Rat Age (Sworn Kinds Final Verses)

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Nom du groupe Thy Disease
Nom de l'album Rat Age (Sworn Kinds Final Verses)
Type Album
Date de parution 25 Fevrier 2006
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album16

Tracklist

1. Intro 01:21
2. Prophecy 04:06
3. Earth Will Shake... 04:21
4. Enemies 03:48
5. Antidote 03:20
6. Life Form 03:43
7. Syndicate 04:10
8. Instrumental 01:17
9. Fire Storm 04:02
10. Rat Age 04:27
11. Instrumental 01:09
Bonustrack
12. Unity 03:10
Total playing time 38:59


Chronique @ Matai

04 Octobre 2010

La désignation « cyber » est d’autant plus appropriée qu’elle est réfléchie et surtout maîtrisée

Dans un futur proche…

Les humains se retrouvent exploités mais aussi extrêmement surveillés par une organisation mondiale, la « World Corporation Syndicate », dont nous pouvons aisément apercevoir le logo sur la pochette grisâtre et très industrielle de l’album. Ce syndicat, à l’instar d’une dictature plus modernisée, tente alors d’imposer des règles on ne peut plus drastiques et s’attache énormément à la manipulation de l’esprit humain : les pensées, les émotions, le mental...Sous le couvert d’une pseudo prophétie l’organisation utilise des moyens assez radicaux pour véhiculer sa « doctrine »...en plus d’être vu par les humains comme « l’ennemi », le Syndicat marque aussi la naissance d’une nouvelle ère nommée « Rat Age », autrement dit, une ère pourrie, mauvaise, dégueulasse...

Derrière ce thème pessimiste et futuriste se cache de nouveau les polonais de Thy Disease, continuant dans leur lancée après trois albums différents et précurseurs des ambiances cybernétiques et très industrielles que nous retrouverons sur ce « Rat Age ». Le groupe semble enfin avoir trouvé sa marque de fabrique et son identité, proposant un death décidément plus industriel et s’attachant enfin à un concept personnalisé et SF. La désinence « cyber » est d’autant plus appropriée qu’elle est réfléchie et surtout maîtrisée. Car ici, Thy Disease tient son sujet, et semble irrémédiablement nous raconter une histoire, un conte, un événement qui pourrait très bien se produire...

Pour cet album, le combo change de label et signe chez Empire Records, label polonais de Belphegor, Atrophia Red Sun ou de Made of Hate pour ne citer qu’eux, améliorant leur qualité de son et apportant plus de lourdeur. S’armant d’une cover relativement moderne et révélatrice d’un monde décadent, « Rat Age » s’annonce donc comme une réelle bombe en matière de cyber death metal...

En réalité, Thy Disease arrive avec hargne et professionnalisme à nous plonger dans son univers, son concept, ses idées. Alors que les précédents opus étaient, pour la plupart, dénués de réelles thématiques guidant l’auditeur dans un monde bien atypique (à l’exception peut-être de « Neurotic World of Guilt », sombre, plus cybernétique, plus « conceptuel » sur les bords même si le terme n’est pas le plus approprié), « Rat Age » est décidemment la pièce manquante de l’entité Thy Disease. Le chef d’œuvre à part entière.

Bienvenue dans le futur !

L’intro faite aux claviers et aux samples nous embarque directement dans ce monde si mécanisé, décharné, et aseptisé. Les bruitages sont répétitifs et en deviennent presque inquiétants. Si bien que tout démarre ensuite sur les chapeaux de roues avec un déluge de guitares death. « Prophecy » est le digne représentant de cette ère si malsaine basant son pouvoir sur cet oracle qu’on aurait préféré inexistante. Le chant de Psycho est beaucoup moins violent qu’à l’accoutumer, les paroles devenant alors plus distinctes. Sans être clair pour autant, il reste tout de même tranchant et efficace, accompagné d’une batterie aux martellements incessants et maîtrisés, et guidé par un excellent guitariste arrivant à nous concocter de superbes harmonies, que l’on retrouve beaucoup aux refrains.

Car telle est la marque de fabrique de Thy Disease. Des couplets percutants et agressifs, où tout s’apparente à de véritables tempêtes d’éléments musicaux violents et attrayants, et des refrains entêtants et décidément plus planants, où les harmonies sont de rigueur et les claviers beaucoup plus mis en avant, à l’instar de « Enemies », « Syndicate » ou « Rat Age », les morceaux centrés sur l’organisation si détestée. Les répits sont peu présents, les riffings sont excellents et vraiment tranchants, les lignes de batterie excellentes et les harmonies très réussies. Une bonne représentation en musique d’une dictature sans pitié, narrée par une voix relativement tranchante et rageuse.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer la pièce maîtresse de cet opus, « Antidote », un titre plutôt court mais ô combien efficace. C’est sans doute lui qu’on repère tout de suite et qui s’annonce immédiatement comme le hit le plus ultime de ce « Rat Age » si enivrant. Une intro et un couplet cybernétiques faits aux claviers où s’ensuivent d’excellents riffs tels des lames s’abatant sur l’auditeur. En plus d’être froid et futuriste, le refrain se veut d’autant plus entêtant, Psycho scandant les paroles d’une voix on ne plus peut mécanique et hargneuse, la double pédale fonctionnant comme un réel rouleau compresseur écrasant agréablement l’auditeur. Mais quelle efficacité ! Impossible de ne pas en redemander, « Antidote », petit espoir contre la répression du Syndicat semble-t-il, fusionne le death et l’indus comme il se doit...

