Durant l'année 2007 le chanteur Tato DeLuca, très concerné par la manière dont l'humanité se déleste de ses responsabilités environnementales, et agacé par la façon dont elle continue de se préoccuper d'intérêt personnel au détriment de problème plus globaux, fonde
Aclla. En outres d'assouvir sa passion musicale, le chanteur a pour dessein d'en faire un outil dont l'objectif est, aussi, de délivrer un message écologique et pacifique fort.
Pour ce faire il s'adjoint les talents des guitaristes Denison Fernandes et Chrystian Dozza. Bientôt le bassiste Bruno Ladislaus et l'illustre batteur
Eloy Casagrande (
Sepultura, ex-
Andre Matos, ex-Mr. Ego) viennent compléter le trio. Ainsi composé la formation se met à écrire un premier album qui, finalement, sortira en 2009. Ce premier pas sera baptisé
Landscape Revolution.
Difficile de ne pas évoquer d'emblée, le concernant, sa musique dans laquelle, souvent l'ombre d'autres groupes planent. Le doute alors s'insinue en nos esprits et sème ce gout si curieux et si amer. Et si
Aclla n'était qu'une autre formation anecdotique de plus dont l'objectif est de copier le plus fidèlement possible d'autres créativités? Très vite nos incertitudes deviennent convictions et la crainte s'évanouit bientôt. Nul doute possible Si
Aclla n'est pas un immonde plagiaire, il n'aura toutefois rien à nous offrir d'original si ce n'est l'expression éculée de ce Heavy
Metal mélodique, ou
Power Metal, d'influences tantôt européennes (
Edguy,
Judas Priest,
Heavens Gate, Iron Maiden...), tantôt plus internationales (
Angra...).
Des influences flagrante et maitrisés qui, de plus, seront restitués avec une application un peu trop scolaire en des morceaux où cette jeune formation ne parvient pas à pleinement affirmer une personnalité propre et qui, de fait, reste sous-jacente. Tant et si bien d'ailleurs que des titres tels que
The Hidden Dawn, Under the
Twilight Skies,
Jaguar malgré un prélude et un final intéressant, ou encore par exemple tels que Sun n'
Moon qu'aurait pu, assurément, composer Rafael
Bittencourt et ses complices, nous traverse sans heurt et nous laisse presque indifférent, tout juste empli d'un plaisir éphémère.
Le constat concernant une identité encore un peu trop immature et affirmée peut paraitre abrupt mais, avec un peu de recul, pas nécessairement suffisant pour jeter définitivement l'opprobre sur une œuvre, et à fortiori sur un groupe, qui malgré tout a quelques qualités. Et, en effet, au delà de toute ces fugitives influences perceptibles, dont le quintette natif de ces terres de braise nous fait une démonstration académique mais plaisante, il y a une promesse encourageante qui, parfois, subrepticement, dévoile une certaine adresse. Afin d'illustrer cet argument évoquons des morceaux tels que les bons Ride ou Flight of the
7th Moon.
Si musicalement
Aclla nous laisse avec l'étrange impression de n'avoir que peu de chose nouvelles à nous offrir, la voix de son chanteur Tato DeLuca renforce encore ce sentiment. Ses chants seront, en effet, souvent l'interprétation d'une improbable union entre Tobias Sammet (
Edguy,
Avantasia...) et Thomas Rettke (
Heavens Gate,
Redkey...). Le résultat n'a rien de déshonorant, ni de condamnable, bien au contraire. Néanmoins il vient ajouter au conformisme du propos de ce quintette un conservatisme supplémentaire.
Aclla est donc un groupe dont l'art n'est pas encore suffisamment singulier. Toutefois certains indices irréfutables disséminé sur ce
Landscape Revolution, laissent à penser qu'il pourrait peut-être devenir meilleur et ainsi nous proposer une musique plus personnelle et, surtout, plus captivante.
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