Si les mêmes causes produisaient toujours les mêmes effets, loin donc de toutes ces incertitudes qui font le charme du processus créatif, et de la vie,
Rage of Gods, le nouvel opus des Américains de
Vanlade, serait assurément à ranger aux côtés de son terne prédécesseur. Pourquoi? En premier lieu, parce que l'équipe responsable de ce piètre
Iron Age est aussi celle responsable de cette fureur des dieux. Il faudra donc, une fois encore, supporter les jérémiades aigues de ce chanteur pénible. Tout comme il faudra, encore une fois, endurer cette musique convenue puisque le groupe n'aura vraisemblablement pas dévié de ce Heavy
Power Metal épique qu'il pratiquait naguère.
Et l'album démarre bien sous les augures de ces cieux gris, froids et laborieux fort d'un interminable et ennuyeux instrumental éponyme. Ce premier titre monotone est même suivi d'un second,
Frozen for all Time, guère plus réjouissant. La traversée de ce périple s'annonce donc rude. Très rude. Et ce d'autant plus que l'entame de ce nouvel opus nous rappelle étrangement celle du manifeste sorti trois ans auparavant. Misère.
Pourtant, venant bousculer nos certitudes les plus avérées, un Jaws of
Life spécialement vif, vient nous extirper de cette morne torpeur. Le morceau très inspiré, enfin très inspiré pour un groupe comme
Vanlade, est plutôt une bonne surprise. Une bonne surprise prolongée par un
Hail of the
Protector plus posé, du moins durant son démarrage bientôt suivi par quelques passages plus remuants. Une chanson, de surcroît, possédant de sympathiques refrains et un sublime final tout en douceur. Dans l'étroite continuité du premier missile évoqué au début de ce paragraphe, un Hellrazor particulièrement véloce et charmeur, un Carnicidal que n'aurait sans doute pas renié Cage,
Death Dealers et autres
Judas Priest, ou, par exemple, un furieux
Aeons of Madness nous régalent. Autant de titres à la fougue, à l'énergie, qui ira même, parfois, jusqu'à effleurer celles bénies d'un Heavy Thrashy.
Venant encore confirmer ce constat quant à ce changement radical d'un album ayant basculé sinon dans le meilleur tout du moins dans le mieux, l'instrumental
Moonblood ne nous déçoit guères.
Dans cette atmosphère propice aux bonnes impressions naissantes, l'esprit le plus exagérément délétère viendra même à se dire que les interventions de Chris Osterman seront très en phase avec cette vivacité et cette âpreté dont fait parfois preuve
Vanlade ici. Et ce notamment dans l'emploi de ces aigus excessifs, qui ne seront pas sans nous rappeler ceux du Kai Hansen ou du Tony Harnell des débuts, voire même ceux de Sean Peck ou, soyons fous, de Rob
Halford. Un comble lorsqu'on se souviendra à quel point les prestations de ce vocaliste furent parfois crispantes jadis.
En dehors de cette catastrophique entame,
Vanlade parvient donc ici à nous séduire en nous proposant un travail relativement soigné. Une réussite qu'il doit surtout, soyons francs, à ces séquences nous offrant le résultat de la mutation de son Heavy
Power Metal épique en un Heavy
Metal, parfois Thrashy, nettement, mais alors nettement, plus convaincant. Pour peu qu'il poursuive sur ces voies extrêmes, et qu'il évite le piège consistant à se laisser submerger par sa facette la plus rugueuse, a contrario des
Sacred Steel et autres
Helstar, nul doute qu'il continuera à nous satisfaire.
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