Memento Mori

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14/20
Nom du groupe Gergovia
Nom de l'album Memento Mori
Type Album
Date de parution 01 Octobre 2008
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Réduit à Néant
 06:43
2.
 Memento Mori
 06:50
3.
 Prosterne-Toi Devant l'Éternel
 06:39
4.
 Bercé d'Éternité
 08:09
5.
 Pareil à la Poussière
 04:37
6.
 Seuls les Cendres Resteront
 08:01
7.
 Quand le Glas Sonne
 04:35

Durée totale : 45:34

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Gergovia


Chronique @ tonio

30 Novembre 2008
Lord Necron, l’Auvergnat possédé et productif, nous revient un an seulement après avoir sorti « Si Vis Pacem Para Bellum ». Son one man band, Gergovia, même s’il possède déjà une cohorte de fans, s’est souvent fait descendre dans les chroniques, beaucoup jugeant son travail brouillon et sans personnalité. C’est donc avec pas mal d’appréhension que je me lance dans l’écoute de Memento Mori...

Comme dans beaucoup de projets solo, la batterie est ici assurée par une boîte à rythme, notre homme se chargeant de tous les autres instruments. Et l’on est obligé de constater que la programmation et la mise en place des morceaux sont des plus corrects, Lord Necron ayant apparemment eu tout le temps de se faire la main sur ses œuvres antérieures. Le son lui même est plutôt réussi, à la fois cru (c’est à dire true) et audible, et donne aux compos l’aura malsaine et glauque propre aux standards du genre (c’est à dire aux groupes black des années 90). La production est donc honnête, la maîtrise instrumentale est réelle et l’esprit black poisseux est fidèlement retranscrit, qu’est ce qui différencie donc « Memento Mori » d’une œuvre majeure du black, dis nous tout Tonio !

Malgré une assurance évidente, cette galette a un gros défaut, et pas des moindres : l’inspiration ! L’inspiration bon diou, l’inspiration ! L’inspiration, cet ingrédient essentiel qui transforme un album fade en un album grandiose... « Memento Mori » c’est un peu comme des coquillettes au jambon sans gruyère, c’est mangeable mais il manque un truc, on est très vite gavé. Pourtant le bougre y met tout son cœur, ça se sent, il fait transparaître par ici des inspirations thrash, par là des inspirations plus heavy, mais l’ensemble manque de coffre à cause, encore une fois, des riffs. Ces foutus riffs, sont chiants ceux-là, toujours eux qui plantent un album. Et oui, car les riffs de Lord Necron sont archi classiques, téléphonés à l‘extrême, ce mélange entre guitares tranchantes et mélodies lancinantes a été visité moult fois.

Les tempo sont souvent moyens ou lents, Gergovia préférant prendre son temps pour installer des ambiances plutôt que de foncer tête baissée. Certaines parties sont fort réussies, tels les riffs thrash de "Prosternes-toi devant l’éternel" et de "Pareil à la poussière" ou les très bonnes mélodies de "Bercé d’éternité" (à 5’20) ou de l’instrumental final "Quand La Glas Sonne", morceau qui semble quasiment inspiré par Maiden. Gergovia est donc partagé entre black primaire cradingue et mélodies lancinantes mais, la faute à un manque d’inspiration qui frise l’auto-parodie, l’album prend l’eau et même s’il n’est pas mauvais, il manque cruellement de panache. Dommage...

Quoi qu’il en soit, cet album a de quoi séduire des amateurs de black métal pas trop portés sur la vitesse et pas trop portés sur l’originalité. Lord Necron est un habile compositeur, mais ne ferrait-il pas mieux de s’entourer d’autres musiciens afin d’élargir son spectre musical ?




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Eternalis - 30 Novembre 2008: Chronique bien sympa et drole (j'aime beaucoup ta comparaison avec les coquillettes au jambon!) et partageant totalement ce que je pense de Gergovia depuis le début.

J'avoue que je m'étais fais chier comme personne en écoutant Declaration de Guerre, sans interêt ni inspiration et avec un son d'une nullité que j'avais rarement entendu (il faut y aller avec le coeur pour sonner comme ça!) et je doute que cela change avec ce nouvel album.

Alors les "true" black metalleux diront que je ne comprends rien mais je trouve qu'il y a dans l'underground des groupes bien supérieurs en terme de noirceur et de misanthropie.
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Chronique @ PiedLeger

27 Mars 2009
One-man-band auvergnat, Gergovia s'est fait connaître autour d'un raw black metal aux influences guerrières et païennes, avec pour particularité de traiter beaucoup de thèmes régionaux : légendes auvergnates, passé celtique... L'unique membre du groupe, Lord Nekron, avait un goût prononcé pour tout ce qui touchait à la guerre, comme on s'en rend compte en écoutant les titres des chansons. C'est notamment le cas sur Si Vis Pacem Para Bellum, avant-dernier album de la formation, avec pas mal de titres bien guerriers. A vrai dire, j'ai trouvé cet album assez moyen : riffs pas toujours catchy, nappes de claviers pas forcément bien placées, quelques bonnes idées (notamment la chanson "bruits de bottes" qui nous jette dans une armée celte en campagne) mais une boîte à rythmes un peu casse-oreilles par moments... Bref, du bon et du mauvais, pas de quoi retenir l'album au milieu de la masse de productions black metal.
Sans changer de genre musical, Gergovia change tout de même de direction dans son dernier album, Memento Mori. Les flamboiements guerriers laissent place à un BM dépressif, aux compos plus longues. Un certain changement qui fait perdre pas mal de choses, mais en donne aussi beaucoup : les claviers mal placés et la B.A.R. clac-clac laissent place à des riffs épurés et glauques. Mine de rien, cet album est le premier du groupe à se distinguer réellement de tous les autres.

Comme son nom le laisse deviner, Gergovia s'est un peu posé depuis le temps. La guerre, succession de compos courtes et ultra-puissantes, au point d'en être parfois assourdissantes, la guerre est terminée. Commence quelque chose de beaucoup plus lent, un espace où les riffs peuvent se développer de manière beaucoup plus longue : l'éternité. Tu n'es rien à côté des multiples entités qui peuplent l'univers, tes quelques coups d'éclat seront oubliés comme s'ils n'avaient jamais été, et tu finiras dans le même tout que le reste, poussière des poussières ! Tel est le message qui pourrait être celui de Memento Mori. L'évolution musicale est nette, tant au niveau du genre que de la qualité. Gergovia semble suivre la même recette que nombre de groupes BM dépressifs (compos longues, riffs allongés, batterie sempiternelle), mais il y a quelque chose en plus.
Les riffs sont plus variés, plus catchy. Ils sont puissants, comme l'Eternel ou l'Univers qu'ils incarnent. Ils donnent une impression d'écrasement. Pourtant, cette musique longue et acérée n'est pas froide. On y retrouve la chaleur des précédents opus de Gergovia. Si, dans les précédents albums, elle était anarchique, mal maîtrisée comme peut l'être une bataille qui tourne à la débâcle, elle trouve ici une place plus importante et plus subtile. Dans l'univers de Gergovia, elle serait plutôt la volonté qui survit aux hommes et les pousse à se battre les uns contre les autres. Il y a, ici et là, des éléments qui viennent mettre l'ambiance : un chant déclamatoire dans "Memento Mori", des solos ébouriffants qui viennent achever un auditeur déjà à moitié entré dans le néant après une longue succession de riffs rapides ou lents, une B.A.R. très bien maîtrisée, des riffs thrash dans "Prosternes-toi devant l'Eternel"...
Gergovia a mûri, sa musique aussi. Si la thématique guerrière semble beaucoup moins présente, voire complètement évacuée, les concepts qui faisaient la spécificité du groupe sont toujours présents d'une manière plus posée. Musicalement, Memento Mori montre qu'on peut suivre de vieilles recettes et en même temps se distinguer de la masse. Les titres contiennent de véritables ambiances, les riffs sont rapides malgré la longueur du tout, donnant une impression de contraste et de rapidité dans la lenteur qui correspond tout à fait au message porté par cet album.

Bonne nouvelle également : Lord Nekron a engagé d'autres musiciens pour des sessions live. Gergovia va devenir un groupe de concerts... Va-t-il reprendre des chansons des premiers albums, avec le côté vert et noir (pour l'herbe et la boue des campagnes antiques) qui va avec, ou rester sur l'aspect posé et en même temps abrasif de Memento Mori ? L'avenir nous le dira. En attendant, voici un bon album, qui montre qu'après plusieurs sorties assez moyennes la formation a enfin su trouver son inspiration et ses capacités.
Que Gergovia fasse ses concerts, avant que l'histoire ne les oublie et que leurs CD se transforment en poussière, comme tous les autres, au fond de nos placards pourris par les siècles et années !

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