Fondé en 1981 par les frères Tom et
Jim Morris, les Morrisound Studios de Tampa en Floride ont tout d’abord accueilli de sacrés groupes power/speed/thrashmetal comme
Agent Steel,
Crimson Glory,
Toxik ou
Whiplash, avant de devenir l’antre incontournable du deathmetal US grâce aux productions de Death,
Atheist,
Obituary ou
Morbid Angel à la fin des 80’s. Le groupe local
Nasty Savage fait quant à lui partie des toutes premières formations metal ayant investi les lieux, aux côtés de
Savatage, également basé en Floride.
Officiellement séparé en 1990 un an après la parution de son troisième album
Penetration Point, le quintette se réunit sporadiquement pour une poignée de concerts évènementiels, jusqu’à son retour en 2002 suivi de la sortie de son album comeback en 2004,
Psycho Psycho, au line-up inchangé. De bonne qualité intrinsèque et paru chez Metalblade, le disque ne connait toutefois pas un franc succès. La bande se sépare de nouveau pour se reformer une énième fois en 2016, sans son batteur Curtis Beeson (RIP 2024), idéalement remplacé par James Coker, ancien batteur des deathsters de
Brutality. Ben Meyer quitte rapidement le groupe, suivi de la mort de Richard Bateman en 2018 puis du départ de David Austin en 2022, le chanteur charismatique et irremplaçable
Nasty Ronnie restant désormais le seul membre originel.
Trente-cinq ans après
Penetration Point, avec un line-up entièrement renouvelé, l’ancien catcheur retrouve
Jim Morris aux Morrisound Studios, pour la capture de
Jeopardy Room, ainsi qu'une peinture de l’artiste floridien Lewis Van Dercar. Le choix délibéré de retravailler avec l'ingénieur du son et la reprise du décor onirique d’
Indulgence et
Abstract Reality sont autant de signes montrant combien le nouvel album se place directement dans le giron de ses glorieux ainés.
Malgré un regard tourné vers le passé,
Jeopardy Room possède une production actuelle, tout en restant organique. En outre,
Nasty Savage se surpasse et se réinvente intelligemment, revisitant les différents style power, speed, thrash voire deathmetal avec une aisance déconcertante. Chaque morceau se distingue du lot et possède ces petits plus qui font toute la différence, regorgeant de passages tantôt acoustiques, techniques ou nerveux, et de leads inspirées, à l’image de Southern Fried
Homicide montant idéalement en puissance et doté d’un riffing particulièrement incisif, ou encore de la fausse ballade
Witches Sabbath, où la douceur temporaire du chant de Ronnie cède rapidement la place au chant terrible de John Tardy (
Obituary), invité idéal sur ce superbe morceau.
En cette rentrée 2024,
Nasty Savage effectue le même retour gagnant qu’
Atrophy au printemps dernier, avec un line-up entièrement recomposé autour du chanteur, sonnant plus vrai que l’original. Entre la production fine de
Jim Morris, la pochette onirique de Van Dercar, l’articulation des morceaux, le chant parfois haut-perché de Ronnie, et la multitude d’autres clins d’œil que les fans retrouveront, tout ramène savamment à la période
Indulgence /
Abstract Reality, bien que le disque ait également sa pleine identité. En d’autres termes,
Jeopardy Room est la synthèse idéale du meilleur de la bande de
Nasty Ronnie, ni plus ni moins.
++ FABIEN.
Je débarque et n'était au courant de rien : Nasty Savage toujours actif, nouvel album 2024, Jim Cocker de Burality à la batterie, John Tardy invité, etc. Merci, je vais me mettre en quête.
Excellent disque en effet, belle petite surprise. Mention aussi à l'instrumental diablement percutant en avant dernière piste. Superbe comeback.
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