Possessed by Thrash

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15/20
Nom du groupe Thrashback
Nom de l'album Possessed by Thrash
Type Album
Date de parution Novembre 2013
Enregistré à Walnut Groove Studio
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album36

Tracklist

1.
 Human Race Extinction
 00:52
2.
 Bombers of Death
 03:07
3.
 Box of Power
 04:02
4.
 Possessed By Thrash
 02:42
5.
 Wardance
 03:20
6.
 Leatherface
 03:19
7.
 Thrashback
 03:12
8.
 Feast for the Dogs
 03:11
9.
 Unleashed the Beast
 03:25
10.
 Pounding Metal
 04:52

Durée totale : 32:02

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Thrashback


Chronique @ PhuckingPhiphi

13 Novembre 2014

Un Thrash Metal old-school bourré d’énergie et de riffs imparables.

19H00, le dimanche 23 mars 2014, Le Divan du Monde, Paris.

Dans un peu plus de deux heures, les vétérans du Speed français d’ADX vont monter sur scène pour la date parisienne de leur tournée Ultimatum et la petite salle du Divan du Monde (qui, comme le Bataclan, accueille de plus en plus de concerts de Métal depuis que ”feu” l’Elysée Montmartre est parti en fumée) commence à se remplir tout doucement. Les orléanais de Wild Dawn doivent s’occuper de chauffer l’ambiance avant l’arrivée des maîtres de la soirée, mais pour l’instant, c’est un petit trio qui monte sur scène avec pour mission de meubler les quarante prochaines minutes. Entre un coup d’œil au merchandising et un autre au bar, je regarde distraitement les trois gaillards entamer leur set, me disant que ça fera une parfaite toile de fond pour attaquer ma première bière en bavassant avec les copains déjà arrivés. Seulement voilà : alors que je m’attendais à m’ennuyer poliment pendant cette première prestation, je me surprends soudain à taper du pied et à osciller de la tête… C’est que ce que j’entends là est plutôt pas mal ! Un bon vieux rétro-Thrash joué pied au plancher, avec une maîtrise qui fait plaisir à voir (et à entendre !). Qui c’est donc, ce groupe ? C’est quoi leur logo à la Testament là, qui est projeté un peu de travers sur la toile de fond en guise de backdrop ? "Trash-quoi” ?… Ha oui, ”Thrashback”. Bon, au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise, c’est bien du Thrash, je confirme. Et puis c’est marrant tiens, c’est le batteur qui chante, comme Phil Collins, ou plutôt Dan Beehler compte tenu du style. Mais… Mais… C’est bizarre, à y regarder de plus près, la tête de ces trois gugusses me dit quelque chose… Un pote me renseigne alors : ce sont trois anciens d’Evil One qui, ce dernier ayant splité quelques mois plus tôt, viennent de remonter un trio afin de continuer l’aventure. Je me disais bien, aussi, que j’avais déjà vu ces gars-là quelque part ! Et en plus, ils viennent de sortir leur premier album me dit-on ! Désormais tout à fait concentré, je prête une oreille attentive à leur prestation et, la troisième chanson pas même terminée, me voilà à leur merch’ en train d’acheter le CD.

Voici comment j’ai connu Thrashback et, par la même occasion, leur premier album, “Possessed by Thrash”, dont il va être question ici.

Inutile de tourner autour du pot, si le Thrash Metal old-school vous horripile, passez votre chemin : Thrashback, peut-être encore plus qu’Evil One avant lui, pratique cet art dans sa forme la plus directe et la plus orthodoxe, sans jamais dévier des fondamentaux du genre. Les chansons sont courtes, sans fioritures, la production de Jeff Waters (qui avait déjà travaillé avec Evil One) est sèche comme un coup de trique et vous chercherez en vain la petite intro symphonique, la nappe de synthé ou la choriste féminine au détour d’un titre : ici, c’est du brut de décoffrage, du riff, rien que du riff, accompagné de solos occasionnels dispensés par Fred (guitare, chœurs), le tout cimenté d’une rythmique béton orchestrée par Le Gorg (basse, chœurs) et Speed (batterie mais aussi chant, hé oui, c’est la grande originalité). Le chant, justement, est lui aussi dans la plus pure tradition des années 80 et renforce encore l’identification de l’album avec cette période : agressif, écorché et aigüe, il reste pourtant toujours résolument Thrash, ne basculant jamais vers les grondements gutturaux du Death ni vers les hurlements possédés du Black. Enfin, un petit mot sur la pochette s’impose : elle aussi ultra-référentielle (je vous laisse faire la liste vous-mêmes), elle réussit à capturer tout l’esprit à la fois violent, naïf et kitch de ses glorieuses ainées, ce qui ne devrait pas manquer de séduire les vieux de la vieille. Un grand bravo à son auteur, Stan W Decker, pour son excellent travail ! Bref, à tous les niveaux, Thrashback maîtrise son sujet et “Possessed by Thrash” lui offre l’occasion de réciter les gammes d’un style qui n’a visiblement aucun secret pour lui.


