Si le précédent album des Sarrois de
Witching Hour,
Rise of the Desecrated (2009) avait produit son petit effet sur la scène thrash metal avec son thrash/black crado-régressif, mais néanmoins jouissif, il y a de fortes chances pour que ce
Past Midnight... sorti en mars 2011, toujours chez Undercover Records, fasse lui en revanche quelques déçus.
En effet si leur premier full-lenght s'avérait efficace, sans pour autant faire preuve d'une grande inventivité et comportant malgré tout certains défauts inhérents à la jeunesse du groupe, dont les lyrics, plutôt bas du front (sexe, satanisme, tout ça évidement au premier degré), ce deuxième effort, produit là aussi par Simon Süss et Simon Seegel,(membres compatriotes de
Witchburner) dans les locaux mêmes de répétition de
Witchburner, change le ton en apportant une dimension plus mélodique par rapport à leurs précèdentes sorties.
Alors que
Rise of the Desecrated commençait pied au plancher en tabassant d'entrée de jeu,
Past Midnight débute sur une lente montée en puissance, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'intro de Hit The Lights des four horsemen (
Kill'Em All), débouchant sur une partie instrumentale de près de 2 minutes, pas si différente dans la forme d'une lointaine
Transylvania (Iron Maiden) tranchant avec le côté direct qui caractérisait leur précèdent album. Mais si le groupe a fait un effort, relatif, sur ses compos à l'image du morceau Barb Wire
Lust, notamment avec un riffing généralement plus travaillé et des solis plus étoffés, il a par contre perdu en agressivité pure, telle
Hail The Cult et son esprit très "motörheadien", qui sans être réellement mauvaise, s'accorde tout de même assez mal avec ce que les Allemands nous avaient proposé jusque-là. Rajoutez à cela que le groupe a énormément perdu de son mordant, avec des grattes bien moins crunchy, s'orientant vers des sonorités plus heavy metal.
A vrai dire, peu de morceaux ou passages ressortent clairement de ce disque, pour ne pas dire aucun. Chacun des titres étant construit de manière similaire et convenue et les riffs plus que maintes fois entendus, n'apportent rien de neuf à leur thrash/black. Au contraire,
Witching Hour saborde son propre navire en lançant un thrash rébarbatif et redondant où aucun poncif n'est évité ; paroles faussement evil, riffs chiantissimes, production brouillonne et rythmique répétitive au possible (à se demander si leur batteur, qui a d'ailleurs récemment quitté le groupe, n'était pas un lapin duracell). Reste toujours la voix particulière de Justinger et son grain grave et rocailleux.
Bref, contrairement aux brésiliens
Farscape qui avait plutôt bien réussi leur léger virage heavy metal sur
Killers On The Loose (2006), à titre d'exemple,
Witching Hour rate complètement le coche et nous sert un album hybride thrash/black/heavy insipide et très rapidement ennuyeux. De plus, l'ensemble est noyé sous des cymbales trop présentes, la faute à un mix médiocre. Et le beau packaging pour la version LP ne servant au final que de cache misère.
Dans ces conditions, autant se rabattre sur leur premier album, moins prétentieux, plus direct, et tout simplement meilleur.
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