Originaire de Sydney,
Rise of Avernus est devenu de façon très rapide en valeur forte en Australie. En effet, le quintet a fait grande impression avec la sortie de son premier EP éponyme en
2012, lui offrant la possibilité de partager la scène avec des groupes renommés comme
Rotting Christ,
Enslaved ou
Apocalyptica. Ce n’est pas pour rien. Les membres viennent d’horizons différents, certains ayant officié dans le folk, le doom ou l’atmo. Leur expérience passée et leurs influences personnelles leur permettent d’officier dans un style de metal atypique, quelque chose qu’ils aiment appeler « orchestral progressive doom metal », en particulier avec la sortie de leur premier album chez Code666, « L’Appel du
Vide ».
Parler de doom symphonique serait toutefois prématuré puisque les Australiens ne se contentent pas de passages lents, lourds, pessimistes ou mélancoliques. Ils intègrent aussi pas mal de death metal et d’éléments gothiques dans leur musique, avec notamment un mélange de growl et de chants clair féminin atmosphériques. On pourrait alors parler sans se tromper d’une fusion de doom/gothique et de death symphonique avec une pointe de black metal dans certaines ambiances.
Il est un fait avéré, c’est que
Rise of Avernus veut nous en mettre plein les oreilles mais aussi renforcer la réputation qu’il a pu obtenir jusqu’à présent. De ce fait, les musiciens ne font pas les choses à moitié. Le mastering est confié à Jens Bogren aux Fascination Studios (
Deathronic,
Rotting Christ,
Dark Tranquillity,
Bilocate,
Orphaned Land…) et la pochette est réalisée, sans grande surprise, par
Seth Siro
Anton.
Ceci dit,
Rise of Avernus n’a pas misé que sur les gros noms du metal, il a aussi fait de son album une bombe sombre et symphonique à souhait. Avec le premier morceau « A Triptych
Journey », on sait immédiatement qu’on va avoir droit à du lourd. La montée en puissance avec l’apport successif des différents instruments nous amène à un ensemble puissant, riffs et growl death en tête, avec des orchestrations extrêmement alléchantes et bien foutues, arrangées par le guitariste Matthew Bell. Le morceau alterne gros passages death sympho en mid tempo et passages plus doom/gothic avec l’intervention de la chanteuse et claviériste Cat Guirguis apportant pas mal de romantisme sombre.
Cela est plus flagrant sur la suite, notamment «
The Mire » qui nous permet d’apprécier des moments plus atmosphériques, doux et mélancoliques même si le death symphonique finit souvent par s’incruster. On remarquera que les interventions de Cat se font indépendamment de celles du growler, le death symphonique et son côté brutal étant d’un côté, le doom gothique et son côté doux et mélancolique de l’autre, tel un dialogue entre deux personnages. On n’est pas loin d’une sorte de fusion entre Septic
Flesh,
Paradise Lost et
Draconian.
«
Ethereal Blindness » fait partie des exceptions puisque cette fois-ci c’est du chant clair que nous avons, masculin et féminin. L’ambiance est plus tragique, renforcée par le piano et le violon, paradée de quelques accélérations tranchantes et d’envolées symphoniques de qualité, dignes de
Dimmu Borgir. Et du chant clair on en a aussi sur le très joli « Embrace the
Mayhem » qui joue énormément sur les atmosphères et en particulier sur un côté jazzy avec cette basse et ce saxophone. Au moins, avec
Rise of Avernus, on varie les plaisirs.
Les Australiens placent la barre relativement haut avec ce premier méfait. « L’Appel du
Vide » est un album très réussi, riche, soigneusement orchestré et suffisamment prenant et ambiancé pour qu’on passe un bon moment le temps de trois quart d’heure. Manque plus qu’à voir si
Rise of Avernus peut transcender le tout sur ses prochaines sorties…
Je trouve la pochette assez proche de celle du dernier Deathronic. Mais son style ne change pas, toujours un personnage...
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