Après un “Human Race Extinction” qui ouvre l’album à toute allure (le titre dure à peine 52 secondes !), les chansons s’enchaînent à un rythme frénétique : ”Bombers of Death” (qui fait justement beaucoup penser à Evil One dans ses backing vocals), “Box of Power” et son faux démarrage en mid-tempo, “Possessed by Thrash” (le titre éponyme de l’album) qui repart de plus belle, ”Wardance” dans lequel l’amateur éclairé reconnaîtra évidemment un hommage à Anthrax, et ainsi de suite. Les morceaux sont généralement tous construits sur une structure relativement simple, mais chacun recèle suffisamment d’énergie et de riffs imparables pour arracher des envies de headbanging même au thrasher le plus blasé. Seule ”Pounding Metal”, une reprise pas vraiment folichonne d’Exciter inexplicablement balancée comme un cheveu sur la soupe en fin de galette, vient tempérer cet enthousiasme, tant elle s’avère banale et en décalage avec toutes les petites bombes qui la précèdent ; en réalité, je la soupçonne d’avoir été ajoutée au dernier moment et à la va-vite juste pour faire franchir à l’album le cap symbolique des 30 minutes (mais était-ce bien utile, quand un certain “Reign In Blood” ne dépasse pas les 29 minutes et constitue pourtant l’une des pierres angulaires du genre ?). Notons tout de même la présence sur ce titre de… Dan Beehler justement, ce qui constitue, il faut le reconnaître, un argument de poids aux oreilles de tout vieux speedeux qui se respecte.


Alors évidemment, Thrashback ne fait pas dans l’originalité et tout ceci a un gros air de déjà entendu : au fur et à mesure que les chansons défilent, on pense pêle-mêle aux premiers Metallica, à Overkill, à Death Angel, à toute l’école allemande (Destruction, Tankard, etc.) et, par-dessus tout, à Exodus et à Whiplash, auquel le trio fait immanquablement penser dès les premières notes. Au niveau des paroles, ça ne vole pas bien haut non plus, ces dernières frôlant bien souvent (volontairement ?) la caricature. Pourtant, force est de reconnaître que le disque atteint son but avec brio, celui de délivrer un métal rapide et franc du collier, sur lequel il fait bon suer à grosses gouttes dans le mosh-pit entre un slam acrobatique et une binouze bien fraîche. En toute honnêteté, la sympathie qu’inspire Thrashback dans sa démarche m’incitait, dans un premier temps, à mettre un tonitruant 17/20 à ce premier effort. Néanmoins, son très (trop ?) grand classicisme, ainsi que la reprise dispensable qui vient plomber la fin du CD m’obligent, la mort dans l’âme, à ôter 2 points à cette première impulsion, pour un score final de 16/20.


Comment ça, 17 - 2 ça fait pas 16 ?!?

5 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 14 Novembre 2014: En effet, tu as raison, les experts me confirment que 17-2, ça fait bien 15… mais c'était de l'humour ! (cf. la toute dernière ligne de ma chronique).

Ce que j'ai voulu dire, c'est que si j'étais vraiment impartial, j'aurais mis 15 à ce disque, mais que compte-tenu de la sympathie qu'il m'inspire, j'ai fait un odieux acte de favoritisme et je lui ai finalement collé 16 !

