Jackyl

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17/20
Nom du groupe Jackyl
Nom de l'album Jackyl
Type Album
Date de parution 1992
Style MusicalHeavy Rock
Membres possèdant cet album75

Tracklist

1.
 I Stand Alone
 03:56
2.
 Dirty Little Mind
 03:30
3.
 Down on Me
 03:59
4.
 When Will It Rain
 04:35
5.
 Redneck Punk
 03:17
6.
 Lumberjack
 03:29
7.
 Reach for Me
 03:32
8.
 Back Off Brother
 03:25
9.
 Brain Drain
 04:54
10.
 Just Like a Devil
 03:34
11.
 She Loves My Cock
 03:50

Durée totale : 42:01

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Jackyl


Chronique @ samolice

08 Janvier 2013

Jackyl, ou le hard rock interdit aux mineurs... de moins de douze ans

Au début des années 90, le jeune padawan Samolice - moi donc - n'en peut plus de subir la déferlante grunge des obscures forces de l'Empire. En dehors de Pearl Jam et Soundgarden, que je qualifierai de tout sauf de grunge mais ce n'est pas le cas des critiques de l'époque ni le propos de cette chronique, point de salut. Je rentre alors dans une phase "plus-y'a-de-notes-mieux-c'est" en balançant en boucle le « Image and Words » de Dream Theater. Na!
Pendant deux mois. Pas un de plus.
Initié au hard rock grâce la simplicité (apparente) des riffs des frères Young, je tombe en arrêt, tel un chien de chasse devant la divine croupe d’une hase - la femelle du lièvre, vous en faîtes pas, moi aussi j’ai dû chercher dans le dico -, en entendant "Down on me" à la radio. Adios Dream Theater, welcome Jackyl.

- « Jacky ? Le gars du Club Dorothée et de son shredder fou Corbier ?»
- « Non. JackylEUUU ».

Si vous demandez aux membres de SOM ce que leur évoque ce nom, il est probable que seulement un petit nombre d’entre eux penseront à ce groupe qui utilisait une tronçonneuse sur scène mais sans être capable pour autant d’en citer le moindre titre. Quand un gimmick fait davantage connaître un combo que sa musique, ce n'est jamais très bon signe… et pourtant, l'album sera certifié platine aux States quelque mois après sa sortie en 1992. Pas mal pour du « cock rock ».

Originaire d'Atlanta, Jackyl se forme en 1990. Vite repéré par Kalodner, sur une photo du livret on note sa présence ainsi que celle de son imposante barbe, le groupe décroche illico un contrat chez Geffen. Jesse Dupree featuring Jackyl serait plus juste tant le bonhomme est seul maître à bord. Et dans le club des "grandes gueules du rock" le cowboy Jesse mériterait à coup sur sa petite place.
Textes machos, nous y reviendrons, beuveries et autres débordements divers en tournées - ce qui vaudra au groupe d’être éjecté de plusieurs d’entre elles -, l’ami Dupree vit le truc à fond. Histoire d'enfoncer le clou, le mec est plutôt beau gosse, il posera d’ailleurs pour le magazine Playgirl, ce qui doit faire des jaloux. Perso je m'en fous, parce que si vous aviez l’occasion de voir ma femme, Adriana Karembeu à côté c'est Cindy Sanders. Mais calmez-vous, cela n’arrivera jamais. JAMAIS !
En 1992, Jesse s’installe avec le groupe devant un magasin K-Mart en Géorgie, l’état américain bien sur, pas le pays des gros moustachus, et balance un concert impromptu histoire de bien marquer son désaccord avec la célèbre enseigne qui refuse de vendre leur album. Le single "I Stand Alone" présente d’ailleurs certains moments de ce show si particulier (cf. lien ci-dessous). Direct.
En 1998, Jackyl entre aux “Guinness world records” pour avoir joué 100 concerts en 50 jours, dont 21 en 24 heures ! Malade.
Moins d'un mois après les événement du 11 septembre 2001, il compose et met en accès libre sur son site internet le titre "Open Invitation", un morceau « dédié » à Ben Ladden ("You’ve got an open invitation to kiss our ass"). Massif.
En 2010, sur l’album « Moonshine And Dynamite Collide », sa chanson, "Just Like A Negro", fait l’objet d’une controverse dont on devine facilement la cause. Jesse n’y voit qu’un hommage aux artistes noirs qui ont créé le rock n roll. Pour prouver sa bonne foi, Il réenregistrera le morceau en duo avec DMC de RUN DMC. Franc.
La même année, il se transforme en homme canon lors d’un show à Sturgis en 2010. Fêlé.
Enfin, à la question d’un journaliste qui lui demandait récemment si c’était toujours aussi fun de jouer de la tronçonneuse sur "The Lumberjack" après tant d'années, Jesse répondit " Est-ce toujours aussi fun de se masturber?" Profond.

