Killing Process

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Nom du groupe Carcariass
Nom de l'album Killing Process
Type Album
Date de parution 20 Janvier 2002
Produit par
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album129

Tracklist

Re-Issue in 2016 by Great Dane Records with 3 bonustracks
1. Watery Grave
2. Tragical End
3. Killing Process
4. Mortal Climb
5. Earth in Sorrow
6. Winds of Death
7. Burn in Peace
8. Under Concrete
9. Lost in Agony
Bonustracks (Re-Issue 2016)
10. Sideral Torment (Remastered Version)
11. Revenger (New Version, ft. Max Otero of Mercyless)
12. Domination (New Version, ft. Fred Buschenrieder of Mindwarp)

Chronique @ ArchEvil

07 Décembre 2009
« Même après avoir cherché pendant des années, le verdict reste le même : Il n'y en a pas un autre comme eux »

Carcariass. Fleuron de la scène hexagonale, quoi qu'on en dise. Découvert par le matou en 1997, via un sampler de Hard Rock Mag, présentant Hell on Earth, premier album de la bande, comme un espoir hors norme pour la scène Death Metal gauloise. On passera au dessus des vocaux franchement ridicules, gâchant un tant soit peu l'expression de leur talent et leur maîtrise respectable, ce morceau « Brain Dead » me fit jadis bander comme un étalon. Un Death metal heavy et couillu, bourré de prouesses à la six cordes et d'une capacité à composer largement au dessus de la masse. Je me demande encore ce qu'il m'a pris d'attendre si longtemps avant de renouveler cet intérêt que je nourrissais envers eux. Toujours est-il qu'en 2007, Killing Process arrive chez moi, première étape d'une réconciliation je l'espérais fructueuse. Me voilà aujourd'hui prêt à concluer ces nombreuses écoutes et saluer ces artistes autodidactes fougueux comme au premier jour.

Des changements, il y en a eu. L'évolution et le besoin de se recycler ont fait leurs preuves musicalement, mais le groupe reste fidèle à sa devise originelle : Avancer et se moquer des conventions pré-établies.
Contradictoire? Et bien, il est vrai qu'en analysant les structures de Killing Process, un metalhead aguerri ne pourrait se retrouver pris au dépourvu : Carcariass fait dans le traditionnel. A la différence qu'il ne se contente pas d'élaborer davantage un genre parmi d'autres, mais réalise une osmose unique entre plusieurs styles de metal, au point que le collage d'étiquette s'avère plus compliqué que prévu.

Quelqu'un est chaud pour l'exercice? Bien.

Premier constat : Killing Process sonne beaucoup plus heavy que les précédents. Ils ont cette fois-ci misé sur cette base pour construire l'édifice, en lui offrant une production beaucoup plus claire ( probablement que leur signature chez Adipocere y est pour quelque chose ). Toujours est-il que le rendu propret et peu puissant s'adapte très bien à leurs idées : Constructions 100% mélodiques, harmonies pimpantes, mélopées joliment tournées, ...

Une patte thrashy est bien entendu de la partie et rajoute un joli turbo à la musique. Sans pour autant atteindre des accélérations viscérales ( pour lesquelles il n'est d'ailleurs pas conçu ), Killing Process ne se montre pas mollasson.

La facette Death du groupe, leur inspiration première, a pris un visage nettement plus édulcoré. Le groupe opère un tournant death mélodique et technique et cela lui va à merveille, n'hésitant pas à rouler des mécaniques comme sur l'impressionnant Mortal Climb où les riffs tranchants et imposants côtoient les leads somptueux en parfaite harmonie. Véritable emblème de l'énorme talent du groupe.

Le groupe use aussi d'une démarche progressive : De nombreux thèmes sont exploités dans un même morceau tout en préservant la cohérence de l'ensemble. Un ensemble restant cependant assez homogène, mais dont on savourera les exploits instrumentaux, en particulier du terrible Pascal Lanquetin, virtuose accompli, inspiration et feeling gigantesque en plus lui permettant de surpasser les branleurs du manche ( dont je ne citerais pas de noms, quelques uns sauront de qui il s'agit ).

