Sans prétentions et sans prise de têtes, les quats p’tits loulous de
Black Rain se font plaisir. Futal noir moulant le paquet, ceintures ou bracelets à clous, maquillage au trait noir forçant le regard, baskets ou tiags, coupes de cheveux blondasses décolorées tentations androgynes… Tout y passe, et rien ne vous sera évité… Ca put le show, man. Le réchauffé, le déjà vu, l’usé jusqu’à la moelle ; peut-être mais…
Dieu que c’est bon, et suintant la véracité. Un véritable hommage aux extravagances délurées des locomotives et légendes du heavy/glam Us, Motley Crue ou autres Wasp. 10 titres sur mesure pour le live, avec leurs riffs bien énergiques, leurs soli simples mais ravageurs, et des refrains à reprendre en cœur dès la première écoute. Rafraichissantes -malgré la désuétude de ce sous genre metal-, bien ficelées, profitant en outre d’une prod sur mesure ciselée au
Polar studios (Abba…), les compos se succèdent à vitesse grand V pour notre grand plaisir… La voix de
Swan, liant et fil conducteur de toute cette « License », monte sans coup férir dans les aigus et donne à la tracklist une dimension haute tenue tel un «
Innocent Rosie » déchirant au refrain ne vous lâchant plus. Cette propension du quatuor à pondre de véritables hymnes, basiques mais o combien acérés et accrocheurs, sur des mélodies vicieuses aux riffs sleaze, est la constante se retrouvant aussi bien sur « true girls are sixteen » que le titre éponyme «
License to Thrill ».
On comprend alors pourquoi la tournée japonaise en 2006 fut une franche réussite, tout comme leurs passages en Italie, Suède et Allemagne en 2007. Quand bien même leur première offrande «
Black Rain » en 2004 souffrait de quelques manques, de quelques erreurs de jeunesse; la folie, le groove, la décadence du quatuor est un pur régal anachronique. Rock’n’roll is not dead, and rockstars kill em all. La notoriété naissante du groupe à l’étranger n’est nullement usurpée ni imméritée tant le potentiel du groupe est réel, et cette seconde galette est là pour le prouver. Mais nul n’étant prophète en son pays, et les quatre de
Black Rain se réclamant de «
Paradise city »… Alors qu’ils sont de Grenoble… Je ne crains que le sacré-saint-esprit franco-franchouillard consistant à dénigrer tout ce qui vient de chez nous ne les pousse à s’exporter pour une reconnaissance méritée.
14/20
METALPSYCHOKILLER
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