Love

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17/20
Nom du groupe The Cult
Nom de l'album Love
Type Album
Date de parution 1985
Labels Sire Records
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album103

Tracklist

1. Nirvana 05:27
2. Big Neon Glitter 04:52
3. Love 05:30
4. Brother Wolf, Sister Moon 06:47
5. Rain 03:57
6. The Phoenix 05:07
7. Hollow Man 04:46
8. Revolution 05:27
9. She Sells Sanctuary 04:23
10. Black Angel 05:32
Total playing time 51:48

Chronique @ adrien86fr

15 Décembre 2010

Psychédélique et sensuel...

Certains groupes ont vécu plusieurs vies dans l’histoire fascinante qu’est celle de la déesse rock n’ roll. C’est le cas du combo britannique The Cult qui avant d’être le groupe de hard rock des albums à succès « Electric » et « Sonic Temple » fut une entité d’obédience gothique empreinte d’un mysticisme et d’une aura spirituelle que seuls certains groupes british tels que les immuables Sisters of Mercy et Fields of the Nephilim savaient dégager de façon naturelle et spontanée. The Cult se forme en janvier 1984 à Bradford sur les cendres de Southern Death Cult par le charismatique Ian Astbury et le guitariste et ex collègue de Morrissey dans The Nosebleeds Billy Duffy avec l’ambitieuse volonté de marier la grande tradition rock des 70’s à l’esthétisme post-punk alors on ne peut plus en vogue outre-manche à cette époque.

Fruit de cette velléité originale n’étant pas sans présager l’ombre d’un grand album, « Love » sort le 18 octobre 1985 sur le label londonien Beggars Banquet Records. La pochette de l’album ornée de dix symboles ésotériques sur fond noir se veut représentative de la personnalité de ce « Love » qui s’avérera être un voyage psychédélique vers les cimes de la spiritualité humaine et de l’irrationnel en général, le tout dans une ambiance sombre mais paradoxalement illuminée. Car en effet, ce « Love » n’est pas un album comme les autres mais constitue ce genre d’œuvre singulière qui crée de façon inexplicable un véritable univers visuel, sonore et spirituel dans l’esprit de qui s’y aventure, le marquant ainsi à jamais.

« I float through day and nite life most of the time… ». C’est sur ces paroles que commence le morceau « Nirvana » qui lyriquement parlant assoit l’identité psychédélique de l’album et plus largement le concept spirituel d’un The Cult à mille lieux du futur hard rock relativement simpliste d’un « Electric » qui paraitra deux ans plus tard. Ian Astbury et ses disciples offrent à l’auditeur une musique des plus complexes non pas d’un point de vue technique, mais relativement difficile à appréhender de par les multiples émotions qu’elle a le pouvoir et la magie de provoquer dans le fort intérieur d’un auditeur hypnotisé par la rare beauté qui s’en dégage. Alchimie du corps et de l’esprit ; à la fois chargé d’une énergie sexuelle à l’inStar de la musique des Doors du poète maudit Jim Morrison et d’un mysticisme propres aux groupes de rock psychédéliques des 60’s tels que les légendaires Byrds, Iron Butterfly et autres Grateful Dead ; « Love » s’avère être aussi animé d’une violence musicale relative traduisant l’indéniable influence des groupes de rock lourd de la décennie 70 tels que Blue Oyster Cult et Led Zeppelin sur la musique du combo de Bradford. Marqués par un esthétisme sonore halluciné et non moins hallucinant, des titres tels que les indescriptibles « Big Neon Glitter », « Brother Wolf, Sister Moon » et autres « She Sells Sanctuary » cristallisent le temps qui passe et transportent l’auditeur dans un monde chargé de vibrations positives qui ne font que grandir son âme et sublimer sa dimension spirituelle.

