Night Viper

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15/20
Nom du groupe Night Viper
Nom de l'album Night Viper
Type Album
Date de parution 04 Décembre 2015
Labels Svart Records
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1.
 Night Viper
 03:28
2.
 The Hammer
 03:05
3.
 Curse of a Thousand Deaths
 07:13
4.
 Run for Cover
 03:46
5.
 Warrior Woman
 07:09
6.
 Faces in the Mirror
 02:17
7.
 Never Be Enslaved
 04:43
8.
 Dagger in Hand
 03:24
9.
 The Wolverine
 03:35

Durée totale : 38:40


Chronique @ AlonewithL

23 Décembre 2015

Ne vous laissera pas de marbre.

D’après la mythologie grecque, Méduse, la gorgone, représentée avec ses cheveux de serpents, changeait en pierre toute personne qui croisait son regard. « Night Viper », autre figure reptilienne originaire elle de la fameuse scène de Göteborg, en Suède, ne vous laissera pas de marbre. Formation créée en 2014, où on retrouve dans les rangs le guitariste prodige de « Horisont », Tom Sutton, « Night Viper » est un énième projet de heavy metal à chanteuse, qui néanmoins parcouru le monde sans délai, malgré sa grande jeunesse. On l’a ainsi trouvé aux côtés de « Graveyard » ou encore de « Christian Mistress », grandes références de jeunes formations orientées vers une musique old school. C’est aussi le cas concernant « Night Viper », sauf que leur heavy metal daigne recevoir une touche hard rock et une touche de modernité, qui lui fait ressembler à un projet américain en voie de devenir. C’est chez le finlandais Svart Records que sort leur éponyme, un premier ouvrage nerveux, bien consistant, qui se perd quelque peu au milieu d’un banc de méduses.

Le titre éponyme lancé, on se rend très vite compte que le heavy metal de « Night Viper », pourtant issu de Suède, possède quelques similarités avec celui d’un certain « A Sound Of Thunder » en provenance d’Amérique. Le chant de Sofie-Lee Johansson a un ton et une nervosité identiques à celui de Nina Osegueda. Nous reconnaissons une correspondance dans les riffs endiablés, teintés de rock n’ roll de ce morceau. C’est puissant, hâtif, colérique, comme le démontre formidablement « Faces in the Mirror ». Cependant, ces sonorités étoffées et ces structures massives deviennent parfois redondantes à l’usure. « The Wolverine », par exemple, ne diffère que trop peu des deux morceaux précités, usant juste d’un soupçon supplémentaire d’énergie rock n’ roll. La frénésie semble s’atténuer sur « Run for Cover », ce qui n’exclut en rien quelques brèves et brusques accélérations redoutables d’un heavy metal au rythme saccadé, peut-être pas très subtil, mais rigoureux et surtout très vif. « Night Viper » parait explorer la même recette et l’utiliser à l’usure.

Toutefois, il existe quelques nuances permettant de défendre un peu mieux l’assise de cette nouvelle formation. On songe à « Never Be Enslaved », qui, certes ressort son heavy metal déchainé à fibre rock n’ roll, mais renforcé par quelques riffs inspirés d’« Iron Maiden » et de la NWOBHM. On se réjouit à l’écoute de « The Hammer » d’une rythmique plus lourde et endurci, de sonorités groovy également donnant du poids et de l’intérêt au dit extrait. On retrouve le groove à travers le tout aussi excentrique « Dagger in Hand », titre lui aussi costaud, qui se singularise par contre par un jeu éloquent de basse et pour sa légère tendance stoner. En abordant la question des sonorités lourdes et pesantes, il serait injuste de ne pas mentionner « Warrior Woman », qui nous laisse une longue entame doom metal, avant de partir dans un heavy metal plaisant, nerveux, agrémenté d’un superbe solo de guitare. La question du doom sera plus sérieusement posée pour le lancinant, l’ombrageux « Curse of the Thousands Deaths ». Le chant fibreux et énergique de Sofie-Lee change du tout au tout, pour devenir bluesy, feutré, presque feulé, sous les cris des corbeaux. Cela n’est valable sur ce long morceau que pour 2/3 de la piste, car le heavy metal surgit plus fort que jamais. Après le calme, comme on dit, la tempête.

Comme, vous pouvez vous l’imaginer, ce premier opus de « Night Viper » n’est pas brillant d’originalité. C’est encore plus grave quand certaines pistes semblent se répéter. Néanmoins, l’effort mérite d’être salué, en premier pour l’incroyable énergie véhiculé, pour cette pêche sans pareil, qui manque à un bon nombre de formations actuelles. Un peu d’orgueil et de ténacité ça ne fait pas de mal. Ensuite, le groupe n’est pas dénué de technique, mais dans sa prudence, cherche à se bâtir dans le confort, sans trop de prises de risques, quitte à explorer davantage à l’avenir. Ce qui permet aussi de jauger des capacités de chacun avant de se lancer dans la cours des grands. La chose se pressent à l’écoute de l’ouvrage. Cette frénésie formidable cacherait en fait une certaine frilosité. Pas de grandes démonstrations, ou de solos à tout va. « Night Viper » est plus sage qu’il n’y parait. Méduse, tel un serpent à sonnettes remuant la queue, préfère prévenir le visiteur avant de réellement attaquer.

13/20

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