Nous (re)voici donc amenés à évoquer cette fameuse tronçonneuse (lumberjack en anglais pour ceux qui n’auraient toujours pas compris... ah ben non, ça se dit "chainsaw", merci Didier et bien fait pour moi). Un soir à Atlanta, Jesse demande au patron d'un bar où Jackyl joue souvent de les payer davantage, estimant que c'est en grande partie grâce à eux si ce dernier ne désemplit pas - le bar, pas le patron -. Pas chaud le boss. Jesse le menace alors de se pointer avec une tronçonneuse et de massacrer le mobilier. Rire moqueur du boss. Erreur. Le chanteur met sa menace à exécution et se radine avec un bel objet mécanique tranchant en criant sur un ton menaçant « Jackylllllllllll ». Le public présent trouve ça géant et l’acclame. Le patron aussi qui offre au groupe 100 dollars supplémentaires. Tout le monde est content. Au bout de la nuit, Jesse empoigne la tronçonneuse lors d'une jam sur un vieux blues. "The Lumberjack" est né. Passé l’effet de surprise, inutile de vous préciser que l'histoire de la musique ne s'en trouvera pas bouleversée. Reste un bon morceau de rock n roll aux fortes touches bluesy, et qui fait un peu écho à un autre Jack, celui des frères Young.

Les frères Young. L’influence majeure est lâchée, la voix de Jesse, très proche de celle de Brian Johnson, ne faisant rien pour arranger les choses (sur "Back off brother", c’en est carrément troublant). Dupree et Johnson sont d’ailleurs de vrais potes dans la vie. En 1997 le single "Locked and loaded" proposera un duo entre les deux hommes, pour ce qui est, à ma connaissance, la seule apparition de Brian en dehors de la discographie d'Ac/Dc (fans inconditionnels, allez y, tombez moi dessus et dites moi que je me trompe).

« This album does not contain any pussy ballads or keyboard ». Nous sommes en terrain connu, celui d’un hard rock couillu, à l’accent parfois bluesy (le mid-tempo "When will it rain", "The Lumberjack"), mais le plus souvent proche du southern-rock-qui-sent-des-pieds ("Down on", “Just like a devil”, "Reach for me"). Autre exemple, prenez “Dirty little mind”, le Nugent des 70 n’est pas si loin.
Pour en revenir à Ac/dc, des premiers travaux de nos pionniers Australiens, Jesse a su retenir l’importance de l’intro et du riff qui doivent faire mouche à la première écoute (“I Stand Alone”, "Reach for me", “Down on Me”, “Brain drain”), du refrain irrésistiblement accrocheur (“I Stand Alone”, "Reach for me" - quel groove ! -, "When will it rain", “Just like a devil”) et des textes à l’arrogance juvénile mais rafraichissante. Ainsi, le cock (hard) rock de Jackyl tape bien souvent en dessous de la ceinture. Les titres (“Dirty little mind”, “Down on me”, et attention, tout en finesse, “She loves my cock”) comme les paroles (“She's tried a doctor, lawyer, even tried a jock, but she loves my cock”, “She’s got a dirty little mind and she likes it from behind”, "I'm just like a devil, you're just like a witch! You only like me because I scratch your itch!", et ma favorite, “There ‘s as many hands on her as the knob of the door”) sont suffisament explicites pour faire passer le “Crazy bitch” de Buckcherry pour une innocente comptine. Maître Capello bonsoir. D’où le refus de K Mart de distribuer l’album dans ses magasins. Bouh, pauvres oreilles américaines si chastes. A rapprocher davantage de ce que propose aujourd’hui Nashville Pussy plutôt qu’Airbourne. Jackyl, ou le hard rock interdit aux mineurs... de moins de douze ans.

La basse de Thomas Bettini, très présente, ouvre de nombreux morceaux d’une manière similaire, ce qui, à la longue, peut lasser. Chris Worley se lâche véritablement sur le dynamique “Redneck punk” et offre une belle partie de baguettes. Les guitaristes, Jeff Worley - frangin du batteur - et Jimmy Stiff , quand ils ne jouent pas les fainéants, proposent quelques soli bien sentis (“I Stand Alone”, “Redneck punk”, “Just like a devil”, et surtout "Brain drain" avec ses échanges guitare/harmonica). Ceci étant, même si les soli sont aussi présents que ne l’est le romantisme sur cet opus, la guitare rythmique est toujours soutenue par de nombreux licks bien pensés (comme sur “Dirty little mind » où ces derniers reprennent la mélodie vocale).
La production, signée Brendan O'Brien, est impeccable. En chipotant, on peut trouver le son de batterie un peu « sec ». Le gars s’était fait un petit nom les deux années précédentes avec le premier Black Crowes, « Shake Your Money Maker », sur lequel il jouait de la guitare et de la basse en plus d’enregistrer l’album, et le splendide « Blood Sugar Sex Magik” des Red Hot Chili Peppers. Inutile de vous rappeler le parcours du monsieur depuis, juste qu’il a produit 14 albums qui ont fini numéro 1 au Billboard US, dont le dernier Ac/Dc.

La surprise du succès commercial de ce premier album passée, la suite installera quelque peu Jackyl comme un one-shot band (avec quand même un « Push Comes to Shove », certifié or en 1994). Qu’importe, on s’est bien marré. Pourtant, ce brave Jesse ne s’est guère calmé, comme en atteste le récent « Best in Show » (2012), un album bien allumé sur lequel la tronçonneuse fait un retour en forme de clin d’œil.
Aujourd’hui, lorsqu’il ne joue pas live avec Jackyl, Jesse Dupree participe à une émission de télé réalité qui accueille de nombreuses rock stars et dans laquelle il est le patron d’un bar, le « Full Throttle Saloon », qui n’ouvre que dix jours par an à l’occasion d’un gigantesque rassemblement de bikers. Pas vraiment le style grabataire de « The Osbournes »…

21 Commentaires

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samolice - 10 Janvier 2013: Pas mal aussi ce « Push Comes to Shove » d'ailleurs, mais en dessous, à mon goût, de ce premier album qui passe tout seul.
MikeSlave - 11 Janvier 2013: Bel hommage à ce groupe de bonhommes adeptes des soli de tronçconneuse!
Un hard rock gras mais non dénué de finesse.
Le Push Comes to Shove est très bon également.
Merci Sam et à l'instar des collègues je trouve toujours beaucoup de plaisir à te lire!
Rock on!!
samolice - 11 Janvier 2013: MerKi Mike!
angus107 - 27 Janvier 2023:

En 1992, cela fait une quinzaine d'années, deja,  que je suis fan d'AC/DC. Ce jour la, je me rends chez mon disquaire habituel ( Si si ça existait encore ) et connaissant mes gouts musicaux, il me présente ce groupe alors méconnu: Jackyl

Dés les premières écoutes, une certaine similitude ( Gros riffs, voix qui par moment ressemble à Brian Johnson ) me saute à l'oreille.

Alors certes, Jackyl n'a rien inventé, mais j'aime ce coté Hard Rock simple mais efficace, ce coté déjanté, avec parfois une touche punk  ( Redneck Punk ).

Mention pour Dirty little Mind, que j'aime pour son coté décalé et surtout le superbe Blues Rock Lumberjack.

Après l'écoute de ce disque, je m'en vais regarder un bon film d'horreur: Massacre à la tronçonneuse...bien sur !!!

