Les évolutions stylistiques au cours de la carrière d’un artiste ne laissent jamais indifférent. Quand certains se réjouissent du renouveau, d’autres, en revanche, rejettent cette vision du changement, parfois brutalement.
Si
Sad And Insane peut se vanter d'avoir oscillé entre metal, rock et musique électronique, le projet de Cédric Gelin sort le grand jeu pour un renouveau, après 6 ans d'absence.
Si "
Fight Like This" est un bon choix de premier single assez évident (ça sonne comme du
Nine Inch Nails moderne), c'est bien parce que le reste de l'album n'a absolument rien à voir avec ce titre. C'est bien simple, "
Life" ressemble parfois à un album de Twenty One Pilots dans la capacité à changer d'ambiance d'un titre à un autre.
Entre les influences trop évidentes ("What
Darkness Means" et "M0f0", qui font très
Linkin Park) et des morceaux pop que NRJ pourrait très facilement passer à l'antenne ("bl33d4u" ou "Bright ", qui feraient justement penser à du Twenty One Pilots ou
Fall Out Boys), cet opus est une surprise titre après titre, écoute après écoute.
L’album est prenant, très varié et parvient à maintenir l’attention durant toute sa durée, avec quelques fulgurances et en particulier ce "Hours of
Dawn" que j’ai beaucoup de mal à m’empêcher d’écouter en boucle. Des notes de piano couplées au riff principal très lourd (on sent l'influence neo-metal des débuts, très
Korn) en font un moment fort, particulièrement jouissif.
En étant seul à bord, Cédric s'autorise aussi des choses surprenantes, comme sur "Easy", qui nous gratifie d'un solo de trompette !
Idem pour le final "Don't Stand On My Grave
And Weep", et ses orchestrations froides mais très bien mises en avant.
Le morceau bonus, "Hemorrhage", cover du groupe
Fuel, dans une version acoustique et intime, montre, lui, une facette surprenante, avec un chant particulièrement brut de décoffrage et venant du cœur.
Avec "
Life",
Sad And Insane livre son album le plus épanoui, le plus libre et le plus démentiel à ce jour.
Exit toutes conventions : le musicien toulousain amène sa musique où il l’entend, comme il l’entend, brassant les influences sans jamais se perdre en chemin. On est loin du metal industriel de "
Departure", sorti en
2012, mais qu'importe !
Il y a de tout pour tout le monde de cet album, et pourtant "
Life" ne perd jamais de vue un évident sens de la cohésion. Et si c'était ça le rock des années 2020 ?
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