Fabulas et Fabulis

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14/20
Nom du groupe Khimera
Nom de l'album Fabulas et Fabulis
Type Album
Date de parution 29 Novembre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Intro (Fabulas et Fabulis)
 02:23
2.
 El Mohán
 04:10
3.
 Undead
 04:26
4.
 Laberinto Espectral
 04:11
5.
 Dangerous Sweetness
 05:17
6.
 Tales of Sand
 05:18
7.
 Hordas del Caos
 05:44
8.
 Lamento Errante
 05:02
9.
 Vino Seco
 04:44
10.
 Turn Me on Dead Man
 07:58
11.
 Legado Oculto
 05:01

Durée totale : 54:14

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Khimera


Chronique @ ericb4

12 Fevrier 2020

Une œuvre enjouée et chatoyante, pas encore un foudre de guerre...

Après quelque trois années de silence radio suite à son introductif EP « Khaos », le combo colombien créé à Manizales il y a tout juste 6 ans revient dans les rangs. Et ce, muni d'un album full length répondant au nom de « Fábulas et Fábulis », auto-production généreuse de ses 54 minutes où s'enchaînent sereinement 11 pistes, dont 5 issues de sa modeste et friable aînée. Un luxuriant et pulsionnel album faisant lui-même suite au discret et néanmoins enivrant single « El Tunjo ». Bénéficiant d'une qualité d'enregistrement de bonne facture et d'un mixage tout aussi équilibré que son prédécrsseur, le méfait laisse également transparaître des finitions bien moins lacunaires et d'infimes sonorités résiduelles, une production d'ensemble dorénavant plutôt soignée, laissant à penser que nos compères ont su tirer les leçons de leur passé ; stratégie payante permettant au chaland d'aller au bout du propos sans sourciller. Indices révélateurs d'un bel élan créateur qui a pour corollaire un souhait non dissimulé d'en découdre plus âprement aujourd'hui qu'hier de la part de la troupe sud-américaine...

Dans ce dessein, la soprano Paula Andrea Flórez Arenas et ses acolytes, -le guitariste et growler Daniel Rodriguez, le guitariste Andrés Mundaca, le bassiste Carlos Andrés González, le claviériste Santiago Cabrera et le batteur Javier Botero- , nous mènent à nouveau au cœur d'un paysage de notes d'obédience metal mélodico-symphonique gothique, dans la veine de Nightwish, Epica, Xandria, Stream Of Passion, Tristania et Draconian. Volontiers calé sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête, le présent effort voit à nouveau Salomé Bueno venir parfois prêter main forte à sa comparse. Classique dans sa structure et ses schémas d'harmoniques, la frondeuse galette révèle cependant de seyantes lignes mélodiques, doublées parfois d'une grisante touche latina, un potentiel technique difficile à prendre en défaut et peu d'espaces de remplissage. Est-ce à dire que nos acolytes reproduiraient à l'identique les gammes et les arpèges de leurs premiers émois ? En quoi cette toute fraîche offrande se démarquerait-elle de celles de ses nombreux homologues au point de faire de ce collectif un outsider avec lequel ses derniers devront composer ?

Comme souvent dans ce registre, une brève entame instrumentale symphonico-progressive et cinématique nous ouvre les portes. Ainsi, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques que viennent rejoindre de puissants et métronomiques roulement de tambour, le ''nightwishien'' et bien-nommé « Intro (Fabulas et Fabulis) » ouvre peu à peu ses ailes, nous projetant alors loin du plancher des vaches. Mais il ne s'agit-là que d'un frugal hors-d'oeuvre...

Quand nos gladiateurs traversent des champs de braises incandescentes, ils nous octroient de saisissants effets de contraste rythmique et oratoire, Ce qu'illustre « El Mohán », trépident up tempo symphonique gothique aux relents dark à mi-chemin entre Draconian et Tristania. Dans ces champs de turbulences, les cristallines inflexions de la belle répondent point pour point aux incessantes attaques de son acolyte de growler. Dans cette mouvance s'inscrit l'incisif « Hordas del Caos » qui, au carrefour de Epica et Tristania, mêle habilement une atmosphère dark gothique à une vibrante touche latina. On ne saurait davantage éluder « Vino Seco », pimpante offrande dans le sillage de Stream Of Passion, mise en habits de lumière par un duo féminin aux limpides et infiltrantes oscillations.

