Encore un énième groupe de metal symphonique à chant féminin, sans doute voué comme tant ses pairs à une disparition prématurée des tabloïds, me direz-vous, et vous auriez probablement raison... à quelques nuances près toutefois ! Né en 2022 d'une idée originale de son père fondateur, le compositeur, pluri-instrumentiste et vocaliste belge Nikolaas Van Riet,
Malevolent se distingue cependant de nombre de ses homologues par une heureuse fusion de styles, le duo faisant alors cohabiter un metal symphonique gothique traditionnel avec une touche de modernité, de power mélodique et de fringantes sonorités cinématiques. Dans ce dessein, le maître d'œuvre a sollicité tant la claire et puissante empreinte vocale et la solide expérience que la fibre celtique de la chanteuse espagnole Celica Soldream. Ce faisant, les armes dont disposent nos valeureux gladiateurs seront-elles suffisamment efficaces pour espérer dores et déjà jouer les épouvantails dans cette arène surinvestie en formations de tous poils, dont de jeunes loups aux dents longues ?
Déterminé à en découdre mais conscient des risques courus à se lancer tête baissée dans la bataille, le combo est resté prudent dans sa démarche. En effet, ce n'est qu'un an après sa sortie de terre qu'il réalisera ses deux premiers singles («
Gaze » et «
Ways »), soit deux des quatre pistes de leur initial et présent EP éponyme, signé chez Necktwister Records quelques semaines plus tard. De cette étroite collaboration émane un propos à la fois pulsionnel, rayonnant et enivrant, où les sources d'influence seraient à chercher du côté de
Xandria,
Delain,
Ancient Bards et
Sirenia, la touche personnelle en prime. Pour l'occasion ont été sollicités des musiciens aguerris, dont le batteur Koen
Herfst (HDK,
Vandenberg,
Cypher, guest chez Dianne, Revamp...), le guitariste Jan Verschueren (Hangärhead, feu-
Excess Of Cruelty...), sans oublier les growls caverneux et aisément identifiables de Mark Jansen (
Epica,
Mayan, guest chez
Dark Sarah,
Diabulus In Musica...). Excusez du peu ! Coproduites par Nikolaas et un certain Joost van den Broek (
After Forever,
Ayreon,
Epica,
Mayan,
Stream Of Passion,
Xandria...), les 19 minutes de l'opus n'accusent pas l'once d'une sonorité résiduelle. Mais suivons plutôt nos hôtes dans leurs pérégrinations...
C'est cheveux au vent, suivant d'enchanteurs alizés et sur une cadence effrénée que s'effectue l'essentiel de la traversée, nos compères trouvant alors sans mal les clés pour nous rallier à leur cause. Ce qu'atteste, d'une part, «
Ways », mid/up tempo power symphonique et cinématique dans le sillage coalisé de
Xandria et
Ancient Bards ; doté de riffs acérés et de couplets finement ciselés, relayés chacun d'un refrain immersif à souhait mis en exergue par les angéliques oscillations de la sirène, le ''tubesque'' méfait ne lâchera pas sa proie d'un iota. Et ce ne sont ni le fin legato dispensé ni la qualité de ses arrangements instrumentaux qui nous débouteront de l'entraînante offrande, tant s'en faut. Dans cette mouvance, on ne saurait davantage éluder le sémillant et ''delainien'' «
Gaze » au regard de l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre. Nous gratifiant parallèlement d'une fulgurante montée en régime de son corps orchestral et enrichi de chœurs judicieusement positionnés, alors venus escorter une interprète bien habitée, ce hit en puissance ne se quittera qu'à regret.
Moins investis d'une touche power, d'autres espaces d'expression pourront, à leur tour, se jouer de toute tentative de résistance à leur assimilation. A commencer par « Light », engageant mid tempo symphonico-progressif et syncopé à la confluence de
Sirenia et
Delain ; aussi se voit-on immergé au sein d'un seyant paysage de notes sur lequel se greffent les poignantes volutes de la belle, que viennent rejoindre les growls glaçants de Nikolaas à mi-morceau. Instillé d'un fringant solo de guitare, d'insoupçonnés et grisants changements de tonalité et témoignant d'enchaînements intra piste ultra sécurisés, nombreuses sont les armes permettant à ce passage d'asseoir sa défense. Mais ce serait l'épique «
Creations » qui, à la lecture d'une sente mélodique travaillée en profondeur et des plus enveloppantes, détiendrait la palme ; laissant entrevoir les growls ombrageux, un poil rageurs, de Mark Jansen, et recelant un refrain catchy mis en habits de soie par les poignantes notes en voix de tête de la maîtresse de cérémonie, le solaire manifeste poussera assurément à une remise du couvert sitôt sa note ultime envolée. Peut-être bien la pépite de la menue rondelle.
A la lecture d'un set de compositions aussi solaire que fortement chargé en émotion, force est d'observer que nos compères se sont révélés aptes à maintenir l'attention constante de votre humble serviteur de bout en bout de la rondelle. Pour se sustenter, d'aucuns auraient peut-être requis un propos plus varié sur les plans atmosphérique et rythmique, des exercices de style moins redondants qu'ils ne se révèlent ainsi que l'une ou l'autre prise de risque consentie par le combo. Faisant néanmoins montre d'une technicité instrumentale et oratoire difficile à prendre en défaut, d'une ingénierie du son de bon aloi et d'une originale fusion de styles, la menue rondelle serait dores et déjà à considérer telle une belle carte à jouer par l'inspiré combo pour espérer le voir s'imposer parmi les sérieux espoirs de ce registre metal. Bref, un premier élan à la fois dynamique et envoûtant, un tantinet stéréotypé, préambule probable d'une histoire au long cours pour nos hôtes. L'avenir seul nous le dira...
J'ai bien aimé l'utilisation d'accords bizarres, alors que le chant est un peu celui d'une conteuse. Merci pour ta chronique !
Merci pour ton retour! En effet, en dépit de quelques redondances, le propos peut néanmoins surprendre, pour finalement nous embarquer dans la tourmente. Dans l'attente d'un album full length...
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