Lost in the Light

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
14/20
Nom du groupe Winter's End
Nom de l'album Lost in the Light
Type EP
Date de parution 31 Janvier 2016
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Winter's End
Ecouter04:04
2.
 Loathe
Ecouter04:40
3.
 Equinox
Ecouter04:02
4.
 Elysium
Ecouter04:18
5.
 Only through Darkness
Ecouter05:01

Durée totale : 22:05

Acheter cet album

Winter's End



Chronique @ ericb4

26 Fevrier 2016

Quelques jalons sont déjà posés à l'aune de cette œuvre fraîche et émoustillante...

Encore un énième nouveau venu dans l'antre metal symphonique à chant féminin, me direz-vous, et vous auriez raison. Seulement, Winter's End affiche sans complexes sa fraîcheur et surtout une once de talent que l'on voit poindre à l'aune de ses toutes premières gammes. C'est sur les traces de groupes majeurs, Nightwish, Imperia, Xandria ou Epica en tête, que marche le jeune quintet bostonnien. Et ce, à l'instar d'un initiatique « Lost in the Light », menue rondelle auto-produite de cinq titres de succédant sur un sémillant ruban auditif de vingt-deux minutes tout au plus. Une laconique entrée en matière, certes, mais un fringant programme non sans pep, ni quelques surprises, pour solde de tout compte attend l'amateur d'un genre devenu pléthorique en offres de tous poils...

Dans l'ombre, la valeureuse troupe a concocté ses actes avec minutie eu égard à un travail en studio des plus rigoureux, collectivement soudé et déjà teinté d'une étonnante dose de professionnalisme, même si quelques petits défauts touchant aux finitions et aux enchaînements émaillent cette œuvre metal symphonique épique et romantique. Dans la lumière, elle déploie d'engageantes et inspirées compositions, signées Ryan Johnson (claviers et programmation). Ces dernières témoignent à la fois d'une grisante dynamique et d'une chatoyante empreinte mélodique, accolées à des paroles aux textes finement écrits, pour l'essentiel par Ryan, et parfaitement restituées par la soprano Jessica Frost*****. Pour compléter le dispositif orchestral, ont également été sollicités Zachari Bergeron (guitares), Devin Fauteux (basse et chant) et Aris Mavrides (batterie), musiciens à la technicité éprouvée et à la distribution efficace mais insuffisamment mis en valeur par le mixage par rapport aux lignes vocales. Mais entrons sans plus attendre dans la goélette en quête de quelque éventuel trésor.

Là où le combo américain impressionne c'est dans sa capacité à distiller une dense énergie percussive, souvent dans l'ombre de ses sources d'influence, tout en conservant le cap dans le secteur des harmoniques. Ainsi, des nappes synthétiques enveloppantes et omniprésentes nous immergent au coeur d'un paysage de notes épique sur l'éponyme « Winter's End », souriant titre heavy symphonique inspiré par les harmoniques de Delain, tout en étant calé dans les méandres atmosphériques de Nightwish, avec une rythmique et un riffing apparentés à Epica. Des couplets savamment sculptés nous enserrent le tympan, les refrains se chargeant de nous faire plier l'échine, dans l'esprit de Blackmore's Night. Dommage cependant que les claviers soient si prégnants, murant le reste de l'orchestration en toile de fond, n'autorisant pas une profondeur de champ acoustique suffisante, pourtant requise dans cet exercice, pour asseoir plus confortablement le pavillon sur le chemin harmonique proposé. On regrettera aussi que la clôture de l'acte soit aussi radicale. Dans cette mouvance, un doucereux piano/voix nous plonge dans l'envoûtante et chevaleresque atmosphère de « Equinox », titre frondeur et massif à la rythmique plombante un poil syncopée et aux riffs acérés, dans la lignée d'Imperia, avec un zeste d'Arven dans l'assise oratoire. Les arrangements distillés sur cette plage éminemment mélodieuse sont de bonne facture, permettant une libre circulation des angéliques volutes de la déesse, élevant d'un cran son timbre, nous éclaboussant alors littéralement le tympan de ses fines modulations à l'abord des refrains. Et la magie opère, sans même avoir à forcer le trait.

