Gloomy Grim ou comment mélanger du Black
Metal avec la famille Adams, Alfred Hitchcock et
Dracula… Sérieusement les finlandais sont quasiment à l’origine d’un style : le Horror
Metal, et ce n’est pas uniquement un nom ronflant inventé dans un but purement marketing, les ambiances « train fantôme » de
Gloomy Grim sont assez particulières et bien différentes de celle que l’on trouve dans le Black
Metal. La carrière bien lancée grâce à son deal avec Holy Records, la bande à Agathon nous propose un deuxième album plus abouti que
Blood, Monster,
Darkness.
Rien que sur la pochette de ce deuxième album
Life ? (2000) et son squelette étrange égaré dans le désert, on devine tout de suite la singularité du produit et son côté bizarre.
L’intro très typé Adams Family (on imagine sans problème courir « la chose ») confirme cette impression avant
Born in Fire reprenant ce thème lancinant d’introduction sur un mid entraînant et des rythmiques solides : les atmosphères développées par
Gloomy Grim ne nuisent en rien à l’efficacité. La voix torturée d’Agathon, sorte de croisement entre un gobelin et
Abbath, renforce cette sensation de malice démoniaque émanant des chansons de
Gloomy Grim.
Le rythme général est très martial, comme une inéluctable marche en avant vers la damnation, bien aidé en cela par la batterie programmée sonnant fort juste sur un titre tel
The Chosen Ones, avec un clavier sonnant un glas lugubre.
Redeemer serait parfait comme bande son d’un film d’horreur et représente sans nul doute l’apogée du CD, Agathon montrant ici tout l’étendu de son inspiration et la complexité de ses pensées torturées (pas étonnant quand on est bourré du matin au soir). La même recette est appliqué ainsi sur tout l’album, variant parfois la teneur des atmosphères avec par exemple
At The Gates, à la première partie plus triste que horrifique. On rajoutera aussi
Revelation 666 (à ne pas confondre avec celui de
Old Man’s Child) à la liste des morceaux au dessus du lot, combinant avec réussite rythmiques bétons et ambiances morbides
Heralds Of
Pestilence et l’instrumental To The Death closent le disque avec brio et on ne décroche quasiment pas jusqu’à la fin, si ce n’est sur quelques passages un peu plan-plan ou un poil de vitesse supplémentaire n’aurait pas nui. Néanmoins
Life ? tient sacrément la route, grâce aussi au son irréprochable et au mastering clair de Mika Jussila et de son Finnvox studio.
On notera que le côté théâtral de leur musique est parfaitement retranscrit en live (en tout cas c’était le cas en 2001) et que Agathon paraît réellement possédé lors de leurs prestations. Si après un concert vous voyez trois gars ivres, chantant des chansons paillardes finlandaises couché dans l’herbe en descendant des mixtures au degré alcoolique aussi élevé que l’age de Giscard, ce sera certainement les gars de
Gloomy Grim si vous voulez un autographe…
BG
Le seul album du groupe que je posséde, avec THE Grand Hammering, qui propose un black certes correct, mais beaucoup plus simple, plus d'ambiances particuliéres, de bidouillages au clavier...
Je préfère donc ce Life?
Merci de l'avoir chroniqué:)
Cependant, ce "Life?" présente un Gloomy Grim plus mordant, et constitue donc un album important dans leur carrière, car cet aspect sera amplifié au fur et à mesure dans les futures œuvres du groupe finlandais, jusqu'à l'excellent "Under the Spell of the Unlight" qui, tout en gardant la côté relativement "brutal" de "The Grand Hammering", revient à des morceaux davantage basés sur les synthés ... ce qui, au final, sied le mieux aux compositions du groupe.
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