Ainsi, « Love » pourrait posséder cette fonction thérapeutique qui inexplicablement, procure à celui qui s’y engouffre une sensation de plaisir et d’épanouissement unique. Réalité rationnelle ou simple conviction personnelle et subjective ? Cette œuvre à la fois ténébreuse et scintillante tel un tapis de neige sous un soleil d’hiver aura un impact différent selon la sensibilité de chacun, mais toujours est il que cet opus d’une richesse indéfinissable ne peut laisser insensible, tant le feeling qui en ressort y est empreint d’une intensité sans pareil. Symbole de son identité pluridimensionnelle, « Love » comporte aussi son lot de titres plus terre à terre que le reste dirons nous, qui loin d’affecter le haut niveau qualitatif de l’album ponctue ce dernier d’excursions plus légères et nonchalantes, ramenant ainsi l’auditeur dans sa réalité de tous les jours à l’image des « Rain », « Hollow Man » et autres « Revolution ». Cet album immatériel qui semble laisser tous les superlatifs derrière lui et élever l’âme de l’auditeur le temps de ses dix titres n’occulte cependant pas une dimension musicale intrinsèque intéressante comme l’illustre entre autres la prestation guitaristique remarquablement bien inspirée d’un Billy Duffy semble t-il possédé par l’esprit de Jimi Hendrix sur le transcendant « Phoenix » notamment.

« All this while the storm it rages on, sail on to the eternal reward »; telles sont les ultimes incantations mystiques d’un Ian Astbury on ne peut plus charismatique sur la très belle et mélancolique « Black Angel » qui clôture solennellement ce chef d’œuvre que constitue ce magnifique album « Love ». Effectivement, ce disque aura de grandes chances de bouleverser l’auditeur tel une tempête et permettra à ses auteurs de rentrer dans la Légende du Rock n’ Roll et récompense ultime pour un artiste ; de toucher à jamais des âmes au plus profond d’elles mêmes. Beau, hypnotique, extraordinaire, inclassable… « Love » de The Cult.

11 Commentaires

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adrien86fr - 27 Décembre 2010: Excellent ! Perso, "Love" est le genre d'album que plus j'écoute, et plus j'apprécie. Je n'accroche pas à Dreamtime, et je trouve Ceremony sympa dans l'esprit mais sans plus. Sur cette galette, Heart of Soul ressemble étrangement à It's Over Now de L.A. Guns paru la même année.. Qui à pompé qui ? mdr
ZazPanzer - 12 Fevrier 2011: C'est noté H.Shout. Tu en penses quoi de celui là Adrien si tu l'as ?

Tiens sinon ta dernière remarque sur L.A. Guns me fait penser qu'en préparant la chronique du 1er Love/Hate, j'ai viré quelques anecdotes pour raccourcir, mais celle là est poilante : quand Love est sorti, Data Clan qui s'apprêtait à devenir Love/Hate avec l'arrivée de Jizzy, est devenu dingue avec cet album, le passait en boucle en essayant de composer de la même façon et Jizzy Pearl avait adopté un faux accent anglais qu'il gardait en permanence même dans la rue pour se la jouer Lord Astbury...
Je commence à bien connaître Love, et il est vraiment énorme.
adrien86fr - 12 Fevrier 2011: Je ne connais pas "The Cult". Il s'agit effectivement d'un album très intimiste et personnel, je pense que je me metterai dedans quand mon humeur me le réclamera.

Jizzy Pearl est en effet très dandy, voir maniéré comme frontman, et semble vraiment vouloir cultiver son background européen. Très mystique comme personnage, à l'image de sa crucifixion sur le Y de Hollywood dont tu avais parlé dans un commentaire. A ce titre, aux concerts de PBF/L.A. Guns; le contraste entre sa personnalité et celle de Steve Sex Summers; le bon californien de base accroc au Coca Cola et qui porte une paire de Oakley 360 jours sur 365, m'avait particulièrement marqué; genre L.A. Guns était le groupe spirituel, mystique; alors que PBF était le groupe superficiel, se complaisant dans l'auto-parodie.
Silent_Flight - 28 Fevrier 2011: J'ai un faible pour celui-ci, post-punk oblige, il y'a une grosse influence U2 (les premiers U2 sont supers, rien à avoir avec la période 1991-aujourd'hui), et Duffy était un sacré guitar hero du genre, le Hendrix de la new-wave (encore plus fort que The Edge, nan?!)
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