Khaos

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Nom du groupe Khimera
Nom de l'album Khaos
Type EP
Date de parution 14 Octobre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Undead
 04:23
2.
 Laberinto Espectral
 04:05
3.
 Hordas del Caos
 05:41
4.
 Vino Seco
 04:43
5.
 Tales of Sand
 05:30

Durée totale : 24:22


Chronique @ ericb4

01 Décembre 2019

Un premier et attractif arrivage mais encore taillé dans la roche...

Nouvel arrivant dans le si concurrentiel espace metal symphonique à chant féminin, et marchant, comme nombre de ses compatriotes, sur les traces de Nightwish et consorts, ce jeune septet colombien originaire de Manizales entend pourtant, et légitimement, relever le défi d'embrasser une carrière au long cours. Conscient des enjeux et des risques courus à trop vouloir accélérer le pas, le combo sud-américain est resté prudent dans sa démarche, n'accouchant de son premier bébé, le présent EP « Khaos », que trois longues années suite à sa création, en 2013. Aussi, effeuille-t-on une laconique auto-production où s'égrainent cinq pulsionnelles et enivrantes pistes de nature metal mélodico-symphonique gothique sur un ruban auditif de 24 minutes, inspirées par Nightwish, Xandria, Epica, Stream Of Passion, Tristania et Draconian. Ainsi pourvue, cette modeste offrande serait-elle une arme suffisamment efficace pour espérer voir la formation colombienne se démarquer de ses pairs, et dores et déjà se hisser parmi les valeurs montantes de ce registre metal ?

Contrairement à la plupart de ses homologues, au lieu de requérir les seuls talents d'une frontwoman pour assurer ses lignes de chant, le groupe a opté pour une subtile triangulation oratoire, conférant ainsi un soupçon d'originalité à son projet. Aussi, un duo féminin en voix claires, unissant harmonieusement les voix de Salomé Bueno et Paula Andrea Flórez, vient-il en contre-point des growls caverneux de leur acolyte et guitariste Daniel Rodriguez. Le modeste propos repose parallèlement sur la technicité éprouvée de leurs équipiers, à savoir : Santiago González à la guitare ; Deyvid Giraldo à la basse ; Milton Alexander García à la batterie et Santiago Cabrera aux claviers. De cette collaboration émane une œuvre à la fois fringante, parfois intrigante, sensible, un brin orientalisante, à la mélodicité teintée de fines nuances. Si l'enregistrement ainsi que le mixage demeurent de bon aloi, on regrettera cependant un manque de profondeur de champ acoustique. Mais entrons plutôt dans la petite goélette, en quête de quelques gemmes enfouis...

Ce serait au regard de leurs passages les plus offensifs que nos acolytes marqueraient leurs premiers points. Ainsi, on retiendra « Vino Seco » tout comme « Hordas del Caos », pimpants up tempi à mi-chemin entre Stream Of Passion et Nightwish (première période), à la fois pour leur grisante ligne mélodique, leur vibrante touche latina, leur bref mais fringant solo de guitare, et surtout leur refrain catchy mis en exergue par les limpides et chatoyantes inflexions des deux déesses. D'autre part, dans une perspective metal symphonique gothique aux relents dark, non sans rappeler Tristania ou encore Draconian, « Laberinto Espectral » imposera sans jambage ses riffs acérés adossés à une rythmique résolument frondeuse, ses saisissantes montées en puissance, ainsi qu'un bel effet de contraste vocal, les claires inflexions des deux belles n'ayant de cesse de donner le change aux growls ombrageux d'une bête acariâtre.

Quand il ralentit un tantinet le rythme de ses frappes, le collectif colombien parvient à nouveau à nous retenir, un peu malgré nous. Aussi, le tympan sera-t-il magnétisé par les vibes orientalisantes de « Undead », énigmatique et sensuel mid tempo à la confluence entre Epica et Xandria. Doté de riffs épais et d'insoupçonnées accélérations du convoi orchestral, le troublant effort se pare également d'un fin legato à la lead guitare et des ensorcelantes et cristallines volutes des deux princesses. Dans une même énergie, le troublant mid tempo progressif « Tales of Sand » recèle lui aussi une lumière chatoyante tout en se montrant vivifiant, nous menant alors en de vastes étendues désertiques écrasées par l'astre solaire. Pourtant doté de séries d'accords aux enchaînements sécurisés et d'un seyant solo de guitare, le méfait accuse toutefois de tenaces linéarités mélodiques ainsi qu'une usante répétibilité de certaines séquences de notes, l'empêchant alors de se hisser au niveau de ses voisins.

La troupe nous livre ainsi une œuvre dans un mouchoir de poche à la fois fringante, troublante, aux délicates colorations exotiques et plutôt attachante, in fine. Quelques prises de risques s'inscrivent également dans le cahier des charges d'un message musical concédant, par ailleurs, une ingénierie du son encore lacunaire dans son principe d'émission. On aurait également souhaité une ouverture plus large du champ des possibles en matière d'exercices de style, les ballades, fresques et autres instrumentaux manquant cruellement à l'appel. De plus, des sentes mélodiques un zeste plus affinées ainsi qu'une éradication des zones de remplissage et des répétitives séquences d'accords seront également requises par le chaland déjà sensibilisé aux vibes de leurs maîtres inspirateurs. Cela étant, l'originale triangulation vocale dispensée ainsi que l'éclectisme de leurs ambiances pourront compenser ces erreurs de jeunesse. Pour l'heure, s'il s'avère prématuré pour elle de se muer en valeur montante du metal symphonique, la formation colombienne en a encore sous le pied, du moins suffisamment pour espérer dépasser les carences de cet arrivage encore taillé dans la roche...

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