Lorsqu'il resserre encore d'un cran sa rythmique, qu'il aiguise ses riffs, le collectif ricain offre un offensif et émoustillant paysage de notes, luxuriant par moments, accolé à une cohésion groupale instinctive, pour quelques passages hauts en couleurs. Ainsi, une introduction aux célestes vocalises nous parvient sur l'entraînant « Loathe », à la lumière d'aériennes impulsions dispensées par la sirène, avec de faux airs de Simone Simons (Epica) en voix de gorge. En outre, on découvre une piste power symphonique aux riffs musclés et à la rythmique enjouée qui nous conduit sous les meilleurs auspices à l'abord de ses couplets, dans la veine d'Epica, et à des refrains du plus bel effet, dans le sillage de Xandria, seconde période. D'inattendues variations de tonalité s'infiltrent alors pour mieux faire ouïr un joli solo de guitare signé Zachari, sur un bref mais convaincant pont technico-mélodique que relayent les lumineuses envolées de la soprano, pour une délicieuse embardée sous-tendue par un tapping en faction. Pénétrant instant aux accords convenus mais ultra efficaces qu'on entonnerait à tue-tête. Mais, on aurait laissé le meilleur pour la fin, à l'aune de l'outro de l'opus. Aussi, un puissant, majestueux et enchanteur « Only through Darkness », d'obédience power sympho mélodique, s'abat sur nous, dans la veine de Nightwish, et nous cueille aisément sur les refrains, catchy à souhait. Un sur-mixage des lignes de chant a cependant tendance à masquer une instrumentation qui, au demeurant, ne tarit ni d'efforts, ni d'emphase pour faire claironner ses invitantes séries d'accords ainsi qu'un petit mais savoureux solo de guitare. Un changement d'octave, suivi de lyriques patines de la maîtresse de cérémonie, s'adjoignent à cette pièce épique au tracé mélodique aussi travaillé que captateur de nos émotions. Dans ce serein climat, tenter de résister à la volupté de l'instant présent serait une entreprise bien vaine...

Pour varier ses ambiances, la troupe a également opté pour un regard plus ambigu, sur une piste au doux parfum de mystère. Etrange climat crépusculaire octroyé par « Elysium », mid tempo symphonique gothique où crissent de lugubres riffs et où la sombre section rythmique se charge progressivement, l'orchestration samplée s'épaississant alors tel un inquiétant nuage de fumée. Une lead guitare au picking alerte émerge de la torpeur de ce climat gorgonesque, contrastant avec les inflexions toujours aussi claires et délicates de la belle qu'une bête furtive vient rejoindre par moments. Si le cheminement mélodique y perd en luminosité, il n'en demeure pas moins fort nuancé et apte à susciter l'adhésion.

On ressort de l'écoute de cette brève mais goûteuse galette avec l'ineffable sentiment de détenir un propos déjà affirmé, fougueux mais sans violence ostentatoire, harmonieux, techniquement effilé et rigoureux dans l'écriture de ses lignes mélodiques. On perçoit d'ores et déjà les prémisses motivées d'une œuvre au long cours, à condition que nos acolytes veillent à affiner le trait sur le plan logistique et qu'ils se laissent le temps de diversifier encore leur offre, tout en digérant leurs courants d'influence pour exister véritablement par eux-mêmes. De plus, il leur faudra varier leurs joutes oratoires, les exercices de style (fresques, instrumentaux, ballades...), sans oublier une touche d'originalité qui probablement les démarqueraient d'une concurrence galopante dans ce registre metal. Quoiqu'il en soit, le potentiel est là, ce groupe ayant bien appris ses gammes et ses arpèges de ses aînés. Il ne reste qu'à le mettre en valeur, en scène et à le faire mûrir encore. Bref, un message musical qui pourra déjà éveiller chez les amateurs de ce registre d'authentiques plaisirs. A confirmer par la réalisation d'un album full length. A bon entendeur...

0 Commentaire

1 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Winter's End