Quatre années de silence radio envolées déjà depuis leur premier album full length, «
Netherworld »... Le temps pour le combo suédois né à Uppsala en 2015, sous l'impulsion commune de la parolière et chanteuse aux puissantes impulsions et à l'dentifiable grain de voix Tina Gunnarsson (ex-Detained, ex-Mellow Poetry, ex-
Nebraska) et du guitariste, claviériste, screamer et compositeur Stellan Gunnarsson (
Fuel For
Nightmares), de peaufiner ses gammes et ses arpèges, mais aussi d'affiner son jeu d'écriture. De cette nouvelle énergie émaneront deux singles («
Repentance » et «
Stigma Diaboli »), soit deux des dix pistes de son second opus de longue durée, «
Pagans Rising » ; galette de 49 optimales minutes, signée tout comme
Persefone,
Manticora,
Divine Ascension ou encore
Carnal Forge chez le jeune et dynamique label suédois ViciSolum Productions. A l'aune de cette fraîche livraison, nos acolytes seraient-ils alors en passe de se muer en valeur montante du si couru registre metal symphonique progressif à chant féminin ?
Dans ce projet, aux côtés des deux maîtres d'oeuvre s'illustrent désormais : Daniel Håkansson, à la basse ; David Nyman, en lieu et place de Jay Matharu (
Live Sin, ex-Mindshift), aux guitares ; Patrick Wahlberg (ex-Drenched In Gasoline, ex-
Nocean), en remplacement de Simon Aspsund, successeur de Teddy Möller (
Loch Vostok,
The Hidden,
Wuthering Heights...), derrière les fûts. De cette étroite collaboration émane un propos metal symphonique progressif aux colorations heavy et dark un poil plus prononcées que naguère, dont les sources d'influence seraient dorénavant à chercher du côté de
Tristania,
Lacuna Coil,
Draconian,
Evergrey,
Battle Beast,
Pythia,
Jaded Star et
Seven Spires. Avec le concours, pour l'occasion, du prolifique claviériste Jonah Weingarten (
Pyramaze, Catalyst Crime,
Echoterra, ex-
Teramaze, ex-Malacoda...). Mixé et mastérisé par un certain Ronnie Björnström (guitariste de
Solution.45 et
Taedeat, et mixeur de
Nightrage,
Aeon,
Paganizer,
Sorcerer,
Revolting, parmi tant d'autres), le méfait laisse transparaître une belle profondeur de champ acoustique sans accuser l'once d'une sonorité parasite. Indices supplémentaires traduisant une sérieuse envie d'en découdre de la part du quintet nord-européen...
A l'instar du précédent méfait, c'est dans un chaudron bouillonnant que nous immerge volontiers le collectif suédois, avec, pour effet, de nous retenir plus que de raison. Ainsi, on ne résistera que malaisément aux vagues de submersion qui vont s'abattre sur nous sur les torrentiels up tempi heavy symphonique «
Pagans Rising » et «
Prophecy ». A mi-chemin entre
Tristania et
Seven Spires, ces pulsionnels efforts aux virulents coups de boutoir se voient tous deux surmontés de growls glaçants en contre-point des fulgurantes et incessantes attaques d'une frontwoman bien habitée. Et, dans un cas comme dans l'autre, la sauce prend, sans tarder. Dans cette énergie, au carrefour entre
Pythia et
Lacuna Coil, le saillant et organique «
Resurrection », lui, déverse un entêtant refrain mis en exergue par les serpes oratoires d'une redoutable prédatrice. Enfin, moins ''tubesque'' mais recelant néanmoins de séduisants atours, à commencer par des enchaînements intra piste des plus sécurisés, l'offensif et ''draconien'' «
Blasphemy » tire également son épingle du jeu.
Dans leurs passages à la rythmique un tantinet plus progressive, nos cinq compères nous livrent là encore quelques portées aptes à nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, en premier lieu, «
Stigma Diaboli », ''lacunacoilesque'' mid/up tempo tout de fines nuances mélodiques cousu, insérant de fringants gimmicks guitaristiques et des choeurs en faction dans sa trame, tout en recelant un refrain immersif à souhait mis en habits de lumière par les claires et saisissantes modulations de la sirène. Bref, un hit en puissance des plus enveloppants à mettre à l'actif de la troupe. Sur un même modus operandi et dans la lignée atmosphérique de
Battle Beast, le polyrythmique « Symphony of
Tragedy » happera le pavillon tant par son infiltrant cheminement d'harmoniques et ses riffs crochetés que par les pénétrantes oscillations de la belle, là encore escortée de sa garde rapprochée. Et comment ne pas sentir une onde vibratoire nous parcourir sous le joug des grisantes séries de notes dont nous abreuve «
Dark Storm », ''pythien'' mid/up tempo aux orientalisantes effluves?
Quand il desserre quelque peu la bride, le combo n'en perd pas moins de sa fougue, les plages concernées aspirant alors à leur tour et d'un battement d'ailes le tympan du chaland. Ce que prouve, d'une part, «
Repentance », mid tempo à la confluence entre
Pythia et
Seven Spires ; véritable torche incendiaire aux riffs corrosifs et nourrie d'un duo mixte en voix de contraste des plus accrocheurs, propice à un headbang bien senti et quasi ininterrompu. Dans cette mouvance, et non sans rappeler
Jaded Star, le mid tempo heavy mélodique «
Incantation » révèle, lui, des couplets bien customisés et des plus poignants ainsi qu'un vibrant solo de guitare. Enfin, on ne saurait davantage éluder le ''jamesbondien'' mid tempo syncopé « Moorfield », au regard de sa ligne mélodique finement sculptée, de son refrain catchy et de deux interprètes au faîte de leur art. Une manière habile de fermer la marche.
En définitive, ce message musical se fait à la fois impulsif, solaire, complexe et, le plus souvent, efficace. Tout comme son devancier, cet opus témoigne d'une production d'ensemble plutôt soignée, mais aussi d'une technicité instrumentale et vocale affermie, et de sentes mélodiques plus aisément lisibles aujourd'hui qu'hier.
Plus diversifié sur les plans rythmique et vocal qu'en ce qui a trait à ses ambiances, ce manifeste n'a pas davantage étoffé son offre en matière d'exercices de style que son aîné, ballades, fresques et instrumentaux étant à nouveau peau de chagrin. Quelques prises de risques, une identité artistique qui s'affirme, et une empreinte vocale apte à procurer de tenaces frissons sont toutefois des armes effilées à mettre à l'actif de nos acolytes, et qui pourraient dores et déjà les démarquer de leurs si nombreux homologues. Aussi, gageons que, sept ans après leur sortie de terre, nos compères seraient à même de se hisser parmi les valeurs montantes de ce si concurrentiel espace metal, car, plus démoniaque et racé que son prédécesseur, ce nouvel arrivage s'avère d'une rare intensité émotionnelle...
Je ne connaissais pas ce groupe!
J'ai donc lu ta chronique par hasard, vu qu'elle apparaissait sur la page (toujours bien détaillée) et un détail m'a tické...Battle Beast!
Tu as on ne peut plus raison! Sur certaines chansons on pourrait croire que... enfin bref, juste pour dire j'ai adoré! Je viens de commander l'album!
merci pour cette Chro et cette découverte
Merci à toi. Pour ma part, cet album demeure l'un des meilleurs du MS cette fin d'année. Ravi de voir que tu adhères à ton tour à leur répertoire,
Vu la qualité de production ainsi que les potentiels technique et mélodique affichés, j'ai comme l'impression qu'ils sont encore loin d'avoir écrit l'ultime page de leur histoire. Wait and see...
De rien avec plaisir!
C'est vraiment excellent! J'adore vraiment y a rien a jeter!
Je suis parfaitement d'accord avec toi, je crois qu'ils n'ont pas encore tout dit. Je suis impatient de voir ce qu'ils feront par la suite!
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