2008 avait été l’année de la révélation pour
Nervecell. Venue des Emirats Arabes Unis, la bande avec son «
Preaching Venom » s’était exportée hors de son pays grâce à un son impeccable, à un mixage fait par les frères Wieslawscy (
Decapitated,
Vader), à une masterisation signée Alan Douches (
Sepultura,
Suffocation), et à une certaine touche d’orientalisme dans les compos.
Même si la scène orientale est méconnue,
Nervecell sort des sentiers battus, signe chez Lifeforce Records, et revient en 2011 avec un nouvel opus «
Psychogenocide ». Officiant toujours dans un death/thrash énergique et oriental de surcroît, le trio, accompagné du batteur David Haley de
Psycroptic, prend de l’assurance et nous prouve une fois de plus que le death oriental ne rime pas forcément avec le terme « folk ». Car à l’inverse de formations telles qu’
Orphaned Land ou
Arkan,
Nervecell fait un death teinté de thrash totalement brute de décoffrage, sans pitié, technique, parfois brutal, tout en incorporant (origine oblige), des mélodies arabisantes dans certains riffs et certains solis («
Nation’s Plague » entre autre). Le mélange des parties bien death et bien thrash est tellement bien appréhendé que le tout s’avère particulièrement intéressant, prenant, et superbement exécuté.
On alterne notamment entre partie brutale, partie plus technique, et partie plus posée à l’instar d’un «
Amok Doctrine », nous en mettant plein les oreilles. Le chanteur Rajeh Khazaal y incorpore son growl puissant et profond à la manière d’un certain
Karl Sanders de
Nile.
L’évocation de ce dernier n’est pas anodine, car on retrouvera le chanteur/guitariste de
Nile en guest sur le morceau « Shunq – To the Despaired…
King of
Darkness » qui en plus d’un guest de taille voit ici apparaître une certaine pluralité des langues, Sanders chantant en anglais et Khazaal en arabe. Le résultat est aussi bon qu’inattendu, aussi puissant qu’agressif, aussi technique que mélodique pour un titre très typé
Nile, avec cette patte
Nervecell.
Enfin l’autre morceau rappelant sans aucun doute
Nile mais aussi les origines arabes de
Nervecell est « Anemic Assurgency », introduction instrumentale sombre et quasi apocalyptique : quelques instruments traditionnels aux notes inquiétantes et nous voilà embarqués dans les ténèbres orientales.
Peut-être moins monotone que l’album précédent, plus lourd et plus puissant, ce «
Psychogenocide » est particulièrement bien ficelé et ne peut qu’être un second encouragement pour cette formation orientale au talent certain et à la rage évidente.
Merci pour ta belle chronique!
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