Lost Love Symphony

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Nom du groupe Dream Ocean
Nom de l'album Lost Love Symphony
Type Album
Date de parution 22 Fevrier 2018
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1.
 Inception
 01:57
2.
 Beyond the Greed
 06:10
3.
 Hain
 04:52
4.
 Everstorm
 04:12
5.
 Forever (ft. Jake E)
 05:45
6.
 Divine Light
 04:50
7.
 The Last Dance
 05:14
8.
 Somewhere Untouched
 06:18
9.
 Wolfheart
 05:56
10.
 Never Enough (ft. Mark Jansen)
 06:27
11.
 Song to the Aurora
 03:16
12.
 Island of Dreams
 09:46

Durée totale : 01:04:43


Chronique @ ericb4

11 Août 2019

Qui pourrait bien arrêter la colombe en plein vol ?...

Prudence est mère de sûreté, dit-on... Adage suivi à la lettre par cet expérimenté combo metal symphonique turc. Cofondé par la mezzo-soprano Basak Ylva et le guitariste Oz Khan en 2009, c'est pierre par pierre que le collectif stambouliote échafaudera son projet. S'il réalise dans la foulée son introductive démo « Missing », il ne sortira son premier et rayonnant EP « Daydreamer » que trois ans plus tard ; deux auto-productions qui lui ouvriront les portes de plusieurs festivals et de nombreuses petites salles locales. S'ensuit une longue période de latence durant laquelle le collectif se consacrera essentiellement à l'écriture et à la finalisation de son premier album studio « Lost Love Symphony » ; une galette généreuse de ses 65 minutes écoulée via le puissant label néerlandais Painted Bass Records une année seulement suite à son établissement à Cologne, en Allemagne, en 2017. Changement de cap radical qui rimera avec profond remaniement de son line-up et métamorphose de sa production d'ensemble...

Quelque neuf années suite à sa sortie de terre, forte d'une large expérience scénique, à la tête deux rondelles et d'un single, « Beyond the Greed » (2017), la troupe caresse désormais l'espoir d'une aventure au long cours. Aussi, nous octroie-t-elle un set de 12 compositions à la technicité éprouvée, aux lignes mélodiques des plus enivrantes et témoignant d'une ingénierie du son plutôt soignée mais non aseptisée. A cet effet, nos acolytes ont requis la patte experte du producteur/ingénieur et guitariste/vocaliste danois Jacob Hansen au mastering, connu pour oeuvré auprès de Bare Infinity, Avantasia, Delain, Diabulus In Musica, Epica, Evergrey, Imperia, Kamelot, Pythia, Sirenia, entre autres. Enregistré et mixé par le guitariste Arin Baykurt (feu Catafalque), l'opus jouit d'une saisissante profondeur de champ acoustique et ne concède qu'une infime minorité de sonorités résiduelles. Sans omettre la cover à l'illustration d'inspiration fantastique, laissant entrevoir tant le trait affiné que les contrastes de couleurs dispensés par la graphiste libanaise Sara Helwe. Une entrée en matière nous poussant à ouvrir la porte de l'imposant manoir...

A l'entrée de la luxuriante demeure, nous y attend l'équipe au grand complet. Dans ce dessein, la frontwoman Başak Ylva et le guitariste Oz Khan ont requis les talents de : Sebastian Plück aux claviers ; Borna Matosic à la guitare ; Sebastian Heuckmann (Crownfall, Pantaleon), en remplacement de Anıl Sevener (Anoreksy, Unowned), lui-même succédant à Bugra Ortakci, à la basse ; Nils Kessen (Return To End, ex-Downstream), en lieu et place de Samet Bolgün, à la batterie. Pour l'occasion, sur certains titres, nos compères ont sollicité les empreintes vocales d'artistes aguerris, à savoir : Mark Jansen (Epica, Mayan) aux growls et Jake E (Cyhra, Dreamland, ex-Infinity, ex-Amaranthe) au chant clair. Quant aux arrangements instrumentaux, ils ont été laissés aux soins du claviériste/violoniste Ruben Wijga (Sephyros, The Irish Vikings) et du claviériste Joost van den Broek (Star One, ex-After Forever). De cette étroite collaboration naît une œuvre metal mélodico-symphonique gothique à la fois épique, enjouée, fringante et romantique, dans la veine de Nightwish, Magica, Diabulus In Musica, Delain, Sirenia et Xandria (seconde période). Aussi, refermons la porte derrière nous et pénétrons dans l'antre de la bête, en quête de trésors enfouis...


Comme souvent dans ce registre metal, le voyage démarre à la lumière d'une entame instrumentale d'obédience symphonico-cinématique et progressive. Ainsi, dotés d'arrangements nightwishiens qui ne manqueront pas de nous renvoyer à « Imaginaerum », le bref et prégnant « Inception » demeure un modèle du genre. Ce faisant, le laconique effort n'est qu'une mise en bouche du spectacle qui se jouera, l'arbre ne pouvant cacher bien longtemps la forêt...

C'est au cœur du cratère d'un volcan en fusion que nous plonge volontiers le combo turc, parsemant quelques pépites sur son passage. A commencer par le tubesque up tempo « Beyond the Greed » mis en exergue par les puissantes inflexions de la sirène. Pourvu de riffs épais adossés à une démoniaque rythmique, ce torrent de lave déverse sa fureur tout en nous octroyant une sente mélodique des plus infiltrantes que n'auraient reniée ni Delain ni Diabulus In Musica. Dans cette énergie, on retiendra le pulsionnel et ''sirénien'' « Everstorm » pour son pénétrant cheminement d'harmoniques, ses insoupçonnés changements de tonalité, son flamboyant solo de guitare et surtout son final en crescendo. Enfin, eu égard à ses sidérantes montées en puissance, son fin legato à la lead guitare et ses orientalisantes sonorités, l'impulsif « Wolfheart » ne s'inscrira pas moins aisément dans les mémoires pour ne plus en ressortir...

