Chemia est un groupe qui voyage et va nous faire bouger. On démarre notre périple en Pologne, pays d'origine du groupe. Eh oui, nos 5 lascars débarquent d'une contrée dominée par la Death et le Black
Metal. Mais attention, ils ne croisent pas du tout le même fer que la plupart de leurs compatriotes...
Deuxième étape : le Canada. En effet, tout comme pour '
The One Inside' (leur premier album avec Eric Mosher), ils ont travaillé avec un autre canadien, Mike Fraser (AC/DC,
Aerosmith,
Metallica) pour enregistrer '
Let Me'. Bien entendu, ils nous proposent ici des pistes sans failles où l'on peut apprécier la voix et les instruments à leurs justes valeurs. A signaler au passage, la présence du batteur canadien Brent Fitz (
Slash,
Alice Cooper) invité sur 'The Luck'. Et enfin empruntant les routes des États-Unis, on arrive jusqu'à la plus grande ville de l'Etat de Washington. Pourquoi me diriez-vous ? A cause d'une musique qui pourrait bien prendre le chemin des « Big Four of Seattle ». Vous y trouverez quelques notes bien sentis de
Nirvana, des airs de
Soundgarden, un soupçon de
Pearl Jam, et surtout une très belle inspiration prise du côté des
Alice In Chains.
'Fun gun', titre promotionnel par excellence, démarre l'album et nous en met plein la vue et les oreilles. Il pourrait très bien faire partie de l'univers d'un Tarantino égaré sur les routes de
Mad Max. Autant la musique que les codes employés sur le clip renvoient à cette identité qui emprunte au mélange des genres. La chanson flirte avec les paroles d'une jeune psychopathe et ses pensées destructives.
'
Let Me', titre éponyme, et 'We Toxic' nous proposent des intros et des couplets bien sombres. L'esprit Grunge de
Nirvana plane de ce côté là des plages. Sur les refrains, plus éclairés du premier, c'est à la manière des Foo Fighters que les mélodies prennent leur envol. Le second nous emmène au delà avec un solo tout en wah wah ; juste ce qu'il faut pour entretenir notre vague à l'âme.
Après des titres pareils, le paysage change et on se dirige étonnement sur '
I Love You So Much' au refrain facile à retenir . Un titre qui dissimule un piano à la façon d'un Rock Bluesy Alternatif. Dans le même registre, il faut souligner l'excellent 'Done', qui, avec '
Grey', font un clin d'oeil ironique à AC/DC. C'est dans ces titres que l'on apprécie la voix de Luke. Son côté éraillé donne ce son rock qui change un peu de tous ces timbres qui manquent un peu de caractère parmi les chanteurs de
Metal Alternatif. 'She', mais surtout 'Gotta Love Me' nous conduisent vers un
Hard Rock endiablé au possible, la rythmique étant soutenue par une basse semi-saturée et par un duo guitare-batterie qui bouscule les portes du Punk Rock. Le titre le plus court de l'album vous percute comme le refrain qui restera ancrée dans votre tête à grands coups de caisse claire.
Côté artwork, la pochette de '
Let Me' semble suivre la même logique que celle de '
The One Inside' avec son ange replié sur lui-même. Qu'y-a-t-il derrière cette porte, à l'intérieur de cet être fait de pierre, de bois et de métal ? En tout état de cause, les 2 dessins restent dans la même lignée. Une dose d'irréel pour un univers qui se dessine autour d'une musique et d'un groupe qui commence à s'affirmer.
Chemia avance des titres assez variés dans leurs compositions et une lumière personnelle et intérieure perce à travers les lames de bois.
Leur premier album se rapproche de
Nickelback pour les titres « radio », et d'
Alter Bridge pour ceux qui vous mettent une claque. Pour '
Let Me', ils abandonnent les claviers et laissent l'expert absolu des grands sons de guitare affuter les leurs. Wojtek explique que le groupe voulait que '
Let Me' soit vrai. En accord avec Mike Frazer, la production de cet album devait faire ressortir le son dégagé lors de leurs concerts. C'est pourquoi il n'y a aucun compromis à la musique pop. Une intention claire et nette de proposer une musique plus Rock et
Metal que sur le premier album sans vouloir perdre ses fans pour autant. Même si son public se trouve essentiellement en Pologne, les nombreuses tournées de
Chemia accompagnant des groupes mythiques comme
Deep Purple, Guns N'Roses, ou
Red Hot Chilli Peppers, et cela va sûrement les rapprocher de nos régions.
Chemia a tout pour réussir. Avec cet album, ils commencent à proposer une musique qui prend plusieurs directions. Et de toute évidence, je crois qu'on peut leur souhaiter d'être dans la lignée des
Alice In Chains. Qu'ils continuent à nous brosser une musique évolutive : un tableau moderne de
Metal Alternatif encadré par quelques lignes de Grunge, et teinté de pointes de Stoner Rock.
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