Dans une même dynamique le combo a également misé ses espoirs de l'emporter à l'aune de passages exclusivement livrés en voix claire. Ainsi, la refonte de l'impulsif « Laberinto Espectral » libère d'envoûtantes inflexions de la part de la soprano, alors au faîte de son art. Dans l'ombre de Fortaleza, cette tonique offrande n'en révèle pas moins d'insoupçonnées montées en puissance de la rythmique et une saveur mélodique restée des plus chavirantes.

La troupe a, par ailleurs, opté pour l'octroi de passages symphonico-progressifs, inédit virage emprunté et qui lui sied plutôt bien. Dans cette énergie, on retiendra le tortueux et ''xandrien'' mid tempo progressif « Dangerous Sweetness » tant pour sa grisante triangulation vocale, les deux sopranos alors en parfaite osmose précédant les incursions d'une growleuse créature que l'on n'attendait pas, qu'au regard de l'épaississement du corps orchestral. Sans oublier ni ses multiples coups de théâtre, ni les attaques frontales d'une guitare revêche. Dans ce sillage, l'opératique et ''nightwishien'' « Lamento Errante » laisse entrevoir de sidérantes accélérations de l'instrumentation et un bref mais fringant solo de guitare. Ce faisant, on aurait peut-être souhaité des envolées lyriques plus enveloppantes et moins caricaturales de la part de la frontwoman.

Lorsque la cadence du convoi instrumental se fait plus mesurée, c'est d'un battement de cils que la troupe nous assignera à résidence. D'une part, s'imposeront sans jambage les vibes enchanteresses de « Undead », énigmatique et sensuel mid tempo au carrefour entre Xandria et Tristania. Doté de riffs massifs et d'insoupçonnées accélérations du dispositif instrumental, le troublant méfait se pare également d'un tapping et d'ensorcelantes modulations de deux princesses mises en regard des growls saillants d'une bête acariâtre. D'autre part, la remastérisation du mid tempo « Tales of Sand » lui confère davantage de profondeur de champ acoustique. S'il accuse encore de tenaces linéarités mélodiques, l'orientalisant méfait terré dans l'ombre d'Epica laisse cette fois entrevoir des growls opportunément positionnés ; cette ombrageuse présence lui ajoutant par là même une touche dark propre à glacer les sangs, et donc un effet de relief oratoire auquel on n'était pas préparé.

En dépit de ses mérites, l'opus accuse néanmoins quelques baisses de régime. Ainsi, au regard de leurs complexes, voire déconcertantes, séries d'accords, peu propices à une inconditionnelle adhésion, doublées d'enchaînements couplets/refrains peu loquaces, l'épique fresque symphonico-progressive « Turn Me on Dead Man » et le frétillant « Legado Oculto » peineront à encenser le tympan. De plus, dans un cas comme dans l'autre, le fil mélodique emprunté recèle de persistantes linéarités et bien souvent nous égare. On passera donc son chemin, cette fois.

Pour son retour, le groupe colombien signe une œuvre à la fois enjouée et enivrante, à l'ingénierie du son plus aguerrie qu'autrefois, ayant su, en prime, varier ses exercices de style, diversifier ses atmosphères et pluraliser ses joutes oratoires. S'étant ingénié à affiner le trait mélodique et à ouvrir plus largement le champ des possibles stylistique, le combo témoigne dès lors d'une maturité compositionnelle susceptible de le propulser parmi les espoirs du metal symphonique à chant féminin de l'espace sud-américain. Il lui faudra toutefois se départir de ses failles, gommer quelques irrégularités, consentir à l'une ou l'autre prise de risque, et s'affranchir sans tarder de l'empreinte parfois sclérosante de ses maîtres inspirateurs pour espérer voir son projet évoluer, et surtout tirer son épingle du jeu à l'international. La balle est désormais dans leur camp...

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