Raided Land

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Nom du groupe Human Fortress
Nom de l'album Raided Land
Type Album
Date de parution 29 Novembre 2013
Labels AFM Records
Style MusicalPower Metal
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Raided Land 04:01
2. Child of War 03:47
3. Wasted Years 04:50
4. The Chosen One 03:54
5. Shelter 03:58
6. Gladiator of Rome (Pt. II) 04:29
7. Dark Knight 05:04
8. Prelude 01:39
9. Pray for Salvation 03:53
10. Evil Curse 05:24
11. Restless Souls 05:09
12. Under Siege 04:20
13. Guard the Blind 07:12
Total playing time 57:40

Chronique @ AlonewithL

07 Fevrier 2014

Il n’est jamais trop tard pour se refaire une jeunesse.

« Human Fortress » est un groupe qui se découvre sur le tard. Il compte, au moment où j’écris cet article, quatre albums. Pourquoi s’illustre-t-il que maintenant ? Il faut bien souligner que « Human Fortress » ne soulevait pas énormément les foules. Leur situation était même devenue gravissime à la sortie d’« Eternal Empire », qui a marqué l’abandon du style épique influencé par « Virgin Steele » au profit d’un power metal de bas de gamme aux relents core, mais aussi le départ de Torsten Wolf, pilier essentiel de la formation. Ce qui reste alors de cette dernière se décide à poursuivre la voie musicale abordée sur « Eternal Empire » en fondant un autre groupe, en 2009, nommé « Ember Sea ». Le projet « Human Fortress » aurait été enterré si d’anciens membres, dont les fondateurs Torsten Wolf et Volker Trost, n’avaient pas profité de ces départs pour revenir. La machine est relancée. Elle accueille même de nouveaux membres en 2013, dont une sacrée pointure, avec l’arrivée de Gus Monsanto (ex-« Revolution Renaissance », ex-« Adagio ») dans leurs rangs. La page un peu trop vieillotte du heavy épique est définitivement tournée. La reformation d’« Human Fortress » s’inspire lui aussi des travaux d’ « Eternal Empire ». Elle croit trouver son idylle dans le power metal, sans toutefois réitérer l’erreur malencontreuse d’incorporations core, et en soignant beaucoup plus sa technique, qui laissait franchement à désirer sur l’opus de 2008. Un monde nouveau s’ouvre à la formation de Hanovre.


Les sonorités de clavecins du début de « Raided Land » ne trompent pas. « Human Fortress » s’oriente vers un power metal éminemment mélodique inspiré par « Stratovarius ». Les riffs endurcis qu’ils sont capables ici de délivrer et le ton assez neutre nous mènent pourtant un peu plus à identifier l’actuel « Human Fortress » comme un frère potentiel du groupe « Masterplan ». De toute évidence la formation de Torsten Wolf aura pris soin de soigner sa technique et sa production. Cela dit, ce premier titre n’aurait pas laissé de vive impression s’il n’y avait pas eu l’extraordinaire prestation de son chanteur Gus Monsanto. La composition a tenu pleinement compte de la force d’impact du chanteur et de ses possibilités. On note d’ailleurs que les guitares sont volontairement maintenues dans l’automatisme par à-coups sur le titre heavy rock « Child of War », laissant un maximum de marge au chant. Ce serait juste un poil répétitif mais rudement mené. « Human Fortress » va osciller tout au long de l’album entre power metal et heavy rock, s’approchant parfois du style usé de nos jours jusqu’à l’os par « Axel Rudi Pell ». C’est très ostensible sur un morceau comme « Evil Curse », où on retient un même mélange caractéristique entre fond épique et riffs obsédants. Ce serait également palpable sur « The Chosen One », toujours pour son riffing maintenant une légère tension. Néanmoins, le chant de Gus Monsanto ne s’aligne pas du tout à celui de Johnny Gioeli, donnant ainsi une spécificité au présent volume.

Contrairement aux idées retenues en début d’album, « Human Fortress » va révéler des possibilités inenvisageables et une richesse stylistique, augmentant alors notre intérêt pour cette formation,qui avait certes expérimenté, mais qui n’avait jusque-là pas fait de son mieux pour captiver les attentions. J’en veux pour preuve le très sympathique « Wasted Years ». N’allez pas confondre avec le fameux titre d’« Iron Maiden », celui-là s’impose en sensibilité, en péripéties, alternant entre un couplet très doux et un refrain plus impromptu. Une brise folk et symphonique vient combler le tableau, le rendant plus attractif, plus fascinant. La musique folklorique n’est utilisée qu’à faible dose, mais renforce considérablement l’assise du groupe quand elle est employée, notamment à travers l’instrumental médiéval « Prelude », qui introduit un redoutable « Pray for Salvation ». Ce dernier se base sur une légère montée en pression menant au refrain. Il se montre tantôt raffiné, tantôt nerveux et particulièrement engagé. Nous avons là un des éléments phares et incontournables de l’opus, au même titre que le très solide « Dark Knight », remarquable pour ses riffs massifs, sa nervosité, sa puissance et ses quelques faux airs de cornemuse. On y retiendra surtout la bourrasque dévastatrice instrumentale en milieu de piste. « Human Fortress » sait aussi faire usage de la force, la force brute.

Cette constatation va nous mener droit au palpitant et costaud « Gladiator of Rome (Part 2) ». On devine que la partie 1 du dit morceau est en fait le « Giadator of Rome » issu de l’album « Defenders of the Crown » de 2003. La rudesse de celui-là n’occulte en rien une certaine harmonie, une gaieté entrainante, teintée de féerie dans la lignée d’un « Freedom Call ». Il y a de cela aussi sur « Shelton », seulement la voix plus assouplie de Gus a pour effet de le rendre plus redondant en comparaison de son successeur dans l’ordre des pistes de l’album. Ce qui est un peu à déplorer pour les derniers titres de l’opus en plus de ressortir un aspect artificiel. C’est vrai pour le longuet « Guard the Blind » et ses airs celtiques, pour « Restless Souls » qui s’en sortira pourtant avec de bons gros riffs nerveux. La guitare se révèlera moins exceptionnelle sur « Under Siege » à cause de ses protubérances. C’est davantage le chant tendre de Gus Monsanto, durant quelques phases d’éclaircies qui permet de maintenir le niveau. Il n’y a pas vraiment de morceau détestable en soi sur ce « Raided Land ».

On sent bien que « Human Fortress » a cherché à faire de son mieux, à se sortir les tripes. « Raided Land » figure même en tant que meilleur volume de sa carrière. Il est donc fort probable que beaucoup se soient intéressés à ce groupe à compter de cet album, et en partie pour l’arrivée de Gus Monsanto, qui reste un chanteur talentueux et que l’on souhaitera retrouver pour la suite. La bande a fait table rase du passé pour préparer tardivement son avenir. Comme on sait, il n’est jamais trop tard pour se refaire une jeunesse. Du heavy épique de ses deux premiers opus il n’en reste quasiment plus grand-chose. Ils ont suivi la voie de la modernité et du mélodique, au risque de ressembler à nombre de leurs compatriotes très influents dans ce secteur. « Eternal Empire » aura été un essai raté, une chrysalide utile à « Human Fortress », mais dont il a pris soin de se débarrasser.

14/20

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Sowilo - 08 Fevrier 2014: J'avais entendu une de leur chanson il y a peu sur une web radio, et j'avais rapidement tenté de voir ce que c'était mais sans trop de résultat. Tu me fais m'en rappeler et semble dire que ça n'est pas pour rien que ça avait attiré mon attention. Merci pour la chronique et l'historique, j'irais peut être écouter ça de plus près.
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