Les titres instrumentaux suivants, ne portant pas de nom, rappellent à l’auditeur que le monde a bien changé. Celui en milieu d’album est plus futuriste et spatiale, planant à souhait et représentant d’une ère décharnée et assombrie par cette volonté de contrôler et dominer. L’autre, toujours sans nom, clôt l’album d’une manière on ne peut plus pessimiste. Les bruits mécaniques sont toujours de la partie, soutenus par cette ambiance froide, mélancolique, pessimiste...et nous laissant sur notre faim...tout simplement synonyme de... suite ! Car en effet, « Rat Age » n’est que la première partie d’une saga en cours de développement, la seconde partie étant « Anshur-Za », cinquième album sorti trois ans après l’opus qui nous intéresse actuellement.

Lors des précédentes chroniques, notamment sur celle de « Neurotic World of Guilt », j’avais mentionné le nom du groupe Crionics, autre formation guidé par le guitariste Yanuary. Eh bien je ne peux m’empêcher d’en reparler ici même et faire une légère comparaison avec le « Rat Age » de Thy Disease, sorti donc en 2006, et le « Neuthrone » de Crionics sorti l’année d’après. En effet, les ressemblances sont assez flagrantes, en particulier dans les riffs. Le guitariste y est donc pour quelque chose et là, tout devient plus clair à nos yeux : il est compositeur dans les deux groupes. Alors impossible de ne pas retrouver ces riffs si particuliers et si identifiables, Yanuary ayant sa patte bien à lui... et impossible de ne pas retrouver ces jeux de batterie ! Le batteur étant aussi le même dans les deux formations...ah que de similitudes à l’écoute de cette double pédale incessante et efficace !...
En fin de compte...« Rat Age » et « Neuthrone »... deux opus aux concepts futuristes, froids et sombres…deux opus pessimistes, SF et recherchés...deux opus si proches dans le fond et même dans la forme à l’exception que le premier cité serait une version plus accessible du second…moins agressif mais tout aussi lourd, plus mélodique mais tout aussi harmonieux et efficace...faites la comparaison et vous verrez.

Verdict : sans doute un des meilleurs albums de Thy Disease à ce jour, on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir. Mais en tout cas, si on devait faire un top 10 sur les albums de cyber, celui-là rentrerait parfaitement dedans, et serait très bien classé, tout étant respecté au millimètre près, les ambiances étant là et irrémédiablement excellentes. On est réellement bien loin du black/death aux légères tendances industrielles que nous avaient offert les albums « Devilish Act of Creation » ou « Cold Skin Obession », atypiques qui plus est, mais beaucoup plus violents. Thy Disease a atteint un stade irrémédiable, le cyber mélodique leur a ouvert les portes et ces portes semblent s’être refermées sur eux, sans doute pour un long moment...

11 Commentaires

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Apophis2036 - 09 Octobre 2010: Face à un album qu'on affectionne tout particulièrement, normal que les allusions / paragraphes se créent spontanément, le tout étant de savoir doser ses arguments sans peser sur le lecteur, tour de force que tu es parvenu à maitriser sur ce Rat Age.

Autre force de cette chronique ? C'est qu'elle est rédigée comme si tu parlais devant nous, telle une archéologue empli d'une passion dévorante et sincère, pas une mince affaire mais tu y es arrivé (et il faut le saluer).

Bonne continuaton.
Matai - 09 Octobre 2010: J'avais surtout peur que la chronique gave le lecteur en fait...par sa longueur d'abord mais aussi le style qui n'est pas très réputé...les arguments, le style d'écriture...mais je suis bien contente du succès de la chronique, d'autant plus que j'ai passé du temps à la bâtir mais aussi à comprendre le concept et savoir l'expliquer.
Merci à vous tous ;)
BadaOfBodom - 09 Octobre 2010: Voilà, bah, c'est justement tout ce que j'aime dans une chronique. Et puis, le concept, beaucoup de chroniqueurs le négligent, alors que c'est quand même une partie importante de l'album. Enfin, je dis ça, je dis rien... :)
bojart - 29 Mars 2011: Excellente chronique. Ta passion nous irradie à chaque moment.

j'ai pas mal de morceau de Thy Disease dans mon lecteur mp3 et c'est une vraie tuerie ce groupe...j'aime de plus en plus le cyber métal.
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