Posthume

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
18/20
Nom du groupe Wormfood (FRA)
Nom de l'album Posthume
Type Album
Date de parution 07 Janvier 2011
Style MusicalDeath Progressif
Membres possèdant cet album22

Tracklist

1. Les Noces Sans Retour
2. Vanité des Amants
3. Troubles Alimentaires
4. Passage à Vide
5. Salope
6. Des Hauts et des Bas (Stephan Eicher Cover)
7. Le Seul Amour
8. EWB28IF

Acheter cet album

 $7.92  2 000,00 €  62,24 €  £63.06  buy  65,35 €  64,61 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Wormfood (FRA)


Chronique @ CaptainRaclure

30 Juillet 2011

Ne m'appelez plus jamais France!

De mémoire de metalleux, jamais un album ne m'avait autant fait dire "gné?" que France. Cette galette était la plus perchée que j'avais jamais écouté (c'est un fan de Carnival in Coal qui parle), tant sur les thèmes un peu trop variés (combats de clochards, bêtes de foires, pédophilie, momification et on va bien te flanquer un extrait du Bourgeois Gentilhomme de Molière au milieu? Allons-y, on ne vit qu'une fois) que sur les interludes (le magistral "Faites entrer le sodomite!") mais si je continue je vais finir par vous le chroniquer.

2011 donc, soit six ans à attendre en demandant des nouvelles du groupe chaque semaine à mon frère qui avait accès à Internet, six ans à écouter régulièrement l'album que je considérais comme mon disque français préféré après "Of Elitism and War" de Kristallnacht (quatre lignes sans écrire une ânerie c'est trop pour moi)... Quand, après une dure matinée dans la rigueur de l'hiver picard, un appel de mon frère retentit: "Yo le frère, le nouveau Wormfood est enfin sortit!". Et votre serviteur de se retrouver chez son disquaire habituel une demi-heure plus tard (c'était pas tout près). La transaction effectuée et plusieurs plissements de sourcils plus tard ma Funk Machine (le petit nom de ma chaîne hi-fi) commençait la lecture du précieux que j'aurais attendu pendant six longues années.

Verdict: France est loin dans le passé, du line-up ne reste qu'Emmanuel "El Worm" Levy qui a visiblement décidé de passer à autre chose. Le changement radical de ligne fait passer l'auditeur de la folie absurde de France à la folie du désespéré palpable sans écouter, juste avec la pochette, les titres des pistes au dos, et la citation sur la vie et la mort dans la boîte, derrière le disque. La teneur des paroles? Séparation, rancoeur, anorexie, amours cruels, déprime (excepté, bien sûr, sur "Des hauts, des bas", reprise correcte de Stéphane Eicher), y a un peu plus, je laisse? Le son est plus cru, plus énervé, Levy semble à bout de forces, il a l'air de retenir ses larmes et ses cris, rendant le tout assez dur à écouter tant le bonhomme communique une colère et une tristesse diablement contagieuses.

Le clavier jadis manié avec brio par Tim Zecevic, qui fut le premier à quitter le navire, n'a droit qu'à de brèves apparitions, Levy a véritablement laissé tomber les excentricités du rouquin au profit d'un son plus sobre, plus direct, on prête une attention bien plus importante au chant, tantôt hurlé, tantôt murmuré, tantôt presque pleuré, du ver de terre dont les propos sont désormais intégralement en français et parfaitement compréhensibles. Aucun hurlement strident ou guttural ne vient interférer, ce genre d'alternances dynamiques a cédé la place à une voix claire dont la monotonie se fait hypnotique, sauf sur un passage où elle se retrouve légèrement déformée dans la chanson "Vanité des deux amants" quand Levy dit qu'il se "shoot, [qu'il se] défonce à la chatte".
Les paroles tiennent une place prépondérante dans cet album, El Worm a du vocabulaire et beaucoup de peines à communiquer, tout ça est bien loin des textes adolescents du groupe comme ETHS (qui, mais c'est un avis personnel, a parfois méchamment l'air d'aller planter un couteau dans un dictionnaire et de faire des phrases avec les mots qui ont été touchés). Les chansons sont longues et les passages instrumentaux rares, la bile du mec se déverse acide et parfois carrément gore dans "Troubles alimentaires", voyage dans la tête d'une adolescente qui se fait vomir emmené par une guitare un brin schizophrène alternant entre le trainant et l'agressif, légèrement hypnotique par moments et souvent en retrait face au chant de Levy. La chanson propose, soit dit en passant, deux solos que Kai Hansen aurait du mal à calculer, les seuls de l'album ou alors je suis un piètre auditeur.

La déprime pointe le bout de son nez quand les amours déçus sont abordés, de la chanson d'ouverture "Les noces sans retour" (ça nous change de "French Lesson"), longue et désespérée avec un refrain bouleversant et un passage synthé arabisant bien senti, à "Salope" et sa phrase d'entrée "Je préfèrerais te savoir morte qu'heureuse à ses côtés" murmurée avec une sobriété assez violente vu sa teneur.

Quand à la dernière piste, lourde instrumentale grandiloquente avec orgue et tout le bazar, j'ignore si elle annonce le réveil du groupe ou l'enterrement d'un truc (sentiments communiqués précédemment, Wormfood, Emmanuel Levy quoique ce dernier soit toujours vivant...).

J'ignore si El Worm a été récemment cocufié ou s'il fantasme sur cette idée mais toujours est-il que l'exploitation de pareille douleur a donné naissance à un album excellent, au son plus cru qu'avant, aux paroles glauques mais bien plus élaborées que chez d'autres. Bon, évidemment c'est pas le genre de musique que je vais proposer à l'anniversaire de Jacquot ou Martine mais nondidiou jamais un album aussi sordide m'aura autant fait jubiler!

8 Commentaires

17 J'aime

Partager

Malebolgia - 01 Août 2011: En français c'est plutôt cool, mais il chante comme Vincent Delerm. Déprimant et décevant.
Seleucos - 04 Août 2011: Très bonne chro pépé! Meme si je connais pas, tu me fera écouté un de ses quatre!
@ Maluros : je te recommande Vulcain, excellent, le motôrhead français. Sinon, H Bomb et Sortilège sont très sympa, et le tout en français!
Detonation - 04 Août 2011: Sans oublier l'Esprit Du Clan!
JustSireniaMusic - 09 Avril 2012: J'ai eu l'honneur d'écouter, vendredi dernier, ce groupe lors de la Metal Fest de ma petite ville de Troyes. J'ai été agréablement surprise : parmi tous ceux qui se présentaient ce soir là, il est évident que l'un ressortait du lot ...
J'ai pu écouter Posthume aujourd'hui et je dois avouer que j'ai beaucoup aimé.

Bref, tout ce petit blabla pour dire que j'ai été amené à lire ta chronique. Je la trouve excellente, proche de mon avis en tout cas.

Merci
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire