Natasha

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Pig Destroyer
Nom de l'album Natasha
Type Album
Date de parution 11 Novembre 2008
Produit par Hull Scott
Style MusicalGrindcore
Membres possèdant cet album22

Tracklist

1. Natasha 37:55
Total playing time 37:55

Chronique @ BrutusBourrinus

06 Avril 2017

Original, pour le moins.

Bizarre, bizarre pour le groupe Grind du moment, variante fanatique et jusqu'au-boutiste de la brutalité, de proposer un EP avec un seul long titre. Le groupe pose une ambiance très introspective et onirique, tout en clignant très fort de l'oeil vers Godflesh pour les rythmiques et vers Methadrone (plutôt période Retrogression) pour les ambiances, le son et les samples, voire vers les Swans.

Venant de Pig Destroyer, on pourrait être un peu choqué, mais ce serait faire peu de cas de l'attitude ouverte du groupe qui a toujours proposé au sein du Grind une profondeur et une originalité de bonne tenue (tout en étant affreusement bourrin). Du reste, les connections historiques entre Grindcore, Death Metal, et le style ici pratiqué ont été suffisamment démontrées par le parcours des groupes précédements cités : Godflesh et Methadrone ont eux aussi été des surprises en leur temps pour les fans de leurs auteurs.

Alors en quoi consiste ce titre de rien moins que 37 minutes ? D'une longue introduction, déjà, qui fait démarrer la musique vers la cinquième minute après de longs samples de sons naturels. Puis d'une dizaine de minutes de riff lourd, très très lourd, très Godflesh, donc, et lent, avec un chant prenant mais légèrement lointain, presque éthéré. Puis le riff se dissout en larsens insinueux. Enchaînement, arpège reposant de guitare électrique, bruits d'eau qui s'écoule, chuchotements inquiétants, et nappes de claviers qui amènent un riff de basse saturée, tirant plus vers Methadrone. Re-larsens, final sur des samples de la mer qui vient s'écraser sur la plage, silence, et fin. Construite sur un mode narratif, la musique est en réalité une mise en forme du texte, fort bien écrit et bien representé par la pochette, qui décrit une descente aux enfers fantasmatique pour un homme qui se souvient d'une jeune fille, et qui semble-t-il finit par la retrouver. Ou pas.

Pig Destroyer démontre certes qu'ils savent faire autre chose que démastiquer à tout va. Reste que j'aurais aimé une intro un peu moins longue, et plus de contenu que les deux/trois riffs (très bons par ailleurs) qui tournent pendant le titre proprement dit. Néanmoins ce n'était probablement pas le propos du groupe de ne faire qu'un titre lent et long pour le plaisir de tenir le même riff pendant une demi-heure. Grâce à un chant bien posé, concentré, convaincu, et à un sens de la composition aigu, alternant respiration, riffs lourdingues, arpèges, samples, silence, chuchotements et effets divers, cet EP réussit à créer une ambiance qui surprendra énormément les habitués du groupe, mais qui ravira les amateurs d'expérimentation sonore. A écouter seul, dans le calme, pour une séance d'écoute qui s'approche plus d'une mise en scène quasi-théâtrale. Original, pour le moins.

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
Share to Facebook Share to Myspace Share to Twitter Stumble It Email This More...
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ BLASTORTURE

23 Avril 2011

Une signature magistrale.

Après un album absolument renversant de PxDx, je parle bien évidemment de Phamtom Limb, c'était avec beaucoup d'impatience que j'attendais le dernier ouvrage de nos chers grindeux de Virginie. C'est aujourd'hui chose faite, avec une nouvelle parution "Natasha". Encore une pochette fortement sympathique, application d'un graphisme, brut, clair, net et précis, bref, je m'attendais encore une fois à en prendre plein la tronche. J’insère mon CD, et là, stupéfaction. une seule chanson de tout de même 37 minutes, du même titre que l'album. J'entame l'écoute, et là, transformation. Pas de voix hurlante, pas de batterie dégénérée, pas de riff à la Scott Hull. A la place, une ambiance s'installe. Une ambiance, réellement malsaine, digne d'une dépravation, après 10 minutes d'écoute, j'en redemande, j'ai mal, je souffre, et je retrouve un Pig Destroyer appliqué, sombre, gras. L'ambiance devient suffocante. La moitié de la chanson passée, je perds la notion du temps, un temps d'ambiance glauque, insupportable se met en place. Ou l'on peut entendre divers passages d'album tels que Terrifyer, ou encore "Prowler in the Yard". Comme un hommage à leurs anciens albums. Des notes de piano, une voix digne d'un opéra symphonique s'installe, Pig Destroyer aurait t-il pété un fusible ? Je ne sais pas, mais le résultat est d'une beauté sans précédent. Il me reste 10 Minutes d'écoute, et notre M. Hayes entame un monologue, à voix basse, intensément lourd et blessant. C'est merveilleux, La chanson se clôt, comme elle doit si bien se finir. Je n'en dirais pas plus histoire de vous laisser un suspense aussi insupportable que cette chanson. Mon seul regret sur ce puissant album, est le manque, bien sûr, d'autres titres mais "Natasha" est une nouvelle génération de grindcore absolument dément, vous plongeant dans un univers autre que les mosh, Les blasts, Les " Grui-Gruis ", Pig Destroyer, démontre, avec un soin médical, que le grindcore peut aussi être apprécié par nous autres, épicuriens de musiques extrêmes.

5 Commentaires

0 J'aime

Partager
Share to Facebook Share to Myspace Share to Twitter Stumble It Email This More...
Videopunk - 28 Août 2011: Saluons aussi les pochettes des albums : ce groupe n'a QUE des pochettes à mettre en vitrine !
Je ne sais pas si ils font des vinyls mais si c'est le cas, ce sera mon prochain achat !
MyLilith - 26 Avril 2012: Wow! C'est presque Doom leur affaire. Il faut que je me trouve cette galette.
glower - 06 Mai 2012: Merci...merci . Une grosse claque ! Une piste grandiose .
BLASTORTURE - 06 Mai 2012: vivement le prochain album ! et Pig destroyer , pour répondre est très dure à chopper en Vynil ( malheureusement )
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire