des mortels. Il cogne fort et vite comme un malade, un exemple parmi tant d’autres, écoutez «
As Hope Dies » et je pense que vous visualiserez exactement à quel mutant nous avons à faire. Le son de cet énergumène et de son engin de torture... est une espèce de marteau piqueur nourri aux amphétamines, arrosé de nitroglycérine.
Et afin d’asseoir leur supériorité apocalyptique, une basse destinée à anéantir, pulvériser, réduire en miettes, ce qui subsiste après le passage des précédents, dans notre pauvre crâne, jusqu’alors vierge d’une telle rage.
Cette puissance dévastatrice est alliée à une sorte de métal hybride, toujours black dans la structure et les chants, mais agrémenté de touches Death, Thrash, voire Heavy. Mais, chose très importante, la Mélodie est toujours présente...
Même lorsque ces fous furieux déboulent comme des morts de faim, à fond de sixième, cette aubade est toujours là, rapide, mais belle et bien fidèle au poste. Malgré cette énorme sensation de destruction, présente sur les 11 titres de ce brulot, il est tout à fait possible de fredonner ses diverses mélodies.
Ça, c’est vraiment remarquable, tout comme est remarquable la production. Une superbe qualité, une finition haut de gamme toutes options. L’énorme puissance furieuse qui émane de cet obus apporte, comment dire, une sorte de renouveau dans la scène BM. Cette modernité risque de ne pas convenir aux plus traditionalistes, mais ayant lâché le true BM depuis pas mal de temps, je suis en mesure de vous affirmer que cet album va faire parler de lui dans les mois à venir.
Moi je remets mon casque. J’ai pris un abonnement pour ce crash test !
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