Dans une dynamique similaire, en réponse à un souci d'élargissement de son offre, et de deux manières différentes, le groupe nous livre de sémillants duos mixtes. D'une part, non sans renvoyer à Visions Of Atlantis, le tonique « Forever » recèle un duo mixte en voix claires parfaitement harmonisé où les cristallines volutes de la mezzo-soprano n'ont de cesse de donner le change aux attaques rocailleuses de jake E. Dans ce champ de turbulences, où s'insèrent opportunément de délicats arpèges au piano, nos deux tourtereaux convolent sur un sillon mélodique certes convenu mais d'une redoutable efficacité. Dans la lignée atmosphérique d'Epica, le frondeur « Never Enough », quant à lui, distribue ses puissants et inaliénables coups de boutoir, et ce, sans jamais nous désarçonner de son ''delainien'' cheminement mélodique. Jouant à plein sur les effets de contrastes vocaux, les limpides impulsions de la belle, cette fois, font face aux growls coupants de Mark Jansen, ces derniers tardant cependant à venir, ne faisant leur apparition qu'à mi-morceau.

Quand il desserre un tantinet la bride, le collectif ira jusqu'à se transcender, ayant pour effet de nous happer sans crier gare. Ce qu'atteste, tout d'abord, l'entraînant mid/up tempo « Hain », grisant méfait aux riffs crochetés, à mi-chemin entre Magica et un Xandria estampé « Neverworld's End ». Délivrant un refrain catchy intercalé entre des couplets bien customisés, ce hit en puissance recèle de saisissantes variations rythmiques doublées des magnétiques envolées lyriques de la déesse. Dans cette mouvance, le pavillon ne sera guère moins aspiré par « The Last Dance », envoûtant mid tempo symphonico-opératique à la confluence entre Nightwish et Sirenia. Délivrant de sémillantes rampes synthétiques et relevé de main de maître par les troublantes modulations de la diva, le galvanisant manifeste se pare également de séries d'accords des plus immersives et aux enchaînements sereins. Et comment esquiver le capiteux parfum d'Orient exhalant de « Somewhere Untouched », sculptural mid tempo progressif dans l'ombre d'Epica ? Délivrant un inaltérable tapping, le méfait abonde également en fines et captatrices oscillations mélodiques, nous poussant alors à une remise en selle aussitôt les dernières mesures envolées.

Lorsqu'ils nous mènent en d'intimistes espaces, nos gladiateurs se muent en véritables bourreaux des cœurs. Ainsi, reprise de son EP, « Divine Light » se pose telle une ballade romantique jusqu'au bout des ongles dans la droite lignée d'un Nightwish à l'heure d' « Oceanborn ». D'une sensibilité à fleur de peau et calée sur une ligne mélodique ô combien enveloppante, la caressante sérénade prend des airs d'un slow qui emballe. Mis en habits de soie par les hypnotiques patines de la maîtresse de cérémonie, recelant une frissonnante gradation du corps orchestral ainsi qu'un poignant solo de guitare, l'instant privilégié se charge en émotions au fur et à mesure de sa progression. Difficile également de contenir la petite larme au coin de l'oeil à l'aune de « Song to the Aurora », somptueuse ballade a-rythmique aux relents opératiques. Elargissant d'un cran son spectre vocal au fil de son évolution, la sirène nous fait signe de la suivre dans ses pérégrinations au cœur de cet océan de félicité. Tenter d'y résister serait une entreprise bien vaine, voire avortée par avance. Bref, une corde de plus, et non des moindres, à rajouter à l'arc déjà étoffé de la troupe.

Mais nos compères n'ont pas encore dit leur dernier mot, loin s'en faut. Aussi, en bout de course, nous réservent-ils une luxuriante pièce en actes d'obédience symphonico-progressive, redoutable exercice de style, s'il en est. Ce faisant, l'imposant, altier et ''nightwishien'' « Island of Dreams » déroule ses 10 minutes d'un spectacle à la fois épique et romanesque, multipliant ses péripéties et coups de théâtre. Témoignant d'arrangements instrumentaux d'excellente facture et recelant d'insoupçonnées montées en régime du corps orchestral, la corpulente et orientalisante fresque dissémine, par ailleurs, de sémillantes séries de notes, susceptibles de retenir sans jambage un tympan déjà sensibilisé aux travaux de leurs maîtres inspirateurs. Et ce ne seront pas les ensorcelantes ondulations oratoires de la mezzo-soprano qui démentiront l'agréable sentiment d'être aux prises avec l'un des gemmes de l'opus.


Le combo signe-là une œuvre d'envergure, à la fois accessible et efficace, au fort impact émotionnel, qui, assurément, trouvera un débouché favorable auprès de l'aficionado du genre. En outre, le fringant propos jouit d'une ingénierie du son quasi immaculée, que pourraient lui envie bien de ses homologues, tout en s'avérant éminemment variée sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal. Si un zeste d'originalité manque encore à l'appel et si l'empreinte de leurs sources d'influence ne saurait être éludée, nos acolytes comblent ces carences par un potentiel technique difficile à prendre en défaut, de rares qualités harmoniques, une mélodicité bien inspirée et l'absence de zones de remplissage et/ou de bémols. Aussi, ce message musical serait-il de nature à propulser le collectif parmi les sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin, au même titre que Metalwings, Once, ou Elvellon. Bref, une formation à suivre de près, de très près...

Note : 16,5/20

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