Une soudaine vague de brutalité musicale hurle depuis le fin fond de mon moi profond depuis quelque temps, sans pour autant atteindre des sommets de barbarie me mettant en transe ... ce qui a pour conséquence fâcheuse de me rendre totalement inconscient de ce que je fais ou vis. Je me limite un peu pour prendre la plume (où ici les touches) et chroniquer un album.
Je me contente d'un death plus "gentil" et harmonieux (et si, c'est le terme juste) que seul les pays nordiques ont, jusqu'à présent, réussi à maitriser avec une aisance troublante.
Parmi les puristes du genre et amateurs réels d'un bon son death bien travaillé (exempt de toute commercialisation superflue qui tâche et gâche le goût),
Demigod est connu pour sa plèbe metalleuse. Leur culture dans ce style se limite en général à
Children Of Bodom (d'écoute) et, tout au plus,
Cannibal Corpse et
Vader (de nom, car c'est bien de connaitre mais c'est trop brutal ... alors on fait genre).
J'ai les couilles et l'honnêteté de dire que, jusqu'à présent, je n'ai pas réellement fouiné dans la veine death (épuré, pas le genre death/thrash/hxc ... c'est +- pareil que le metalcore (vite saoulant), et je commence tout juste à réellement apprécier et m'intéresser.
Mais après quelque recherches, j'ai vu que
Demigod (finlandais de surcroit) est de ces groupes qui font du travail invraisemblable.
Ce ne sont pas musiciens à temps plein : des concerts ça et là, un festival de temps en temps quand ils sont appelés, des albums de temps à autre (qui plus est d'excellente qualité) mais sans plus ...
Je me permet donc de chroniquer leur dernier méfait, avec un titre que j'aime beaucoup, et un artwork très bien fichu, surréaliste, beau !
Image
Alors ... musicalement, critiquons, critiquons !!
L'album s'ouvre sur un jeu instrumental (genre
Dream Theater, mais en death), suivi d'un jeu de voix death pur qui tiens la route ... l'album pourrait se résumer ainsi d'ailleurs : un album qui tiens la route, death pur (sous-entendre super bon, à retenir en tête et ré-utiliser comme référence) ... mais on va développer un peu plus.
La première piste est ce qu'elle est, une première piste bien mais à ne pas s'arrêter là et creuser avec un nez curieux le reste.
Et rapidement "not dead enough" (première piste) part aux oubliettes en entendant les premières secondes de "
Let Chaos Prevail", la fameuse chanson titre d'album. superbe, une ambiance incomparable aux autres chansons, s'il ne devait en rester qu'une, ce serait celle-ci.
Niveau attaque frontale qui fait mal, "cult of sickness" sort vainqueur, pas entonnant que le groupe l'ai mis en première chanson écoutable sur leur myspace.
intro de batterie en fanfare, s'ensuit un riff pré-intro, puis un riff qui rentre dans le lard (et donne une furieuse envie de pogoter à tout va).
rythme accrocheur, batterie magique et voix digne d'un mort fraichement sorti de tombe, marmonnant (avec des morceaux de peau qui pendent encore depuis ses lèvres et son menton) les paroles acides et acerbes qu'il a murmuré durant toute sa captivité dans son cercueil. dorénavant, il marche maladroitement, mais sûrement, vers l'objectif que lui seul connait.
Dans les "longs" morceaux psychédéliques qui ont cette capacité à faire déprimer un hyperactif, il y a "god said suffer" et "the uncrowned".
"god said suffer" est plutôt porté guitare et ambiance, avec un chant légèrement en retrait mais qui porte directement là où il veut frapper, accompagnant le reste des instruments lors des magnifiques refrains (comparable à "halo" de
Machine Head, dans un autre style mais donnant la même atmosphère)… bref, très beau, à écouter durablement.
"the uncrowned" est, plutôt côté lourdeur de son, semblable au précédent mais pourtant… pas pareil, un peu comme si on avait 2 tartines : une avec la confiture bien étalée partout mais pas très épaisse, et l'autre où tout n'est pas recouvert, et à certains endroits on a une bonne grosse dose (voire de trop ... cette chronique me donne faim ...)
Je terminerai par "end of evolution", bon morceau (avec un jeu de guitares totalement mélodiques) qui peut aisément résumer la totalité des morceaux de l'album, bien que la moitié soient des morceaux à part, différents de vision, mais liés dans le même but : un death propre sur lui, marquant au fer rouge l'esprit.
EN CONCLUSION :
Vous aimez le death ? écoutez cet album !
Vous n'aimez pas le death ? écoutez-le quand même ... vous en ressortirez converti !
S'il fallait une note ... 8/10
Tout être humain normalement constitué et habité par des idéaux de culture et d'humanisme ne peut que se prosterner face à la justesse d'une analyse pertinentissime de cet acabit.
Nous étions en quête, par monts et par vaux, de notre Crinn français.. Nous l'avons enfin trouvé !
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