Dans les tréfonds les plus délaissés de nos esprits, dorment, tapis sous de vieux souvenirs poussiéreux, les réminiscences presque oubliées d'émois ressentis en de lointains autrefois. Ils suffit alors d'un seul mots, d'une seule pensée fugace ou d'une seule note, pour éveiller en nous cette mémoire assoupis. Ainsi renaissent certaines œuvres ignorées et certains groupes méconnus.
Chroming Rose, groupe allemand formé au cœur de ces années 80, demeure, aujourd'hui encore, l'un des plus oublié de cette nouvelle génération enfanté par
Helloween. Le premier album de cette "rose chromée",
Louis XIV sort en 1991.
Musicalement, ce
Louis XIV ne peut nier, dès les premières envolés des couplets et des refrains d'un prompt
Power and
Glory, le fort lien de parenté que cette expression artistique entretient avec la scène Heavy Speed germanique. Il y a, en effet, une familiarité évidente qui lie ce plaidoyer aux travaux de Kai Hansen et de ses comparses. D'ailleurs les chants de ce premier effort, tout en étant d'inspiration assez diverses, sont tout de même très symptomatique de ce genre de musique energique, rapide et, essentiellement, allemande.
Cependant, en une volonté honnête, il nous faudra dire aussi que ces influences vocales ne découlent pas simplement de l'inspiration des plus illustres saxons de l'époque. Nous pourrions ainsi définir ces influences vocales, certes sommairement mais assez justement tout de même, comme le mélange improbable des travaux de jeunesse de Kai Hansen (
Helloween,
Gamma Ray), de ceux de Tony Mills (
Siam,
TNT), de ceux de Tony Moore lorsque celui-ci officiait au sein de
Riot et de ceux de Tony Harnell alors que ce dernier vociférait de cette voix si immature et si écorché sur un Knights of the New
Thunder (1984) Heavy
Metal, loin des contrées clairement plus doucereuses que lui et ses comparses de
TNT empruntèrent plus tard.
Le résultat, que nous offre ce
Louis XIV, est donc clairement influencé par la musique Heavy Speed de l'époque, celle-là même qui bientôt deviendra
Power Metal. On y retrouve en effet une certaine fougue primale, dans laquelle la spontanéité demeure cruciale, allié à une musicalité assez particulière dans laquelle la simplicité prime. Un mélange qui ne séduit plus guères aujourd'hui, exception faites des nostalgiques qui, quant à eux, regrettent amèrement le temps bénis des Keepers of the
Seventh Keys d'
Helloween ou, par exemple, des Thundersteel de
Riot. Tant et si bien qu'il faudra se parer d'aprioris bienveillants, empreint de nostalgie, pour être convaincu par les véloces ardeurs de titres rapides telles que les pourtant remarquables
Power and
Glory,
Pharao,
Louis XIV ou Gods of Noise.
Il est intéressant de noter aussi, qu'en des contrées moins véloces, le groupe semble moins gauche. Il y trouve, en effet, un semblant de personnalité moins inspiré par d'autre (le très bon Right to
Die, par exemple).
Certains pourront s'offusquer d'un certain conformisme développé par cette œuvre. A cette critique, pas totalement injustifié, répondant sincèrement et tentons de remettre cet album en perspective en tachant de ne pas oublier pas qu'il est sortis en 1991 et que, dès lors, s'il peut être accusé de similarités influencés par certains qui l'ont précédés, il ne pourra, en aucun cas, être victime du conformisme enfanté par tous ceux qui le suivirent.
Malgré cela, très objectivement, on ne peut nier que si l'on dépoussière l'opus de cette nostalgie qui le recouvre, il ne restera, pour les incurables adeptes de nouveautés et de révolutions perpétuelles, qu'un album délicieusement désuet de Heavy Speed d'obédience germaine flagrante, certes assez attachant mais, sommes toutes, assez secondaire. L'œuvre mineure ne sera devenu, à dire vrai, légendaire que par la force d'un destin capricieux qui la rendit quasiment introuvable et ce quelques années seulement après sa sortie.
Louis XIV est donc un premier album assez réussi mais qui ne pourra, malheureusement, pas égaler l'excellence d'autres de la même mouvance. Il demeure toutefois plaisant et, pour peu que l'auditeur se laisse bercer par les mélopée de cette délicieuse nostalgie, tout à fait appréciable.
He is the pharaooooohhhh ! Je sens que je vais le sortir ce soir !
Merci pour ton commentaire avisé.
Merci donc pour la découverte d'autant plus que le titre posté en bas de ta chronique me plait bien. Marrant qu'il date de 1990, j'aurai pensé à bien antérieur.
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