Oui, je sais, c'est pas bien, je vais avoir des problèmes avec le Recteur de l'Académie… ;)


Merci pour la précision sur Dan Beehler, ce détail m'avait en effet échappé.
LeMoustre - 14 Novembre 2014: Merci pour cette chronique qui rend justice à ce groupe Français. C'est du niveau de Infinite Translation, dans le style ?
PhuckingPhiphi - 14 Novembre 2014: A ma grande honte, j'avoue ne pas connaître Infinite Translation... :(

... mais du coup, je vais me renseigner !
eclectic - 15 Novembre 2014: Bonne chronique, bien complète. Il y a un live complet du groupe au divan du monde 2013 sur YT.
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Chronique @ Luthor

03 Mai 2015

New-York 1986 ? Non, Cergy 2012 !!

Faut que je vous avoue un truc : je ne suis pas un fan absolu de Thrash. Rien de particulier à cela, juste une affaire de goûts personnels. En fait, j'apprécie plus le Thrash en concert que sur disque. Un bon groupe de Thrash sur scène, ça te fait monter l'adrénaline, ça t'envoie bousculer les potes dans la fosse, ça te fait hurler et suer comme il faut avant d'aller tabasser le mec du stand de merch' pour qu'il prenne ta thune durement gagnée en échange d'un patch et de la disco' complète du groupe que tu viens de voir en concert. mais sur disque, en général, je ne retrouve que rarement le même trip que lors de la prestation scénique. tout ça pour dire que bon, hein... Evil One me faisait en général assez chier.

Evil One, c'est le groupe précédent Thrashback. Alors forcément, quand j'ai reçu le promo, j'étais plutôt dubitatif. Et puis, au fur et à mesure des écoutes, un point évident s'est imposé à mon esprit : Thrashback n'est pas Evil One, et c'est tant mieux. Définir la musique de Thrashback est simple : c'est du bon vieux Thrashcore, comme on disait dans les années 80 (ou du Crossover, comme on a dit plus tard). En gros, vous prenez les riffs de la Bay Area et vous y collez de bons gros choeurs virils made in NYHC et voilà. C'est donc pas fin, et c'est exactement ce dont on a besoin quand on rentre le soir et qu'on est énervé du taff.

Au niveau riffing, Thrashback n'invente donc pas la poudre mais sait bien la faire parler. Et c'est bien ce que l'on attend d'un groupe de Thrash : "leatherface", "Bombers Of Death", "Unleashed The Beast"... Que du gros son qui ravage la gueule en long, en large et en travers. Là-dessus on pose le chant made in Goret from Brooklyn, genre les choeurs de "Wardance" au hasard, et on obtient un truc qui pue la street-attitude sans avoir l'air ridicule. Et puis qui sent la mauvaise bière et la sueur aussi, marque des bons disques. On pourra juste reprocher à Thrashback un certain manque de personnalité sur ce premier effort, mais d'un autre côté depuis quand on écoute du Thrash pour entendre un truc révolutionnaire ? Honnêtement, le meilleur Thrash n'est-il pas celui qui se rappelle qu'il est tout autant fils du Punk que du Metal ? Ce "Possessed by Thrash" ne l'a pas oublié, et vous trouverez là une demi-heure de pur plaisir régressif dont je n'attends maintenant plus qu'une chose : que le groupe me mette la misère en live !!

4 Commentaires

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lerodeur - 03 Mai 2015: Merci pour la Kro. Du Thrash compact, rythmique, beuglard, vite expédié et qui fait saigner les gencives. C'est effectivement assez balisé et j'ajouterai qu'il manque tout de même une guitare.
LeMoustre - 03 Mai 2015: J'aime bien ce label, Emanes, avec quelques groupes bien sympas et qui essaie de signer des groupes Français de quelité (Sanctuaire, ce Thrashback, Infinite Translation, entre autres). Quid du second album, par rapport à celui-ci ?
Chab - 05 Mai 2015: Le second album est beaucoup mieux produit et, de manière globale, est bien meilleur (mais ça n'engage que moi). Des hymnes à foison ;)
LeMoustre - 28 Décembre 2019:

En effet, après ecoutes, le groupe progresse d'album en album. 

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Chronique @ metalstormrider

03 Mai 2015

Passage en force...

