"Réalité masquée", c'est le titre du second album des thrashers Nordistes Français d'
Infinite Translation, adeptes du thrashmetal des années 80, et c'est le moins qu'on puisse dire, le groupe n'avance pas masqué ! On sait à quoi s'attendre, pochette Ed Repka oblige !
Débutant sur une arpège digne des meilleurs albums du style (
Metallica pré-
Justice et consorts), le morceau ouvrant l'album, "Malicious
Mental Oppression", bien carton, qui est très représentatif de l'album, avance également de façon ouverte et sans cache-misère. Du thrash, du thrash et encore du thrash ! Le riff, repris en boucle, entêtant et entraînant, relance la machine et nous assistons, impuissants, à l'alphabet de tout bon album de thrash, récité à l'endroit, à l'envers, un œil fermé, un œil ouvert.
Avec une rythmique très fidèle déjà observée chez les
Nuclear Assault,
Fueled By Fire,
Atrophy,
Gammacide,
Hexen, et autres
Evildead, nos Nordistes (Lambersart, ça ne vous dit rien, demandez à Stéphane Buriez -
Loudblast ?) enchaînent les plans majoritairement up-tempo, sans pour autant dépasser le mur du son, en somme un thrashmetal millésimé 1987-1988. Soit juste avant l'émergence réelle du deathmetal et de ses sous-dérivés plus brutaux.
Entraînant comme aux plus beaux jours de la Bay
Area,
Infinite Translation, bénéficie d'une production old school mais cohérente et précise. Restant fidèle aux standards du genre, le groupe ne pousse jamais le bouchon plus loin, se contentant de reproduire fidèlement les riffs, les thématiques lyriques (folie, uniformisation à outrance), les breaks déjà entendus dans la décennie glorieuse, mais avec talent et spontanéité, tant les "Join The Masses" ou "Killing Solution" sont représentatifs du style.
Backing vocals à gogo, soli intéressants, rythmiques pêchues, breaks nombreux, inspirés, et voix à l'unisson (très John Connelly -
Nuclear Assault), la panoplie est bien présente, parfois avec talent ("I'll love You
Dead", bien bourrine mais ce n'est pas la seule), toujours avec justesse. Le court instrumental de rigueur, placé comme il se doit en avant-dernier morceau (ça ne vous rappelle rien ?), ne sert que d'interlude à un morceau éponyme bien dans l'esprit.
Bien entendu, l'originalité n'est ici pas légion. Egalement, on pourrait trouver à redire au refrain avec l'accent français de "Destined To
Death" (par ailleurs très bonne composition), en axe de progrès réellement palpable.
Toutefois, si les moutons présents sur la pochette ne mangent pas nos Nordistes, on peut leur prédire un avenir au moins aussi radieux que leurs confrères d'
Evile,
Fueled By Fire,
Merciless Death, avec qui le rattachement s'impose, sans avoir à rougir aucunement en terme de qualité. On a même droit aux intros parlées ("
Life Of
Submission" qui donne réellement envie d'headbanger furieusement) qui furent légion dans ces années là. Bref, sans génie, mais avec sincérité, maîtrise et application,
Infinite Translation donne un coup de pied dans la fourmilière et rachète ainsi le manque flagrant de groupes thrash Français typés Bay
Area parus dans les années 87-88. C'est un moindre mal, 25 ans après, et je ne peux qu'encourager Max
Maniac (ben oui, ça s'invente !) et ses compères dans leur démarche.
14/20
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