Precious Time

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Nom du groupe Pat Benatar
Nom de l'album Precious Time
Type Album
Date de parution Juillet 1981
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album42

Tracklist

Re-Issue in 1999 by Chrysalis Records
Re-Issue in 2006 by Capitol Records
1. Promises in the Dark 04:49
2. Fire and Ice 03:21
3. Just Like Me 03:30
4. Precious Time 06:02
5. It's a Tuff Life 03:19
6. Take It Any Way You Want It 02:49
7. Evil Genius 04:36
8. Hard to Believe 03:27
9. Helter Skelter 03:48
Total playing time 35:30

Chronique @ adrien86fr

02 Octobre 2011

Armed and ready, you fought love battles in the night..

Quel peut bien être le point en commun partagé par les légendaires Aerosmith, Siouxsie and the Banshees, Mötley Crüe, U2, Gillan, Dimension Zero, Skrew, Joe Lynn Turner, Oasis, The Stereophonics, Hüsker Dü, Soundgarden et Pat Benatar entre autres ? Ces artistes aussi différents qu’ils puissent paraître les uns par rapport aux autres ont tous enregistré en studio ou joué sur scène une reprise du mythique « Helter Skelter » des Beatles. Enregistré le 9 septembre 1968 aux Abbey Road Studios de Londres et sorti en novembre de la même année sur le fameux « White Album » du quartette de Liverpool, cet hymne « hard rock » écrit par Paul McCartney en réaction au alors virulent « I Can See for Miles » des Who de Pete Townshend se veut être initialement une réponse aux critiques rock de l’époque qui trop souvent accusaient le bassiste de l’un des deux plus grands groupes de rock n’ roll de l’Histoire de n’écrire que des ballades. Anecdotiquement récupéré par le Gourou hippie sanguinaire Charles Manson qui entendit en ce morceau d’anthologie la prophétie d’une guerre raciale apocalyptique et sans merci au pays du melting pot de laquelle les Blancs se devaient de sortir vainqueurs, « Helter Skelter » constitue avant tout un point d’intérêt majeur pour qui s’intéresse de près à l’histoire de la culture rock en général. Parmi les versions les plus convaincantes et agréables à l’écoute, notons celle concluant l’album « Precious Time » d’une certaine Pat Benatar.

Pat Benatar née Patricia Mae Andrzejewski le 10 janvier 1953 à Brooklyn d’un père polonais ouvrier métallurgique et d’une mère irlandaise développe dès son plus jeune âge une passion notable pour le théâtre et le chant qu’elle pratique activement dans le cadre scolaire de la Daniel Street Elementary School de Lindenhurst. Après avoir longtemps envisagé une carrière de chanteuse classique, Patricia Mae s’inscrit finalement en fac pour y étudier les sciences sanitaires et sociales avant de quitter les bancs de l’université pour se marier, devenir Mme Benatar et accessoirement décrocher un modeste job de guichetière de banque. Subjuguée par le talent charismatique de Liza Minelli au cours d’un concert donné à Richmond auquel elle assiste, Benatar décide de reprendre le chant dans un style rock et d’écumer ses bars et clubs de la Grosse Pomme tout en rêvant parallèlement de gloire et de paillettes. Ayant fait du Catch a Rising Star de la 1st Avenue son quartier général lui valant d’obtenir à la sueur de son front une reconnaissance locale des plus enviables, la vocaliste d’origine polono-irlandaise signe un deal discographique mérité avec le Chrysalis Records de Terry Ellis en avril 1978. Suite à la parution de deux albums objets d’un certain succès que sont les désormais classiques « In the Heat of the Night » et « Crimes of Passion », Pat Benatar sort en juillet de l’année 1981 un troisième album répondant au patronyme de « Precious Time ».

Malgré le fait que le commun des mortels l’associe traditionnellement au hard rock, il serait plus judicieux de parler d’un rock certes énergique mais surtout élégant et raffiné lorsqu’il s’agit de catéGoriser la démarche musicale de la chanteuse new-yorkaise, qui plus est sur ce troisième opus se voulant relativement plus subtil et intime que ses deux prédécesseurs dont on se remémore alors le caractère droit au but à l’image des inégalables « Heartbreaker », « You Better Run » et autres « Little Paradise » notamment. A ce titre, « Precious Time » commence son impétueuse leçon de charme avec la gracieuse et sibylline « Promises in the Dark », somptueuse complainte mélancolique puis vindicative magnifiée entre autres par une ligne de piano sans égal doublée de la délicieuse beauté vocale d’une Pat Benatar expressive et touchante dans son ode au courage et à la victoire de la sincérité sur les « promesses de l’obscurité ». D’une facture comparable, la solennelle « Fire and Ice » au mid tempo ravageur semble faire l’annonce à l’auditeur d’un disque encore et toujours consacré thématiquement à l’amour et autres passions humaines nous concernant tous. Malgré la présence sur l’album de titres plus directs que les très bons « Promises in the Dark » et « Fire and Ice » à l’instar des spontanés « Just Like Me », « Take it Any Way You Want It » et autres « Hard to Believe » au sein desquels la paire de six-cordistes Neil Geraldo/Scott Sheets ainsi que le bassiste Roger Capps font étalage à juste titre de leur relation pleine de feeling avec leur instrument respectif, ce troisième long play produit par Keith Olsen et Neil Geraldo s’avère être incontestablement empreint d’une grâce irrationnelle qui nous fait parfois et de façon inexplicable apprécier des disques beaucoup plus que d’autres à l’image d’un « Against the Wind » de Bob Seger & The Silver Bullet Band ou d’un « The River » de Bruce Sprinsgteen tous deux parus un an plus tôt et marqués d’un charisme comparable en de nombreux égards.