Sorti chez Emanes Records il y a déjà presque deux ans, Thrashback est le projet des ex-membres de l’excellent Evil One, un des fers de lance de la scène Heavy Metal française. Les deux albums avaient été tout de même masterisés par Jeff Water himself, gage de qualité et preuve que le label croyait en lui. Après près de 250 concerts dans notre belle Europe rendra l’âme en 2012 après 15 ans de bons et loyaux services.

Les trois rescapés ont décidé de tenter de nouveau l'aventure en créant un nouveau projet, qui, cette fois-ci, sera totalement accès sur le Thrash Old School direct et sans concession. Ce projet ne pouvait que se nommer Thrashback, et ce groupe a enfanté, devinez quoi… un « Possessed by Thrash »; tout est dit, ne vous attendez donc pas à des ballades mélodiques et commerciales mais à un album plutôt cru…

Et à l’écoute de ce skeud, le niveau de maîtrise instrumentale de nos hommes apparaît, sans conteste, plus que correct, bien qu'on puisse dire aussi que la versatilité ne soit pas leur fort. De toute façon il s’agit bien de nous asséner de l’énergie brute du début jusqu’à la fin et non composer un album de prog...

L’album est loin d'être bancal, les compostions de ce « Possessed by Thrash » apparaissent bien simplistes et linéaires, établies sur une base de riffs trop restreintes. Inutile de vous dire que Thrashback envoie du riff plus souvent emprunté au Heavy Speed traditionnel. « Wardance »,« Box Of Power », « Unleashed The Beast », d’ailleurs tous trois similaires, possèdent des consonances proches de Metallica première époque avec une écriture beaucoup moins complexe. Les structures sont ainsi peu aérées et les rythmiques demeurent typiques à celles usitées par les Punk américains de la côte Est.

La voix, réalisée par le batteur Fabien « Speed » Cortiana (fait suffisamment rare pour être souligné) est éraillée, manquant de maîtrise et renvoyant à un côté un peu caricatural des groupes qui sévissaient dans la Bay Area.

Les variations de tempo ne changent rien, « Bombers Of Death » et le titre éponyme « Possessed by Thrash » montrent toujours des failles dans l’écriture. Nous passerons « Feast For The Dog » et ses paroles hallucinantes, affabulé d’un couplet pour le moins risible, et « Pounding Metal » qui clôt l’album de manière très singulière, en tout cas peu habituelle dans ce style…

S’il s’agit d’un album parodique d’Exodus ou d’Anthrax, pourquoi pas, il pourrait peut être toucher un public d’amateurs avertis. En tout cas nos jeunes gens semblent vraiment prendre leur pied sur ce "Possessed by Thrash" .

Les 32 minutes de ce skeud offre une écoute assez monotone, possédant des structures trop similaires et peu originales. Les Breaks sont très peu présents, les arrangements quasi-inexistants, le groupe ayant privilégié la vitesse à tout autre chose. Nous obtenons juste une dose d’énergie encore trop peu canalisée et nuancée.

Mixé de nouveau par Jeff Waters et enregistré par Marc Varez qu’on ne présente plus … on sent que nos hommes ont fait ce qu’ils ont pu pour rendre le résultat potable, mais dans la catégorie indigeste, ce groupe raflerait des trophées...

3 Commentaires

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eclectic - 03 Mai 2015: Peux-tu préciser de quels groupes punk tu parles ?
Erreur sur le style, Thrashback n'emprunte rien au Heavy-speed traditionnel. Il s'agit de Thrash old-school.
metalstormrider - 06 Mai 2015: Je pensais à Negative Approach par exemple. On pourrait aussi citer les anglais de Discharge ou G.B.H
PhuckingPhiphi - 09 Septembre 2015: Franchement, je te trouve bien sévère... Ce premier album n'est certes pas d'une grande originalité, et je te rejoins lorsque tu lui trouves un aspect "parodique" d'Anthrax ou Exodus ; pour autant, les titres sont accrocheurs et incitent au pogo dès les premières notes, et l'ensemble, bien que classique, n'est quand même pas si répétitif que tu le suggères.

Après, les goûts et les couleurs, hein... ;)
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