18/20

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Commentaire @ Midiane

18 Octobre 2007
A mi-chemin entre Hard rock, Heavy métal et Southern rock, Jackyl se forme en 91 et nous fait retourner à l’époque d’un Hard rock plus sauvage, des origines que nous aimons tous !
Un sens de l’humour assez relatif et incisif, des titres pas forcement très, très originaux mais cependant excellents, il suffit de traduire deux trois paroles pour se rendre compte qu’ils sont loin de se prendre au sérieux…
Influencé par AC/DC ou encore Aerosmith leur musique reste néanmoins efficace et « notablement plaisante » ^^
C’est un an après leur formation que Jackyl nous offre son premier opus, un album éponyme qui fera connaître le groupe notamment grâce à un titre en particulier et qui projettera le groupe dans les charts américains. Il deviendra album de platine l’année suivante.
A noter la petite phrase à l’intérieur du livret : elle nous renseigne beaucoup sur l’état d’esprit du groupe et nous donne un joli aperçu de ce a quoi il faut d’attendre avec eux : « This album does not contain any pussy ballads or keyboard » soulignons la petite note d’ironie bien a propos, l’album est exactement résumé dans cette phrase, pas de ballade, pas de clavier, du Hard rock. C’est tout ce qu’on attend.

Nous rentrons bien rapidement dans le vif du sujet avec I Stand Alone, un titre plutôt basique, des chœurs présents ça et là, des guitares qui se plaignent, une voix suraiguë, on a déjà entendu ça quelque part… et pas vraiment de refrain très accrocheur.

On enchaîne avec le second titre Dirty Little Mind, ici on a un refrain qui tourne en boucle, assez puéril en un sens, un peu style « jeune groupe de grunge » là encore ça manque d’originalité même si le morceau est dynamique et ne nous laisse pas simplement planté là, on ne peut rester immobile à l’écoute d’un morceau pareil.

A suivre, le morceau Down on Me, qui se laisse écouter agréablement, ça met de bonne humeur c’est le moins qu’on puisse dire.

Pour When Will I Train, on retrouve une ambiance de Dirty Little Mind sur quelques enchaînements du début, ici le refrain est plus travaillé, même si la structure du morceau reste simple, deux trois riffs dispersés au hasard de la chanson, ça fonctionne assez bien.

Plus énergique : Redneck Punk rien de tel pour bien commencer une journée, ce titre devait être une merveille en live.

Le sixième titre est certainement celui dont tout le monde a entendu parlé.
The Lumberjack ou encore « qui est ce type qui prend sa tronçonneuse pour une guitare et qui joue avec comme si elle était un instrument à part entière ? » ou Jesse Dupree qui s’amuse un peu.

« That’s the Way We Like ! » tu m’étonnes ! Cette chanson est une vraie petite perle ! C’est par cette chanson que j’ai connu Jackyl et c’est pour ce morceau que j’avais acheté l’album à l’époque.
Elle reste unique en son genre et a contribué à la « notoriété » du groupe.

Reach for Me est aussi un de mes morceaux cultes, je suis folle du refrain, je trouve que ce morceau se démarque un peu des autres même si je ne saurai pas vraiment dire pourquoi.

Back of Brother est aussi sympathique, à la manière d’un hymne fraternel.

Les trois derniers titres Brain Drain, Just Like a Devil, She Loves my Cock, s’illustrent quant à eux par une certaine ressemblance (structure, tempo, agencement, rien de particulier à souligner…)

She Loves my Cock termine l’album sur une note de poésie masculine… Assez comique elle est distrayante à merveille, pourvu qu’on ait l’humour suffisamment décalé pour l’apprécier.

En conclusion nous pouvons dire que ce premier album mettra en lumière ce petit groupe débutant à l’époque grâce notamment au titre culte « The Lumberjack », ce morceau décidera de la route que prendra Jackyl.
Pour moi Jackyl est un groupe de tordus qui a plus l’air d’une bande de potes qui s’éclatent que d’un groupe à part entière. Ce n’est absolument pas péjoratif, le plaisir qu’ils ont de jouer est communicatif et nous empêche de faire fixette sur un certain manque d’originalité vis-à-vis de la musique. Les rythmiques sont simplistes et les paroles ne volent jamais bien haut. Cependant, cet album est enthousiasmant c’est tout ce qu’on demande !
Même s’il est loin d’être parfait et même si je ne le laisserais pas tourner en boucle, nous avons droit à un album bien vivant.

Midiane

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