Moongod

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16/20
Nom du groupe Aeternam
Nom de l'album Moongod
Type Album
Date de parution 13 Octobre 2012
Labels Galy Records
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1.
 Moongod
 05:41
2.
 Invading Jerusalem
 03:12
3.
 Cosmogony
 04:50
4.
 Iram of the Pillars
 03:52
5.
 Rise of Arabia
 04:45
6.
 Xibalba
 04:38
7.
 Descent of Gods
 05:33
8.
 Idol of the Sun
 03:38
9.
 Hubal, Profaner of Light
 08:43

Durée totale : 44:52

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Aeternam


Chronique @ Matai

01 Novembre 2012

L'enthousiasme se perd au profit de la déception

Il n'est pas toujours évident d'officier dans un style déjà exploité depuis des décennies. L'oriental metal fait parler de lui depuis le début des années 90 avec Pentagram, Orphaned Land ou Salem pour ne citer qu'eux, alors que ces derniers intégraient pour la toute première fois leur culture et leur folklore dans un metal plus ou moins extrême. Depuis, de nombreux groupes du Moyen-Orient se sont essayés à l'intégration de mélodies arabisantes et d'instruments traditionnels, suivis de prêt par les Occidentaux de Behemoth (« Demigod ») ou de Nile dans le domaine du death metal.

Justement, parlons de death metal. Souvenez-vous d'Aeternam qui, deux ans et demi plus tôt, nous avait offert « Disciples of the Unseen », un très bon premier jet en matière de melo death oriental. Bien que Québécoise, la formation tient dans ses rangs le chanteur/guitariste marocain Ashraf Loudiy qui a su implanter ses origines dans les compositions pour un opus efficace et exotique sur la mythologie égyptienne, mélangeant brutalité et harmonie.

Le couvert est remis avec « Moongod », qui se situe dans la même ligne de conduite que « Disciples of the Unseen ». On retrouve les riffs melo death épique avec cette ambiance typique moyen-orientale ainsi que l'aspect symphonique qui semble avoir pris de l'ampleur. L'album est de nouveau produit par Jeff Fortin et les titres reprennent encore la thématique de l'Egypte ancienne même si on s'autorise une envolée chez les Mayas (« Xibalba ») et un détour du côté du Printemps Arabe (« Rise of Arabia »).

Il se produit deux effets à l'écoute de ce « Moongod ».

Premier effet : On démarre gentiment avec le morceau éponyme qui nous met directement dans le bain, avec son ambiance épique et arabisante, ses claviers omniprésents et son melo death maîtrisé. Pas de doute là-dessus, on reprend là où « Disciples of the Unseen » s'était arrêté, on n'est donc pas dépaysé. La différence vient du fait que les touches orientales deviennent davantage exploitées à travers les claviers symphoniques ainsi que le chant clair, qui prend plus d'ampleur, tel un Vortex dans Dimmu Borgir ou Borknagar qui apparaît de façon impromptue comme sur « Invading Jerusalem » ou sur « Idol of the Sun ».

Les mélodies priment ainsi que les ambiances, portées par des guitares impeccables et un growl charismatique à l'image de « Cosmogony » où tout se joint pour former un ensemble épique, symphonique et oriental. On se surprend à découvrir un titre totalement folklorique « Iram of the Pillars » et intégralement chanté en voix claire, instruments traditionnels en tête (percu, choeurs, flutes, violons...) et un titre plus sombre et plus brutal tel que « Xibalba », pas très loin d'un black/death symphonico-horror.
Pour une première écoute, on retient pas mal de bonnes choses et on reste très enthousiaste quand à la qualité des compositions.

Mais...même si ça n'en a pas l'air et que ce sont les groupes récents, en particulier, qui ont le vent en poupe, l'oriental metal n'est pas nouveau, de même pour le melo death et le metal symphonique. Beaucoup nous ont déjà proposé leur recette, l'alliage de death oriental a déjà fait des siennes comme sus-cités (Orphaned Land, Nile, Behemoth) ainsi que l'alliage death oriental symphonique avec Kartikeya entre autres. En d'autres mots, si Aeternam avait sorti ce genre d'albums il y a quelques années, il aurait pu révolutionner quelque chose.

Deuxième effet : on se lasse très vite. Pas besoin de beaucoup d'écoutes pour se rendre compte que l'ensemble est linéaire et déjà entendu. Certes, les compositions sont de qualité, bien fichues, maîtrisées, tout est calibré au millimètre prêt, chaque instrument a sa place et ce type de metal fera de grands adeptes. Aucun doute sur le talent des messieurs. Toutefois, on connaît la musique. Les riffs melo death sont basiques, on pourrait entendre les mêmes dans n'importe quel groupe récent du genre, que ce soit dans « Hubal, Profaner of Light » ou « Moongod ».

Les mélodies orientales sentent le réchauffé à plein nez, le genre de chose qu'on entend un peu partout, que ce soit dans la world music ou dans l'oriental metal en général, voire même dans le « Disciples of the Unseen ». Le sympho a plus l'air de combler les trous qu'autre chose tant il a peu de prestance. Même s'il créé une partie des mélodies, c'est sans doute sur « Descend of Gods » et sur « Hubal, Profaner of Light » qu'on l'entend le plus et ce n'est pas pour nous déplaire, vu qu'il apporte tout de même quelque chose de puissant et prenant.

Le chant clair est encore plus impromptu qu'il n'y paraît. Son côté plus maîtrisé ne sied pas aux compositions et détonne littéralement par rapport à ce qu'il apportait sur « Disciples of the Unseen ». Il devient donc plus casse pied qu'autre chose avec sa manière d'arriver comme un cheveu sur la soupe (« Descend of Gods » ou encore « Idol of the Sun » et son « destiny » qui déboule comme ça, sans prévenir, après une partie bien entraînante et agressive...). Bref, il brise le charme.

Même si « Iram of the Pillars » est une chanson charmante, folklorique, et orientale à souhait, elle n'apporte finalement pas grand chose et ne décolle pas. La linéarité prend le dessus – comme une bonne partie des titres – on s'attend à ce qu'il se passe quelque chose, on veut un passage fort, un solo ou encore un petit quelque chose qui sort de l'ordinaire, mais non. Ca se finit comme ça commence, c'est-à-dire, de la même façon, et on reste sur notre faim. Frustrant.

Enfin, « Xibalba », qui se démarque bien par rapport aux autres morceaux perd vite son aura tant l'ambiance semble sortir de chez Cradle of Filth. Il aurait fallu, pour le coup, être plus original et personnel.

Même si les morceaux tiennent la route et qu'il y a du boulot, sans aucun doute, l'enthousiasme se perd au profit de la déception. Avec ce que nous avait fourni Aeternam quelques années plus tôt, on était en droit d'en demander beaucoup plus. Leur melo death oriental, bien que symphonique et épique, reste plat et sans saveur, linéaire et réchauffé, mélange surfait de plusieurs recettes ayant déjà bien fonctionné, un comble pour une musique se voulant exotique et mythologique...

13 Commentaires

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alun - 02 Novembre 2012: j'ai vraiment bien aimé l'album précédent ,alors je vais écouter celui-ci, sans tenir compte de la chronique.
N'ayant pas beaucoup de culture en deth-melo-oriental, j'espère quand même y prendre du plaisir.
Matai - 02 Novembre 2012: Justement si tu ne connais pas beaucoup le genre, tu devrais adorer ;)
HeadCrush - 02 Novembre 2012: Chro superbe, perso je suis très fan de leur Disciple qui n'a pas quitté mon Machinpod depuis sa sortie.

Se renouveler dans ce genre demande un talent énorme...et sans doute du temps. Dommage.
kiks - 06 Avril 2016: Franchement je trouve la note de 11/20 assez sévére !
l'album est trés bien travaillé. Propre,, les riffs sont un peu trop carrés et prévisibles, mais efficace !

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