J'avais, à titre personnel, découvert le groupe avec leur précèdent full-length, "
L'Alliance des Venins", qui m'avait séduit par le dépouillement de sa pochette, et par son Black
Metal sobre, somme toute classique mais néanmoins très efficace. De l'eau a coulé sous les ponts depuis, et le duo, composé d'un ex-
Peste Noire et d'un des membres de
Malhkebre, en cette année 2010, sortit son nouvel opus "
Mysticisme Macabre".
Comme en témoigne la pochette, qui est une partie de la toile "L'apothéose de la Guerre" du peintre Vasily Vereshchagin, le groupe n'est pas sorti de son hibernation pour divertir, mais bel et bien pour de nouveau faire cracher les amplis et sonner le glas d'une longue marche funéraire. Rien que ça. D'autant que l'accouchement et la finalisation de ce disque auront été, apparemment, très difficiles.
D'une durée tout à fait acceptable (près de 45 minutes au compteur, tout de même), "
Mysticisme Macabre" jouît, comme chaque sortie du combo, d'une production très crue et boueuse, apportant toute l'atmosphère poisseuse que demandait un tel disque. Atmosphère qui ne fait que se faire plus oppressante grâce au chant démentiel du sieur Kobal, tout en hurlements rauques et caverneux.
Autre atout de cet album, qui a flatté mon côté patriote,
Darvulia écrit et hurle dans notre belle langue. Et même si le chant ne laisse pas bien discerner les textes, un coup d'oeil sur les paroles vous prouvera que le groupe est bien loin des fixettes et clichés qui reviennent inlassablement chez beaucoup de groupes aujourd'hui -
Satan, ça va bien deux secondes, comme dirait l'autre.
Ce que l'auditeur retiendra chez
Darvulia, et en particulier sur ce dernier disque, c'est le côté très ritualiste de la musique. En témoigne le premier titre, s'ouvrant sur un tom basse qui revient inlassablement et régulièrement, ajoutant une véritable touche tribale et apportant l'illustration même aux concepts développés par le groupe, à savoir la sorcellerie. Cette touche se retrouvera tout au long de "
Mysticisme Macabre", dans les nombreuses cassures de rythmes qui viennent tordre le cou aux plans rythmiques qui se suivent et se ressemblent.
Cependant, ce dernier disque reste relativement difficile d'accès pour l'auditeur, qui ne parviendra à en capter tout le sel qu'au bout de plusieurs écoutes, qui elles, se suivent mais ne se ressemblent en rien. Ce qui est sûr et certain, c'est que cette offrande aux arts noirs résistera, tout comme "
L'Alliance des Venins", à l'épreuve du temps.
Jouissant d'une atmosphère putride et terrifiante, et dôtée de musiciens très solides et talentueux, cette galette reste une excellente sortie, à classer parmi les bonnes surprises de l'année dernière.
Darvulia, loin de répéter en un honnête copier/coller ce qui a fait sa "renommée", affine son style d'album en album pour finalement atteindre son climax sur celui-ci. Un léger effort sur la production (la batterie est parfois un peu trop présente), et le prochain sera à classer parmi les grands disques de la scène Black française, cette dernière n'ayant définitivement rien à envier aux autres.
Par contre, Gris sont francophones mais Canadiens. ;)
@ SM : je ne partage pas ton avis du tout et trouve la comparaison assez inadaptée. Rien dans ce disque ne me rapelle Blut Aus Nord, personnellement. Quand à DsO... Ben, rien non plus.
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