Steve Stevens fait parti de ces personnes à part, qui vous ensorcellent par leur personnalité et leur talent. Pouvant se vanter d'un parcours riche dans le monde du rock et du hard rock, il a travaillé avec les plus grands et a laissé quelques traces indélébiles dans cet univers musical. Sa collaboration et son amitié depuis toujours avec Billy Idol est certainement la plus connue, mais n'oublions pas ses divers projets auprès de
Steve Lukather,
Adam Bomb, Michael Jackson, Robert Palmer,
Peter Criss, Mike Monroe (au sein de
Jerusalem Slim) et
Vince Neil (sur l'album « Exposed ») pour n'en citer que quelques-uns.
Il est aujourd'hui de retour avec un nouvel album solo : «
Memory Crash ».
Autant le dire de suite, je suis un fan incontestable du gus. Si je l'ai découvert auprès de Billy Idol, je me suis régalé avec ses projets annexes : l'album d'
Atomic Playboys vaut vraiment le détour ; sa contribution au sein de
Jerusalem Slim avait boosté le résultat et dépoussiéré un Mike Monroe qui faisait du sur place et sa fantastique prestation, que dis-je, démonstration, sur l'album « Exposed » de
Vince Neil reste encore extraordinaire et remarquable à ce jour !
- Euh …, bon, mon
Chacal, penses-tu parler de «
Memory Crash » un de ces jours ?
- Ooops, désolé je m'égare encore dans mes souvenirs de jeunesse ...
«
Memory Crash » peut être considéré comme un album instrumental, car seulement 2 titres sont chantés. N'ayez crainte, il ne s'agit pas d'un opus à la
Theodore Ziras ou autre acolyte maniaque du manche et doté de mains possédants 56 doigts incontrôlables se baladant à toute vitesse. Steve est avant tout un rocker. Il reste fidèle à lui même et propose un album hard rock teinté de riff bluesy qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.
Les premières caractéristiques notables sont la puissance et l’énergie que renferme cette galette : des morceaux comme «
Hellcats the highway », «
Memory Crash » ou « Small arms fire » présentent la tendance « heavy metal thunder » de Steve où gros riffs bien gras, quelquefois empruntés à d’autres artistes de la trempe de
Nuno Bettencourt ou
Slash, côtoient des breaks indécents, remplis de solos démoniaques où les passages rapides et mélodiques vivent en parfaite symbiose. Impossible de ne pas noter quelques petits passages aux sonorités Satrianiéne, enrichissant de surcroit la fougue de notre héros. Sa passion pour la guitare acoustique et notamment le côté hispanique est lui aussi bien présent : « Water on ares », le superbe et surprenant « Josephine », les intros de « Small arms fire » ou de « Prime mover » témoignent de son sens accru de la mélodie et restent des moments forts en émotion. Avec « Day of the eagle », Steve, assisté de Dug Pinnick (
King’s X) au chant, part à la rencontre de Jimmy Hendrix et de Stevie Ray Vaughan. Pour ma part, ce morceau est certainement le plus fort de l'album : switch de la Gibson sur les micros graves et c'est parti pour pratiquement 6 minutes de groove intense. La voix chaude de Dug colle au poil et l'ambiance finale psychédélique où notre ami laisse le feeling prendre le dessus est vraiment dantesque... Dernière caractéristique incontournable de notre virtuose : son grain de folie concernant les sonorités étranges : tous les titres sont plus ou moins concernés : samples, sons hyper électroniques et bizarroïdes, effets tout droit sortis de jeux vidéo, … ajoutent du pigment et un côté très moderne au rendu.
Cet album, à l'image de la coupe de cheveux de
Steve Stevens, est un véritable feu d'artifice « guitaristique », ayant la qualité d’être cohérent et représentatif de l’artiste. Mais découvre t-on vraiment quelque chose de nouveau concernant le guitariste ? Non, ou vraiment peu de chose. Les 3 albums cités plus haut, «
Atomic Playboys », «
Jerusalem slim » et « Exposed », contiennent à eux seuls la quasi-totalité des ingrédients proposés sur «
Memory Crash » qui, de ce fait, tout en restant agréable à l’écoute, sent parfois le réchauffé.
Aucun doute que cet album est un sacré album d'un excellent guitariste. Il va certainement étonner et impressionner un certain nombre d'entre vous qui ne connaissent pas vraiment la carrière de
Steve Stevens, mais, pour ce qui est des vieux fans, hormis « Day of the eagle » et ce petit côté Satriani, rien de bien nouveau. Cet album aura bien évidement son heure de gloire sur ma platine, mais de toute évidence ne perdurera pas autant que « Exposed » où le talent de Steve va jusqu'à éclipser la présence de Vince .. si si ...
Superbe chronique !
Ta chronique décrit exactement ce que j'ai ressenti à l'écoute de l'album. J'ajouterais juste à son cursus la phénoménale collaboration avec Bozzio et Levin, des pointures tout de même Black Light Syndrome (1997) / Situation Dangerous (2000)
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire