Material Control

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Nom du groupe Glassjaw
Nom de l'album Material Control
Type Album
Date de parution 01 Décembre 2017
Labels Century Media
Style MusicalPost Hardcore
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 New White Extremity
 
2.
 Shira
 
3.
 11 Days
 
4.
 Golgotha
 
5.
 Pretty Hell
 
6.
 Bastille Day
 
7.
 Pompeii
 
8.
 Bibleland
 
9.
 Closer
 
10.
 My Conscience Weighs a Ton
 
11.
 Material Control
 
12.
 Cut and Run
 

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Glassjaw


Chronique @ JeanEdernDesecrator

09 Mars 2018

Du talent en pilote automatique

Le talent est un don qui se paie parfois au prix fort, et la carrière d'un groupe prometteur suit rarement une route toute tracée. Depuis la fin des années 90, les américains de Glassjaw sont un des groupes phare du post-hardcore , sans jamais en avoir été la figure de proue. On pourrait dire que c'est un mélange d'At The Drive In et de Deftones. Pas aussi cultes que les premiers, ni aussi bénis par le succès que les seconds, ils ont eu la palme des emmerdes, passant les 15 dernières années ballotés par les ennuis de santé de leur chanteur. Y z'ont qu'a le virer et en prendre un autre , diront certains. Non : Le chant rêveur et écorché de Daryl Palumbo fait tout le sel du groupe, autant qu'un certain Chino. Le guitariste Justin Beck et son jeu impulsif et imprévisible rendent la musique unique et attachante.

Depuis 2002 et l'énorme "Worship and Tribute", seuls deux Ep, les très reussis "Our Color Green" and "Coloring Book", sont sortis en 2011, en lieu et place d'un album promis, mais jamais accouché. Et se sont succédés nombre de bassistes et batteurs, dont un dernier changement en 2015 avec l'arrivée de Travis Sykes et Chad Hasky.

Que réserve ce Material Control ? A l'écoute de "New White Extremity", rien de neuf, fin de la chronique, merci, et bonne bourre. Un bon morceau typique de Glassjaw, qui aurait pu sortir il y a 20 ans, 5 ans, ou dans 15 ans. La recette des New-yorkais est très personnelle et reconnaissable, d'autant plus qu'elle n'a pas changé depuis le siècle dernier. Viennent "Shira" et "Citizen", où ça avance furieusement, poussés par la section rythmique des petits nouveaux qui prend ses responsabilités. Pendant que le guitariste s'écarte dans des digressions schizophrènes, la basse ronde et saturée de Travis Sykes bétonne le riff pour deux. La basse est même un poil devant la guitare dans le mix.

Mais insensiblement, au fur et a mesure des titres suivants, "Golgotha", et surtout "Strange Days", le groupe devient de plus en plus expérimental. Les ambiances sont tordues, surtout au niveau des guitares, des samples, sur un "Golgotha" lourd comme du Neurosis. "Strange Days" la joue presque dub, avec le delay qui fait du ping pong, comme ils ont pu le faire sur les EP en couleurs. Sans perdre de l'intérêt, heureusement.

"Bastille Day" est un instrumental très rythmique, presque tribal : on s'attend presque à voir débouler Maxou do Brazil...

"Pompeï", lui aussi neurosien à souhait, fait écho à "Golgotha", mais à trop forcer sur le coté lourd et dissonant, le groupe a oublié de rajouter du piquant et du relief. "Bibleland 6" est assez pesant aussi, mais dans le style habituel de Glassjaw.

Il a fallu attendre le nerveux "Closer" pour que Glassjaw lâche enfin les chevaux ; au niveau du rythme hardcore, mais aussi au niveau de la conviction dans le chant. En chantonnant le refrain sous ma douche, je me suis aperçu que c'est ce genre de choses qui manque à cet album. Des mélodies évidentes, qui vous rentrent dans la tête et donnent envie de réécouter les chansons. Heureusement , "My Conscience Weighs a Ton", est lui aussi excellent et efficace. Ca fait deux pense-bêtes, allez, trois avec le thème de "Shira".

Parfois on a une idée géniale, le riff qui tue, et qu'on ne peut pas s'empêcher de le resservir dans un instru inutile à la fin de l'album. Sauf que là, ils ont eu l'idée 6 ans plus tard. L'intermède "Material Control", recycle le riff de "Good Junkies Go to Heaven" présent sur l'EP "Our Color Green , et c'était vraiment pas indispensable. Ca donne envie de réécouter l'EP, remarque.

Ce LP attendu depuis tant d'années se conclut sur "Cut and Run", qui ne m'a pas trop convaincu, dispensant la recette éprouvée sans chercher à dépasser son idée de départ.

Les 12 titres défilent assez vite, et Glassjaw évite de lasser en étant concis : La majorité tourne autour des 2 ou 3 minutes. Mais au final, ce nouvel LP me laisse une impression mitigée, sans surprises avec seulement une poignée de morceaux qui valent vraiment le déplacement. En comparaison, les deux EP sortis en 2011 mis bout à bout sont meilleurs à mon goût. Je commence à me demander si je ne vais pas découper un EP dans ce LP pour le rajouter au bout des deux autres...

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