Moonless

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11/20
Nom du groupe Forget My Pain
Nom de l'album Moonless
Type EP
Date de parution 17 Mars 2015
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Next in Line
Ecouter03:53
2.
 Never Too Strong
Ecouter04:09
3.
 Delusions
Ecouter04:16
4.
 Moonless Night
Ecouter04:56

Durée totale : 17:14

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Forget My Pain



Chronique @ ericb4

25 Octobre 2015

Une force créatrice en dents de scie transpire par tous les pores de cette menue rondelle...

A l'heure où le metal gothique à chant féminin progresse de façon exponentielle en Amérique du Sud, notamment en Argentine, les fans affluent de toutes parts et se bousculent à qui mieux mieux pour aller apprécier les arpèges distillés par ces formations de tous poils dans des concerts et festivals locaux. Ainsi, Abrasantia, For Everness, Aniron, Dark Whisper, Equinoxem ou encore Lumine Criptica sont autant de collectifs à avoir suscité l'adhésion et alimenté quelques élans passionnels auprès d'un public local de plus en plus réceptif à un genre déjà largement diffusé en Europe. Peu à peu, ces combos ont pu évoluer et avoir une résonance internationale, à l'image d'Equinoxem ou d'Abrasantia. C'est dans ce sillage atmosphérique que se place Forget My Pain, quintet créé en 2007, tout droit venu de Buenos Aires, motivé par un tel projet pour venir convoler sur des terres foulées par nombre de ses prédécesseurs.

Suite à une discrète démo, « Prelude to the Darkness » (2011), le jeune combo a souhaité prendre son temps pour nous octroyer, quatre ans plus tard, ce « Moonless », EP auto-produit d'à peine dix-sept minutes sur lesquelles s'enchaînent quatre pistes d'égale longueur. Bénéficiant d'un enregistrement dispensé par Fito Norando et Theo Peltzer au Warehouse Studio, ce disque offre une qualité d'écoute plus que convenable. Quant au mixage, réalisé au El Tornado Estudios par Theo, les lignes de chant semblent écraser de leur présence certains passages, ne permettant pas toujours à l'orchestration de se libérer de leur emprise. Enfin, le mastering a été laissé aux mains expertes d'Ezequiel Morfi. La supervision d'ensemble s'est alors révélée exigeante, nous autorisant une prise de contact avec l'engin dans d'assez bonnes conditions. Les musiques tout comme les paroles et l'interprétation sont l'oeuvre exclusive du combo argentin. On découvre ainsi des compositions vitaminées, minutieusement élaborées, non sans intérêt sur le plan technique et propices au headbang, eu égard à un metal gothique rugueux, parfois acide, avec une touche symphonique, voire progressive. La mise en musique est due aux pattes conjuguées de la soprano Natty, du bassiste Viruz, du guitariste Alexei, du claviériste Eggu et du batteur Kiri. Que nous réservent-ils sur cette menue rondelle ?

Parmi les messages musicaux les plus convaincants, on retiendra notamment celui qui émane de la ballade progressive de la grêle rondelle. Ainsi, à la manière d'Abrasantia, quelques doux arpèges s'échappent de « Delusions », mots bleus aux gammes plutôt agréables, à défaut de se révéler magnétiques. Un tantinet syncopé, cet authentique morceau parvient à nous retenir par ses couplets bien dessinés et ses refrains entonnés avec entrain et livrés avec un fin vibrato par la déesse, cette dernière fermant la marche de bien belle manière. Hélas, là s'arrêtent les festivités. Le reste de l'opus aura, en effet, quelques difficultés à hisser le niveau de ses gammes dans cette dynamique d'inspiration.

On aurait pu se laisser tenter par les mordants instants contenus dans « Never Too Strong », mais la progression du parcours auditif ne va pas nous donner des raisons d'insister. Des riffs corrosifs et une basse vrombissante nous installent à bord de ce vaisseau amiral, titre nerveux au tempo alerte, dispensant quelques inattendues variations de tonalité. Mais le déroulement de la croisière s'avèrera plutôt houleux. C'est alors que la sirène déploie ses vénéneuses inflexions, au demeurant assez linéaires et où guette la distorsion. Et cela, sur une plage dont le cheminement mélodique ne se révèle pas moins frileux. De plus, un break minimaliste se fait aspirer par une reprise rageuse mais qui, par quelques flottements harmoniques, n'évite pas l'écueil de la déroute. Dans un même mouvement, de furieuses nappes synthétiques nous accueillent sur « Next in Line », titre metal gothique à la rythmique plombante qu'étreignent des riffs bourbeux, à l'ambiance énigmatique un tantinet lugubre. Des sinuosités mélodiques peu sécurisantes, perceptibles sur des couplets engloutissants, sur fond d'organiques vibes, nous râpent le tympan, sans qu'un début de rémission ne soit annoncé. Pour leur part, les claires et puissantes impulsions de la belle témoignent de compétences éprouvées mais peinent à trouver un point d'accroche pour faire de ce diluvien passage un harmonieux ensemble. On s'enlise donc inexorablement dans de cruels sables mouvants, dont on ne se relève pas. Même le solo de guitare, pourtant inspiré, ne compensera pas ces accords malhabiles et quelques fausses notes.

Enfin, au-delà de l'architecture mélodique, même le champ oratoire ne parvient pas toujours à éviter quelques sorties de route. Muni de riffs graveleux et d'un espace percussif énergisant, « Moonless Night » nous conduit bien sur des couplets au tracé mélodique homogène et à des refrains finement esquissés. Hélas, ils se voient desservis par une terne interprétation, trop souvent lacunaire dans son principe d'émission. De plus, des faussetés se font jour et les montées s'avèrent trop approximatives et sans réelle consistance pour prétendre nous faire oublier les interprètes des groupes concurrents. Plus gênant encore, outre ces irrégularités harmoniques, l'interprète ne parvient que rarement à conférer un supplément d'âme à un passage qui, en l'état, a bien du mal à nous encenser.

La qualité de la production d'ensemble et des compositions pourtant non sans mérites n'ont pas suffi à nous retenir plus que de raison. Les passages techniques sont de bonne facture mais pas nécessairement calés aux moments opportuns, et donc, ratent fréquemment leur cible. De plus, les harmoniques s'avèrent encore imprécises dans leur restitution et les accords distillés assez souvent peu captateurs de nos émotions. Par ailleurs, les lignes de chant auraient gagné à moins user de puissance, pas toujours d'une maîtrise absolue, pour nous séduire et l'emporter, in fine. Un travail orienté sur les jeux de nuances atmosphériques et sur de subtiles oscillations instrumentales eût été plus efficace, même sur les passages à la rythmique enjouée. Enfin, quelques finitions ainsi que les enchaînements inter pistes, encore pris dans leur jus, n'ont pas contribué à une mise en valeur optimale de l'oeuvre qui, de fait, souffre de ses errements en la matière.

A l'instar de certains de ses déjà nombreux compatriotes inscrits dans ce même registre, d'aucuns pouvaient être en droit de penser que ce groupe aurait pu, lui aussi, emporter l'adhésion. A l'issue de cette analyse, à la lumière de ce propos, selon votre humble serviteur, il aurait été présomptueux de soutenir cette thèse. Aussi, les amateurs de metal gothique à chant féminin écouteront cette offrande pour le plaisir de la découverte, et passeront à autre chose. Et ce, en attendant une œuvre plus immersive, notamment à l'aune d'un album full length, manquant toujours à l'appel dans la discographie du combo. La balle est désormais dans leur camp...

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