Mantos Purpúreos

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15/20
Nom du groupe Aggelos
Nom de l'album Mantos Purpúreos
Type Album
Date de parution 2011
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Mantos Purpúreos
Ecouter04:05
2.
 Sin Guía
Ecouter05:18
3.
 Dormitar
Ecouter06:39
4.
 Labbi Reatum
Ecouter10:17
5.
 Victimas
Ecouter04:58
6.
 Lamento de una Noche
Ecouter05:53
7.
 Psychodelia
Ecouter04:25
8.
 Muriendo
Ecouter06:59
9.
 Cruel Silencio
Ecouter07:13

Durée totale : 55:47

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Aggelos



Chronique @ ericb4

21 Novembre 2017

Un magmatique, sulfureux, mais fragile effort...

Dans un univers metal symphonique gothique latino-américain de plus en plus couru, certains groupes à chant féminin se sont laissés le temps de faire évoluer leur art, plus soucieux de peaufiner leurs gammes et leurs arpèges que de se placer coûte que coûte sous les feux de la rampe. Et cet expérimenté mais discret sextet colombien originaire de Medellin est de ceux-là. Cofondé en 2002 par la contralto Lady Diana Miranda et la guitariste et chanteuse Natalia Soto, le combo a sculpté pierre par pierre son projet pour nous adresser, neuf ans plus tard, un message musical aussi énergisant que chatoyant, un brin énigmatique, avec une touche latina en substance. Dans ce dessein, le collectif a compté sur les talents de Jonathan Rueda (claviers et guitares), Juan Esteban Londono (growls et screams), Johana Gallego (batterie) et Carolina Giraldo Sanchez (basse et chant) aux côtés des deux chefs de file de la bande.

Ce faisant, la troupe n'en est pas à son coup d'essai, comptant déjà à son actif une démo éponyme réalisée en 2006 et le single « Cruel Silencio », sorti 3 ans plus tard, figurant en outro du présent opus. Ainsi, le groupe s'est octroyé deux ans d'un travail minutieux en studio, le temps d'asseoir ses accords, de fluidifier ses lignes mélodiques, d'affiner le trait de sa plume et ses arrangements. Il nous immerge alors dans un registre metal symphonique gothique, progressif et folk aux influences aussi diverses que Tristania, Theatre Of Tragedy, Anabanta, The Sins And Thy Beloved et Eluveitie. Impression que laisse transparaître ce présent et premier album full length « Mantos Purpúreos » sorti chez Eternal Records ; production soignée de 9 titres aux paroles intégralement rédigées en espagnol, égrainés sur un parcours auditif de 55 minutes, ayant fait l'objet d'une version colombienne en édition limitée et d'une réédition cinq ans plus tard. Signe manifeste d'une volonté de donner un second souffle à une œuvre symbolisant 10 ans d'expérience d'un groupe alors probablement promis à un avenir au long cours sur la scène nationale, voire continentale.

Là où nos acolytes nous livrent leurs plus séduisants atours concernent les passages estampés symphonique gothique et progressif. Ainsi, on ne résistera pas longtemps aux ondes vibratoires respectives de « Cruel Silencio » et « Sin Guía » ; brûlants mid tempi aux accents latino, octroyant de saisissants jeux de contrastes vocaux entre les chaudes patines de la belle et les growls glaçants de son comparse, à la manière de Tristania. On ne restera de marbre ni à l'abord d'un refrain immersif à souhait, ni face aux insoupçonnées montées en puissance du corps orchestral de ces deux ogives. Pour sa part, dans la lignée de Theatre Of Tragedy, avec un zeste d'Anabanta, on retiendra l'entraînant « Lamento de una Noche » tant pour ses gammes à la guitare acoustique que pour ses riffs crochetés ou encore son grisant refrain. Sans oublier les ondulations des célestes volutes de la contralto qu'on ne lâchera pas d'un iota. Plus encore, on restera scotché tant par l'introductif et conclusif piano/voix que par les jeux d'ombre et de lumière vocaux et rythmiques de l'opulent « Muriendo ». Lorsque s'adjoignent un fin legato à la guitare, une seconde voix féminine et une soudaine gradation du convoi instrumental, le spectacle devient saisissant.