Un point non négligeable est à noter également : Les vocaux de Raphaël. Certes, améliorés depuis Hell on Earth mais utilisés de manière anecdotique. Quelques phrasés rauques en débuts de morceaux pour laisser ensuite la part belle à l'orchestre. En vérité, on se demande à quoi ils servent... Non qu'ils soient encombrants, juste sans grand intérêt.
Et cela, Carcariass semble le comprendre petit à petit, en intégrant un morceau instrumental toutes les deux pistes, dont le superbe morceau titre, plus court que la moyenne mais imperfectible comme totalement assumé.
On a aussi droit à un court interlude Earth in Sorrow, où les lignes basse-guitares sont interverties. Démarche originale et qui fonctionne diablement bien. On regrettera juste sa trop courte durée.

En gros, Carcariass se bonifie et Killing Process se présente à la fois comme l'aboutissement de leur travail et comme une nouvelle facette plus solide. C'est vrai, mais...

Oui, il y a un mais. Aucune oeuvre ne peut se vanter d'incarner la perfection ( quoique... ). Pourtant certains plans de ce Killing Process m'ont rebuté. Ils étaient courts, mais dignes d'une douche froide.

L'utilisation de certaines mélodies en est la cause. Autant le groupe se montre de très haut niveau structurellement et techniquement, autant ce répertoire mélodique châtoyant, voire naïf par moment, pousse parfois à faire la grimace. Un exemple : Vers le final de Tragical End, alors que la frénésie instrumentale atteint son apogée, cette petite mélodie à deux balles ( bâclée? ) vient s'incruster dans le monument, telle un goût de barbe à papa sur un steak saignant, une faiblesse soudaine pour le morceau et un joli cassage de gueule pour l'auditeur.
Un metal à la saveur d'un bonbon sucré est infect et vu les nouvelles aspirations plus doucereuses du groupe, je m'y attendais un peu. Pourtant ils ont tout fait pour nous en préserver, mais la maîtrise de l'harmonie mélodique moins affinée que le reste ne sauve pas les meubles de certaines fuites de guimauve peu agréables. Et là, Hell on Earth se fait légèrement regretter, rappelant que le groupe était tout à fait capable d'exceller dans ce domaine.

Dommage. Le disque aurait pu monter encore plus haut dans mon estime. Magnifiant la démarche de ces artistes ne se prenant que très peu au sérieux et leur désinvolture face à certaines règles de « bienséance » de la scène, Killing Process s'impose sans peine comme une oeuvre divinement bien ficelée et finalement originale. Quand je vous disais qu'il n'y en avait pas deux comme ça... J'avais raison, non?

10 Commentaires

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krakoukass56 - 29 Septembre 2012: Une patte thrashy ? vite fait alors...

Un bon album de death technique/mélodique assez accessible dans l'ensemble, beaucoup de tappings, quelques riffs récurrents pour le côté prog comme tu le dis, et un chant plutôt rauque. Une prod made in Buriez très clean.

Pour ma part je reprocherais le son assez froid et clairement identifiable de la batterie électronique, qui donne un côté un peu trop "synthétique" à la chose.
ArchEvil - 29 Septembre 2012: Je te rejoins pour le son très synthétique de la batterie, un peu faiblard même. Par contre, ils ont gardé un grain assez tranchant pour les guitares, ce qui évite à l'album de tomber dans trop de plastique.

Perso je maintiens, le côté heavy-thrash de ce killing process est bien présent, même si l'empreinte death reste dominante.

Et j'y pense... je n'ai toujours pas écouté son successeur.
krakoukass56 - 04 Octobre 2012: Au temps pour moi. En y repensant, quand même pas mal de riffs en triolets typiques du Thrash effectivement.
Kjellson - 13 Juin 2013: très bon album, j'ai découvert ce groupe à ses débuts avec un morceau dans un cd Metallian, et là c'était une claque avec hell on earth, et la suite ne m'a jamais déçu.
J'adore l'esprit de ce groupe, on sent qu'ils font ce qu'ils aiment, qu'ils s'éclatent, qu'ils ne suivent pas une mode, une convention, ils font du metal original, mélodique, technique, et tout est toujours bien ficelé, tout semble couler de source pour ces zicos d'exception.
Parait que le chanteur est prof de fac à Belfort, qu'est ce que j'aurais aimé avoir un prof comme cela en fac:)
enfin bref selon moi un groupe hors pair, Français, qui n'a pas fait assez de tournées scéniques....
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Chronique @ hygdahell

04 Janvier 2009
Carcariass... c'est sur un de mes premiers sampler Rock Hard que j'en ai eu vent, avec le morceau Watery Grave, issu de cet album, Killing Process, 3eme production de ce groupe de death mélodique et technique. Ce morceau m'avait beaucoup plu et c'est un de ceux qui m'a rendu accro au métal.
Et c'est aujourd'hui, 6 ans après sa sortie chez Adipocère que je me le suis procuré en tombant par hasard dessus...
Et je dois dire que ces 6 ans n'ont pas changé mon point de vue ! En effet, Killing Process est un excellent album, avec des titres qui s'enchainent à une telle vitesse que lorsque le disque s'arrête, il n'y a qu'un seul mot d'ordre qui me vient en tête : ENCORE !

L'album débute donc avec le titre qui m'a fait tant headbanguer quand j'étais ado : Wattery Grave, qui débute par un tapping de basse à en faire pâlir certains, puis ces guitares rageuses qui nous donnent envie de prendre sa propre guitare et de jouer à s'en bruler les doigts, avec un chant plein de hargne et d'humanité, une batterie bien présente et tapageuse, bref tout un programme que la formation nous propose pour le plaisir de nos oreilles.
A peine le titre fini qu'on enchaine avec The Tragical End, long morceau dépassant les 7 minutes, très mélodique et progressif où l'on nous gratifie d'une partie de guitare impressionnante. C'est ensuite au tour du titre éponyme de l'album : Killing Process, titre instrumental où l'harmonie et la mélodie nous laissent entrevoir une mélancolie des plus humaines, nous rappelant parfois certains titres d'Arch Enemy sans toutefois être du plagiat. Mortal Climb nous ramène vite à la réalité avec une essence brutale, mais sincère, ici Carcariass nous rappelle qu'il est un groupe de death métal et qu'il entend bien le rester !
Earth in Sorrow, titre instrumental d'une minute, mélodique avec une basse très présente nous amène au Wind of Death, titre rapide et rageur, toujours aussi technique et mélodique qui laisse place au superbe Burn In Peace, instrumental sombre et beau, avec des accords presque black et des interventions mélodiques à la guitare très inspirées, des rythmiques écrasantes mêlées à des mélodies tournoyantes, qui s'achèvent dans un tourbillon d'espoir. Un des plus beaux titres de l'album.
Under Concrete, avec ses presque 7 minutes de longueur prolonge l'ambiance du titre précédent et enfin, l'album s'achève sur Lost in Agony, désespérant, triste et encore une fois amis musiciens ... instrumental !
Voila pour conclure, Carcariass est un grand groupe, qui ne manquerait sûrement pas de rivaliser avec ses confrères étrangers s'il en avait l'occasion, la technique est très présente sans non plus faire démonstration de force, et les mélodies sont très inspirées. Un petit bémol, les guitares manquent un tout petit peu de puissance sur l'enregistrement, mais ce n'est qu'une broutille devant cette production excellente, on attend le prochain album avec impatience !

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Commentaire @ Kivan

21 Novembre 2008
Si entre Carcariass et Carcass, les noms peuvent sembler proches, toutes différences s’arrêtent là. En effet, les français de Carcariass sont loin du death/grind des anglais, et nous offre un death technique mélodique et travaillé.
Fait de longs instrumentaux à la Children of Bodom, d’un chant black, me faisant un peu penser à Arch Enemy et de partie batterie assez légère, les morceaux de Carcariass reposent principalement sur les parties guitares et évoluent dans des registres très évolués et d’une virtuosité saisissante.
Ainsi les parties guitares représentent souvent la quasi-totalité des morceaux, mais ne se contentent pas de répéter de simples mélodies, mais plutôt des phrasés complexes qui évoluent et se développent avant d’être rejoint par le chant.
Les morceaux contraste assez, après un Watery Grave assez agressif, Tragical End est plutôt rêveur, alors que Kiling Process renoue avec une certaine violence tout comme Mortal Climb. Bref (faut que j’arrête de finir toutes mes chroniques par bref…), un album sympas, d’excellente qualité dans un style difficile.

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