Une bouffée d'air. C'est un peu ce à quoi peut s'apparenter cet album dans l'univers du metal épique, au milieu des pointures incontestées du genre.
Le groupe français de la Côte d'Azur nous propose avec
Of Wars in Osyrhia un premier album qui, même s'il est indéniablement sous l'influence des monstres du genre et dans l'ombre justement de
Rhapsody alors au sommet de son art après cinq albums extraordinaires, a tout d'une petite merveille rafraîchissante de metal épique. Rafraichissante avec tout au long de l'album ces orchestrations scintillantes, carillonnantes, mêlées à des chœurs d'une personnalité incroyable pour un premier album… Car oui, dès ce premier album,
Fairyland arrive à se forger une ébauche presque finie de son identité.
Alors évidemment, un groupe qui fait du power symphonique épique (appelez ça comme vous voulez après tout…) dans les années 2000 se voit presque obligé de passer par la case "
Rhapsody-like".
Fairyland n'échappe pas à la règle, mais tout est là pour réussir. Un concept, bien que somme toute classique (méchant vs gentil) mais incontestablement très complet (avec les cartes géographiques et tout le toutim), mais aussi et surtout un niveau de composition très respectable, ce qui est nécessaire dans ce genre de metal pour être crédible.
Avec ces soli de claviers omniprésents ("On the
Path to
Fury" ou "
Of Wars in Osyrhia"), qui possèdent déjà leur son caractéristique, ces chœurs très reconnaissables tout au long de l'album, et la voix si spécifique de la chanteuse Elisa C. Martin (qui peut en rebuter certains, les goûts et les couleurs…) qui s'intègre parfaitement avec le reste,
Fairyland nous livre un metal épique séduisant et envoûtant dans lequel on se plonge volontiers.
Le rythme est soutenu par une batterie qui, lorsqu'elle est décidée, ne prend presque jamais de pauses, et qu'est-ce que c'est bon ! Les titres aux passages tantôt speed avec cette grosse caisse ("Ride With the Sun", "
Fight for Your
King"), tantôt légers et mélodiques avec ces claviers féériques et ces chœurs imposants ("The Fellowship", "On the
Path to
Fury") s'enchaînent à merveille, on en redemande. Les ballades "
The Storyteller" et "
Rebirth" viennent s'intercaler entre les autres pistes rapides, pour donner un peu de repos à nos oreilles sans pour autant complètement briser le mouvement, et globalement l'album s'écoute de manière très fluide, pour finir en majesté avec la pièce épique du même nom que l'album, de presque 11 minutes.
A noter la très réussie piste instrumentale "The Army of the White
Mountain", qui reprend les ambiances légères de l'album, et qui est tellement mystérieuse et envoûtante que l'auditeur est totalement absorbé et prêt pour la claque épique de la chanson "
Of Wars in Osyrhia".
Epique est le bon mot, puisque les ambiances sont sur cette piste à couper le souffle, de l'intro symphonique à souhait aux couplets speed avec une Elisa au sommet de sa forme et des fonds de claviers superbes, entrecoupés de ces chœurs toujours aussi majestueux. Au milieu de la piste tout s'arrête pour qu'une voix angélique vienne nous envoûter sur fond de flûte légère, pour repartir de plus belle sur un riff efficace bien que simpliste, suivi d'un extraordinaire solo qui nous dépeint un duel entre les claviers et la guitare de toute beauté.
On termine avec cette voix narrative présente à quelques reprises au cours de l'album et notamment sur l'intro de "On the
Path to
Fury" (mais sans l'envahir, ce qui n'est pas plus mal), qui, accompagnée de flûte puis de carillons et cloches, nous remplit d'envie de découvrir la suite qu'a à nous proposer
Fairyland après ce premier opus plus que convaincant.
Vous l'aurez compris, j'ai tout de suite été conquis par ce groupe. Je vais tenter, malgré tout, d'avoir un soupçon d'objectivité. Bien que le groupe réussisse avec surtout ses chœurs et ses claviers à se démarquer de la masse (normal, les deux sont gérés par Philippe Giordana, co-fondateur, auteur du concept et des paroles et principal compositeur), on ne peut nier l'influence majeure et non cachée de groupes comme
Rhapsody, et plus discrètement
Blind Guardian ou encore
Symphony X. Beaucoup de critiques sont donc parues, rejetant le groupe au rang de piètre copie des rois italiens, mais dans ce style
Rhapsody a presque tout exploré, ce qui impose forcément la comparaison. Cependant, une des différences majeures entre
Fairyland et la bande de
Luca Turilli est au niveau du ressenti général.
Fairyland n'a pas autant ce côté aussi majestueux et imposant, souvent pompeux que l'on retrouve beaucoup chez
Rhapsody, mais joue plus dans un registre assez léger (bien que le concept soit tout aussi guerroyant) et plus grandiloquent, là ou les Italiens jouent sur des ambiances sombres et beaucoup moins "joyeuses" (
Fairyland n'est pas du happy-metal comme
Freedom Call non plus). Cela peut surprendre au premier abord, mais on s'y fait malgré tout.
Et si vous n'en avez pas assez, vous pouvez jeter une oreille au bonustrack "
Guardian Stones", rempli d'énergie, presque le plus énergique de l'album d'ailleurs, tant au niveau guitare rythmique, claviers et chant (et ce refrain avec seulement ces puissants chœurs… splendide !).
C'est donc un grand bol d'air pour le metal symphonique à tendance épique (décidément quand on trouvera un nom définitif à ce genre…), et surtout pour le metal symphonique français, que nous offre
Fairyland avec ce premier album très bien ficelé qui, malgré des similitudes notables avec les géants du genre, réussit à se faire sa place, et on espère que le groupe continuera dans cette voie et ne tombera pas dans la parodie moult fois réentendue…
16/20.
Cet album est le seul que je connaisse du groupe, et.... Je vais devoir le racheter, car, depuis que je l'ai prêté il y a des années (je n'étais même pas inscrit sur SOM encore...), je pense que je ne le reverrai pas.
Alors, c'est du Rhapsody like totalement assumé.
Ils l'avaient dit dans une interview donnée à Hard'n'heavy, à l'époque de la sortie de ce premier album.
Je ne sais pas du tout comment ils se sont orientés après, ils ont eu beaucoup de changements de line up, tout ça.
Mais en tout cas, oui, l'influence de Rhapsody crève les oreilles et les yeux, que ça soit du point de vue du concept, de la façon dont il est amené, ou d'un point de vue musical. Même si évidemment, ils ont leur personnalité, ne serait-ce que par la voix de la chanteuse de l'époque, qui a entre autre officié dans Dark Moor.
Sur les suivants, ils arrivent à s'éloigner un peu de ce Rhapsody-like qui colle à la peau, tu devrais les écouter si tu n'en as jamais eu l'occasion. Surtout le 3e "Score to a New Beginning" qui est vraiment très réussi. Le claviériste que tu es devrait apprécier le travail (énorme) sur les orchestrations ;)
Tu parles du passé de Elisa dans Dark Moor, tu as bien raison, j'avais oublié de le souligner dans la chronique à l'époque... Et d'ailleurs, elle devrait être de nouveau présente en tant qu'invitée sur le prochain album en préparation.
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