Par ailleurs, le collectif colombien a flirté avec le folk, imprimant à son metal gothique originel une saveur particulière, propice à l'enivrement de nos sens. Ainsi, cultivant le mystère tout le long à l'image de son ambiance gorgonesque, l'orientalisant et progressif « Mantos Purpúreos » ne tarde pas à nous interpeller. Dans l'ombre de The Sins And Thy Beloved, avec une touche folk d'Eluveitie, le propos nous attire par ses incantations en voix mixtes, ses riffs roulants et ses ensorcelants sons de sitar.

Lorsqu'il touche aux moments intimistes, s'il ne parvient pas forcément à l'inconditionnel déclenchement de l'émotion, le groupe n'a manqué ni d'originalité, ni de profondeur d'âme. Ainsi, l'apaisant « Dormitar » octroie de subtiles variations atmosphériques et vocales et moult combinaisons de notes peu convenues pour tenter de nous rallier à sa cause. Ce faisant, on appréciera les fines et angéliques gradations de la maîtresse de cérémonie, un peu moins le cheminement mélodique, en proie à quelques linéarités, et les harmoniques, accusant, quant à elles, une gênante répétibilité. Concédant une longue mise en route, le tamisé et mélancolique « Victimas », pour sa part, n'en demeure pas moins séduisant, voire frissonnant. Sous l'impact des hypnotiques envolées lyriques de la maîtresse de cérémonie, alors rejointe par Carolina, cette composition a-rythmique évolue sur de soyeuses nappes synthétiques. Affecté par la complexité de ses accords, l'instant privilégié témoigne lui aussi de peu d'oscillations mélodiques, qui ne sont pas sans rapport avec la gravité de la thématique.

Pour compléter leur offre, nos six gladiateurs ont concocté une plantureuse offrande, exercice classique du genre. Fresque incontestée de l'opus dans le sillage conjoint d'Anabanta et Theatre Of Tragedy, le mid tempo symphonique « Labu Reatum » en est une illustration. Cette piste déploie fièrement ses 10 minutes d'un spectacle à la fois épique, opératique et romantique, où les roulements de tambour ont pour corollaire de sensibles arpèges au piano et un sirénien duo féminin en voix claires entre Miranda et Carolina. Duo au sein duquel vient s'insérer un ombrageux growler, qui ne s'imposait pas réellement. Si le parcours mélodique reste agréable à défaut d'être imparable, il laisse échapper d'ennuyeux espaces de remplissage, et l'émotion au bout du compte en fait les frais. Un tableau en demi-teinte, en somme. Mais le bémol de l'opus est à chercher ailleurs.

Ainsi, on ne s'appesantira pas sur le polyrythmique et ''draconien'' « Psychodelia », titre ombrageux disséminant ses riffs en tirs en rafale dans une tourmente où évolue un duo mixte en voix de contrastes. Malgré des arrangements de bon aloi, l'abyssal manifeste témoigne de peu de cohérence harmonique et souvent son insécurisante et imprécise sente mélodique nous égare. Dans de telles conditions, pas sûr qu'on y revienne un jour.

A la lumière de cette livraison, le sextet colombien affirme une personnalité artistique forte et surprend par sa faculté à diversifier ses ambiances, varier ses contrastes rythmiques et vocaux et panacher ses exercices de style. De plus, un potentiel logistique et technique se dessine déjà et son inspiration harmonique n'accuse que de rares baisses de régime. Cela étant, l'avenante mélodicité d'ensemble, en l'absence de rayonnement, laisse augurer une belle marge de manœuvre pour un groupe qui en a encore sous le pied. C'est dire que l'on effeuille une œuvre subtile, à la fois magmatique et romantique, mais laissant entrevoir quelques fêlures l'empêchant de se hisser parmi les incontournables du genre. Cependant, l'amateur de leurs sources d'inspiration et qu'une touche latina sensibilise pourrait y trouver matière à satisfaire quelques exigences. Affaire à suivre, donc...


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