« L'imagination peint, l'esprit compare, le goût choisit, le talent exécute. »
(Citation du Duc de Lévis, 1808)
Une citation, qui pourrait, très justement, décrire cet album, synonyme d'ingéniosité et de talent. Après deux albums efficaces bien que trop simpliste,
Saratan fait son grand retour en
2012 avec un nouvel opus intitulé "
Martya Xwar". Faute de parcours, il n'aura fallu que deux albums pour que le groupe ressente vraiment les premiers signes de fatigue, l'inspiration manquant cruellement aux albums précédents. Nous nous attendons maintenant à un renouveau de la part du groupe, à défaut de changer complètement leur style, abordé habituellement.
Justement, on me signale d'ores et déjà un grand changement musical. En effet, rien qu'à en voir la pochette, on se demande vraiment s'il on a à faire à du
Saratan. En 2008, nous avions eu le droit à une église et un cimetière.
Plus récemment, en 2010, nous assistions à la terrible crucifixion d'une personne, masqué de son visage. Dans tout les cas, les tons, les contrastes de couleurs et les enluminures ressemblent davantage à un groupe de folk typé oriental. Le diable
Saratan n'est-il pas de passage en orient ?
Le premier titre du disque m'a tout de suite surpris. "Taj-e Sahra" est en fait une intro aux sons fortement inspirées de la culture arabe et plus largement, des pays entourant le golfe persique. En effet, dès les premières notes, l’aspect folk/oriental se fait très vite ressentir. Une piste agréable, délivrant une saveur nouvelle à l’écoute, qui ne peut, que nous rassurer pour la suite. Car le groupe ne se contente pas de produire une musique linéaire et sans ambitions : il innove. Vers le milieu du morceau, une impression de longueur s'installe : cela est dû à la lenteur des sons qui se répètent sans cesse. Enfin, la présence accrue des violons sur cette piste offre une atmosphère dramatique et plutôt inquiétante (surtout dans les 5 dernières secondes du titre).
A peine a t'on le temps de savourer l'écoute du titre d'ouverture, que de gros riffs imposants dominent dès à présent la scène. Des choeurs féminins orientaux viennent s'ajouter au décor. Les éléments se déchaînent et nous rentrons dans le vif du sujet : entre de nombreux riffs progressif à la
Hacktivist et une voix grave et thrashy style
Master, le groupe prend des risques et mélange les influences à son bon vouloir. Le titre s'inscrit également dans un registre parmi les plus épiques qui soit : entre des symphonies arabesques à la
Orphaned Land et des mélodies romanesques qui ne sont pas sans rappeler
Ex Deo : autant dire que le groupe est une sorte de fourre-tout dans les bons sens du terme. Un changement brutal s'opère à 03:05 puisque la rythmique du morceau est totalement coupé, laissant place à un chant orienté Black. Nous y voilà. "
Verminous Disease". Tel un guerrier criant à l'agonie, Jarek Niemiec pousse ses cordes vocales, allant jusqu'à hurler au déclin de l'humanité. On ressent un chant destructeur et plein de rage. Le morceau offre des sons lourds et puissants, avec un chant d'autant plus obscur. Néanmoins, les mélodies sont moins présentes, privilégiant l'aspect vocal. Paradoxalement, vers le milieu du titre, certains passages penchent vers un heavy plutôt mélodique.
On ne peut que constater le talent de l'artiste à la maîtrise d'univers musicaux différents. Par ailleurs, "
Ba'al Zevuv" laisse apparaître de nouvelles influences. On découvre un instrumental beaucoup plus sombre, notamment au niveau des orchestrations et des mélodies. Celle-ci se tournant davantage vers une musique typé Black Symphonique. Si par moment, les riffs paraissent redondants, il n'en reste pas moins que de somptueux passages embellissent le morceau. C'est justement le cas à 03:17 où de nombreux éléments symphoniques viennent s'ajouter à un chant Black Thrash, déjà fortement présent. Pour les amateurs de riffs ravageurs, brutal et accélérés : "The Sacred
Path of
Martya Xwar" saura, je l'espère, vous convaincre. Ces mêmes riffs étant empruntés au Speed
Metal. On retrouve également la présence d'instruments traditionnels, folkloriques & orientaux. D'un autre niveau, la très efficace "
God That Disappears" se révèle être un titre thrash ultra mécanisé, aux ambiances apocalyptiques, offrant parfois, les mêmes sons que
Sybreed.
Le chant poignant de "Jarek Niemiec" donne du sens aux mots et renforce la puissance des textes. Ne serait-ce que pour nous impressionner, la bande à Jarek Niemiec nous a déjà beaucoup offert, rien qu'avec huit morceaux. Mais qu'en est-il de la musique, est-elle vraiment à la hauteur de nos espèrances ? En effet, elle surpasse les deux albums précédents, offrant une seconde jeunesse au groupe. Force est de constater, que le triplet est au meilleur de sa forme, à son apogée. Également apte à mélanger un panel de genres différents, les polonais de
Saratan n'ont pas finis de nous émerveiller. Nous attendons impatiemment la sortie d'un prochain album : il faudra redoubler d'efforts pour égaler ce "
Martya Xwar". L'avenir glorieux de ce jeune groupe polonais est d'ores et déjà, entièrement tracé.
Un album à la fois complet et original, où s'entremêlent de multiples influences !
Maintenant il faut sans doute que mon oreille s'habitue un peu !
A réécouter donc, en attendant merci pour cette très bonne chro !
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire