Tiens, mais qu’est-ce que c’est que ça ? C’est un oiseau ! C’est un avion ! Bah non, c’est carré et ça tient dans une main, ça peut pas être un avion voyons. C’est une blague vous dites ? Peut-être, en tout cas se sera sûrement l’avis de certain. Mais sinon, il s’agit juste du nouvel album de nos petits Français de Chunk ! No Captain Chunk !, et ça a beau voler un peu moins haut que Superman, ça vaut bien une petite revue quand même. Car oui, en réponse aux attentes de certains et aux craintes des autres, les cinq Parisiens sont de retour, et entendent bien continuer de nous faire profiter de leur musique oscillant entre hardcore et pop-punk, pour le plus grand plaisir, ou presque, de nos oreilles.
Comme tout mélange musical de deux styles distincts, et celui-ci étant au passage très souvent critiqué au sein de la communauté métal pour son accent commercial prononcé, l’Easycore (où Happy Hardcore pour certains) nécessite tout de même une certaine maîtrise afin d’être réussi. Pour ce faire, les membres du groupe ont fait appel au jeune et talentueux Joey Sturgis (
The Devil Wears Prada, We Came as Romans,
Asking Alexandria,
Born Of Osiris, entre autres) à la production. Rien que ça. Ensuite, exit les Gibson et compagnie ; l’album a été enregistré avec du matos bien de chez nous, de la firme lyonnaise Custom 77 pour être plus précis. Un peu comme si le quintet voulait mettre en avant sa nationalité globalement peu représentée outre-Atlantique.
Car oui, il semblerait que le groupe eût décidé de mettre l’accent sur sa nationalité afin de se différencier des nombreux autres représentants de cette scène florissante. C’est pour cela qu’en guise d’artwork, on a droit à un détournement du célebrissime tableau « Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard », avec des traits bleus masquant le visage de Napoléon et de son cheval. Si ça n’a rien d’exceptionnel, ça a le mérite d’être singulier et sympathique. Un peu à l’image de la musique du groupe.
Restart, la première piste, montre directement que sa musique a su évoluer. Déjà, le chanteur affiche plus de maîtrise dans son chant clair, et son growl se fait désormais plus puissant, même si il reste encore un peu trop maladroit et facile d’accès -comprenez par là qu’il ne rebutera pas les oreilles des non-initiés aux chants gutturaux, comme c’est pourtant souvent le cas- pour être vraiment crédible. Mais il faut bien admettre que les améliorations du vocaliste sont réelles et nous offrent quelques passages agréables une fois qu’on s’y est habitué (Haters Gonna
Hate, I am
Nothing like You et surtout I am
Nothing Like You).
Côté guitare et basse, exit les effets bizarres, on se concentre sur l’essentiel, c’est-à-dire l’alternance des riffs hardcore et des riffs pop-punk. Pour ce qui est de la vraie réussite musicale de l’album, c’est indubitablement la batterie. En effet, celle-ci est désormais loin de la boite à rythme du premier opus et donc beaucoup plus travaillée, comme on peut le voir sur
Taking Chances par exemple. On ne peut que se réjouir de cette volonté de se rapprocher des rythmiques metalcore, grâce à laquelle Chunk est désormais capable de balancer quand il veut un sacré groove pour un groupe d’Easycore (encore merci monsieur Sturgis).
On regrettera tout de même le fait que les pistes se ressemblent beaucoup. Par conséquent, rares sont celles à vraiment laisser un souvenir une fois leur écoute achevée et l’intro de la suivante amorcée. Mais au moins cela permet d’apprécier davantage celle qui sortent du lot, que ce soit l’enjouée
Taking Chances, The Progression of Regression, Between your Lines ou encore
Pardon My French, qui il faut bien l’admettre donnent une sacrée pêche, ou encore des plus surprenantes comme la ballade rock So
Close And Yet So
Far et surtout I Am
Nothing Like You, qui montre que le groupe a déjà un joli potentiel metal et qu’il peut jongler avec aisance entre les différents styles qu’il aime à mélanger.
Au final, on constate que ce second full length de Chunk ! No Captain Chunk se veut plus sérieux et professionnel, dans un style plus soigné, plus mature et plus abouti, mais encore trop formaté pour laisser vraiment s’exprimer tout le potentiel des Parisiens. Malgré ça,
Pardon My French reste un bon album d’un groupe ayant des qualités à faire valoir, conseillé amateurs du genre ou pourquoi pas à certains curieux qui pourraient bien être surpris.
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