Le nouvel album de
Sad And Insane débarque en cette 10eme année d'existence du projet, et reprend là où il s'est arrêté trois ans après le succès de "
Broken" et son célèbre "
Addicted (Just Like Us)", et un an à peine après avoir sorti un colossal double album, "
The Next Chapter".
Ce dernier opus est moins complexe que celui-ci, mais on ne peut pas vraiment reprocher à ce one man band mené par Cedric Gelin de renoncer à inclure des sonorités touchant plus ou moins au FM...
Graphiquement, la pochette reste dans le même ton, musicalement, l'évolution passe par le son, la production étant nettement meilleure que sur le précédent opus. Il y a 11 titres, et cette fois-ci, tous peuvent devenir des hits absolus ! "
Dopamine", "
Nothing Is Real", "Death By Glamour" le deviennent sans problème.
Le son est plus agressif, la basse (ou plutôt synthbass) bien plus présente, la batterie est sensationnelle (avec Jérôme Dillon de
Nine Inch Nails sur "
Nothing Is Real" !!!) et Cedric Gelin chante admirablement bien.
Classé dans le style électro-rock/metal, "
Fearless" penche un peu du côté industriel, ça sent les sorties de vapeur, les craquements de paquebot et la musique d'ambiance (ambiance agressive, certes). On considère souvent que le ralentissement du rythme correspond à une certaine maturité. Si l'on en croit la composition de l'album, alors le groupe a déjà atteint un âge vénérable, avec ses alternances de morceaux calmes et énervés en proportions égales.
En onze titres, Cedric Gelin pose une ambiance sombre et râpeuse, portée par une voix hypnotique et des dissonances électros un peu sales mais jouissives à mort.
Des grattements sourds de guitare, des chuintements de machinerie, on se croirait dans le métro, et on n'ose pas trop toucher les murs de peur de se choper un truc. L'ambiance est cinématographique. Avec «
Dopamine » par exemple, on se réveille dans un film de SF, on s'attend à voir clignoter au mur l'écran du visiophone et voir les vaisseaux spatiaux par la fenêtre. Les notes grêles de synthé accompagnées de quelques distorsions de basse, rappelant l'époque new wave et OMD, rendent l'ambiance de «
Fearless » pesante et moite. «
Monsters » nous électrocute, avec ces bruits de machinerie sous la pluie, et les sonorités dubstep.
On a quand même des titres plus doux mais qui valent malgré tout le détour, même la ballade acoustique "Losing Myself" qui finit par prendre de l’ampleur dans les dernières minutes, et qui rappellera un peu "
Hurt" de
Nine Inch Nails.
Le point d'honneur de cet album est donné par une impressionnante et surprenante reprise du hit du groupe new wave Tears For Fears, "Mad World", où l'on prend tout simplement une claque devant la maîtrise technique de
Sad And Insane.
Si "
Fearless" est sans doute l'album du changement, il conserve une flamme industrielle (boîte à rythme, petites bidouilles) et se place sans hésiter en tête du meilleur opus de la discographie déjà bien fournie de
Sad And Insane. C’est mélodique mais aussi agressif, et le tout bien dosé. Parfait.
Sous-estimé par beaucoup, il n’empêche que
Sad And Insane montre une autre facette de sa musique. "
Fearless" est donc un album à ne pas manquer…une sorte d’ "essentiel".
Deux choses me gênent énormément (pas forcément de ta chronique) : déjà, je ne vois pas en quoi ce groupe est qualifié comme étant du metal industriel. Ca ressemble plus à du metal progressif/expérimental.
Dernier point qui me gêne : la qualité de l'album. Ca grésille beaucoup, parfois, c'est cacophonique et ça nuit énormément aux morceaux.
On sent un énorme potentiel mais pour le moment, je le trouve assez mal exploité.
Voili voilou, encore une fois, merci pour la chronique.
Tu le mets donc au-dessus d'un Psalm 69 de Ministry?
Sérieusement 20 sur 20 ?!
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