Palimpsest

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15/20
Nom du groupe Protest The Hero
Nom de l'album Palimpsest
Type Album
Date de parution 19 Juin 2020
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 The Migrant Mother
 03:50
2.
 The Canary
 04:28
3.
 From the Sky
 06:15
4.
 Harborside
 01:01
5.
 All Hands
 04:41
6.
 The Fireside
 05:03
7.
 Soliloquy
 04:30
8.
 Reverie
 05:26
9.
 Little Snakes
 04:57
10.
 Mountainside
 01:11
11.
 Gardenias
 04:57
12.
 Hillside
 00:40
13.
 Rivet
 05:35

Durée totale : 52:34


Chronique @ Eternalis

05 Juillet 2020

Il y a fondamentalement peu de choses à reprocher à "Palimpest" mais l’inverse est vrai également.

Loin des yeux, loin du cœur.
Cet adage, souvent vérifié, prend encore plus de signification chez certains artistes qui quittent le devant de la scène trop longtemps. Protest the Hero, dans un genre de plus relativement jeune où les nouveaux groupes affluent constamment, est le candidat idéal à ce dicton ...

Pourtant, lorsque "Fortress" est sorti en 2008, l’avenir semblait radieux aux canadiens. Un style destructeur, un niveau technique affolant, un chanteur mutant capable de tout chanter (extrême, mélodique, pop et impérial sur tous les plans) et une folie qui émergent de compositions qui surprenaient à chaque seconde. Le djent est encore jeune, à peine en ébullition et le style core si décrié commence à enfin trouver un souffle plus créatif et moins rébarbatif. Protest the Hero serait le fer de lance de cette nouvelle vague, aux côtés de Periphery, de TesseracT, de Textures ou d’Architects mais avec sa personnalité et son style propre, plus éclectique et si moins violent, beaucoup plus progressif.
Mais ça ne se passa pas exactement comme ça. "Scurrilous" n’apporta pas grand-chose et "Voliton" ne sembla pas réellement suivi malgré toutes ses qualités et le manque d’engouement fut presque surprenant. Ajoutons à cela un relatif calme scénique sur le vieux continent et le statut du groupe ne bougea pas réellement. Quelques eps éparses puis le calme plat pendant cinq ans, à se demander si le groupe de Rody Walker existait encore.

Oui ! "Palimpest" en est la preuve et nous apprenons désormais que la naissance d’un enfant, et les problèmes de santé et la construction d’un studio n’aident pas pour aller plus vite. C’est désormais chose faite avec ce cinquième opus, sortant un peu de nulle part et annonçant le grand retour d’un espoir d’hier.
Pourtant, rien n’a véritablement changé et Protest the Hero reprend exactement là où il s’était arrêté, mélangeant une flexibilité vocale impressionnante à des parties rapides, virtuoses et des riffs de guitares si techniques qu’ils semblent tous être des leads à eux-seuls. "The Migrant Mother", après quelques secondes en clean, dévoile déjà une partie de batterie à faire mal au crâne, avant que le chant de Rody ne nous rappelle à nos bons souvenirs. Oubliés ses problèmes vocaux, le chanteur est en pleine possession de ses moyens et semble avoir encore ajouté quelques cordes aigues à son arc, n’utilisant son growl qu’à de très rares occasions, renforçant par ailleurs la puissance et la violence de ses rares incursions extrêmes.
Sans être forcément longues, les compositions sont une fois de plus très denses, rendant les premières écoutes compliquées, voir carrément suffocantes tant la quantité impressionnante d’informations qui nous arrivent en pleine face est immense. Pourtant, à l’image de son premier titre, une ligne mélodique sur le refrain parvient à ressortir et ce sont ces petits moments qui nous permettront de tenir, de nous accrocher pour aller creuser plus loin, de compositions en compositions.

"The Canary", premier extrait dévoilé, nous ramène aux débuts du groupe avec ce type de riffs improbables et ces lignes vocales très théâtrales, totalement différentes de ce qui se fait habituellement dans le djent ou le metalcore, ne recherchant pas la puissance mais bien la surprise, autant par le placement que les intonations. On pourrait presque parfois reprocher cette qualité, tant les canadiens semblent vouloir être à contre-courant constamment, parfois au dépit d’un certain rythme et d’une essentielle accroche.
Néanmoins, afin d’apporter une respiration, "Palimpest" apporte des accalmies avec des intermèdes instrumentaux tout en volupté (le piano de "Harborside" ou la mélopée romantique de "Mountainside") qui permettent de mieux repartir dans les délires rythmiques du combo. Entre un furieux "The Fireside" rapide et presque néo à la SOAD parfois ou à l’inverse le plus tranchant "From the Sky" et son refrain qui s’envole, l’album propose beaucoup de choses mais se veut moins digeste que ses prédécesseurs, notamment du mythique "Fortress" (qui avait l’avantage d’être court, moins de 40 min) ou de "Voliton" qui tentait une approche un peu différente. On a parfois cette sensation que Protest the Hero veut rattraper le temps, bomber le torse et sortir tout son attirail technique alors qu’il a toujours été connu pour ça et que, paradoxalement, cette extrême technicité ne surprend plus vraiment.
Ces riffs d’aliens deviennent même lassants sur la fin d’album où on aurait pu apprécier des choses plus brutes, directes, lourdes ou abrasives, afin de contrebalancer avec cette sensation perpétuelle d’équilibriste qui joue avec les notes jusqu’à s’en détacher les doigts. C’est presque le cas sur "Rivet", le dernier titre, mais la tentative semble encore timide.

Il y a fondamentalement peu de choses à reprocher à "Palimpest" mais l’inverse est vrai également. Il y a peu de titres à ressortir réellement en comparaison des opus passés. C’est en ça que l’album est une relative déception, surtout après cinq ans. Comme si rien ne s’était passé, les canadiens reprennent exactement là où ils s’étaient arrêtés, avec une identité certes, mais qui commence à sérieusement tourner en rond et risque de lasser beaucoup de monde. Sans toutefois le bouder, il est évident que je retournais très vite à "Fortress" qui, douze ans plus tard, n’a pas pris une ride et me fait toujours autant tripper. A vous de voir.

3 Commentaires

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Fonghuet - 05 Juillet 2020:

Le problème avec ce groupe, c'est que Fortress a tellement claqué les culs qu'il fera toujours de l'ombre aux autres albums qui sont de la même qualité, même passion, même créativité. Mais on dirait que la magie ne s'est faite que sur un seul album.
En tout cas belle chronique, et belle surprise, je ne savais pas qu'ils étaient en studio, ni encore moins qu'un album avait acouché

Molick - 09 Juillet 2020:

Ouais, c'est un peu l'avis que j'avais des précédents. De bons albums, pas grand chose à reprocher en soi, mais il manque juste l'étincelle, le riff qui fait mouche, la ligne vocale mémorable, choses que possédait Fortress. C'est dommage, ils sont talentueux, ils ont l'air vraiment passionnés par ce qu'il font, on a vraiment envie que ça marche.

C'est vrai que c'est dur en tant que groupe quand tout le monde reste bloqué sur un album, mais il faut avouer, malgré leur qualité, ils n'atteignent pas celle Fortress, et restent au final dans un style trop proche. La seule solution dans ces cas là c'est d'emprunter de nouvelles directions.

krakoukass56 - 09 Juillet 2020:

Il y a fondamentalement peu de choses à reprocher à "Palimpest" mais l’inverse est vrai également.

Grandiose.

Sinon j'ai pas vu la moindre mention à Sikth mais c'est pas grave.

 

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