Symbole de la richesse et de la pertinence musicale de « Precious Time », l’excellent et on ne peut plus surprenant « It’s a Tuff Life » (notez le jeu de mot), titre reggae au groove plus que jouissif et clin d’œil avoué au style musical jamaïcain et plus particulièrement aux Wailers de Bob Marley qui fondèrent en 1970 le record label Tuff Gong d’après le surnom donné à Leonard « The Gong » Howell, fondateur du mouvement Rastafari. Bien que la démarche puisse en apparence paraitre gauche et maladroite compte tenu des caractères plutôt antagonistes du rock enthousiaste de Pat Benatar et du reggae décontracté et apaisant des mythiques Burning Spear, Horace Andy et autres Israël Vibration, ce morceau judicieusement placé au centre de l’album dote au contraire « Precious Time » d’une indéniable touche d’originalité et de diversité musicale lui conférant une identité singulière et propre à une heure ou comme toujours, le conformisme tend à gangrener la création artistique et sacrifier parfois cette dernière sur l’autel des infâmes profit et rentabilité. Bien que frappant d’efficacité et de fraicheur d’un point de vue global, ce troisième full length de Pat Benatar met cependant en scène deux morceaux auxquels il semble difficile d’adhérer dans le contexte de la très bonne facture du reste de l’opus. Ainsi, relevons les dispensables « Precious Time », ironiquement le morceau éponyme de la galette, et « Evil Genius » qui à défaut d’être complètement inaudibles peinent néanmoins grandement à susciter l’intérêt d’un auditeur alors dérouté par le contraste saisissant entre ces titres relativement médiocres et les inspirés et enthousiastes « Promises in the Dark », « Fire and Ice », « Take it Anyway You Want It » et autres « Hard to Believe ». Epilogue on ne peut plus rock n’ roll de « Precious Time », la fameuse et chargée d’histoire « Helter Skelter » vient donner une ultime dose d’énergie communicative à un auditeur définitivement conquis et permet également d’apprécier une Pat Benatar relativement plus nerveuse vocalement qu’à son habitude sur l’album.

Album inspiré dans son ensemble et offrant à l’auditeur l’occasion de découvrir une facette relativement intime et sensuelle de la personnalité artistique de l’immuable Pat Benatar, ce troisième opus que constitue le très bon « Precious Time » s’avère être une œuvre à la fois douée d’efficacité et d’originalité qui ne peut laisser insensible l’amateur de classic rock regrettant l’époque irretrouvable ou succès commercial pouvait rimer avec qualité musicale. Ayant atteint sans grande surprise la première place du Billboard 200 au vu de sa relative très bonne facture et malgré quelques erreurs de jeunesse qu’on ne peut que relativiser et finalement surmonter sans peine, « Precious Time » s’avère être incontestablement un brillant témoignage discographique d’une artiste authentique et sincère qui aujourd’hui plus que jamais peut se targuer d’avoir été l’une des premières frontwomen charismatiques que la rock music au sens large du terme ai connue.

9 Commentaires

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adrien86fr - 09 Mars 2013: Appréciant énormement le "Seven the Hard Way" de 1985 et sa perle de nacre "Run Between the Rain Drops", tout est possible.. Cet album est d'ailleurs sur une liste d'une cinquantaine de disques à chroniquer, avec un certain "Bad Animals" de Heart dans un genre relativement comparable.
largod - 09 Mars 2013: chronique que je n'avais pas encore lue et il m'en reste un paquet te concernant.
Pat Benatar c'est ma jeunesse d'adolescent à l'oreille encore excitéé par les jeunes femelles officiant dans le monde testoréné du rock.
Hard to believe me fait encore de l'effet... plus de 30 ans après.
merci pour la cure express de jeunesse Adrien
adrien86fr - 09 Mars 2013: Je me suis rendu compte qu'il manquait la moitié de ma chronique.. Bug informatique ? Vengeance de la police du site pour avoir mis des pouces rouges sans avoir participé au débat concerné ? Je viens de reposté l'intégralité de l'article.
samolice - 09 Mars 2013: "Seven the Hardway", vraiment? J'aime bien ce disque, c'est même le dernier de la dame que j'aime vraiment mais je le classe très loin des 4 premiers. Il est cependant très au dessus de l'infame "Tropico" sorti 2 ans plus tôt. Je ne comprends pas ce disque.
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