«
Arrayan Path » a du changer de nom cette année. Enfin, il a juste fallu ajouter un « a » supplémentaire à celui là, afin que ça ne fasse trop désordre. Formation chypriote originaire des Etats Unis, «
Arrayan Path » désormais, et non plus « Arryan
Path », produit depuis 1997 un power mélodique volontiers orientaliste. Après un «
Terra Incognita » particulièrement encourageant pour la suite de leur carrière, voici qu’un troisième album à leur effectif sort tout juste un an après. On devine à la pochette simple mais stylée, qu’il sera sans doute procédé à une continuation de leur deuxième effort. Pour le coup
Tony Martin l’ex- «
Black Sabbath » prête sa voix, le bassiste Vagelis Maranis fait son retour dans le groupe. Les éléments semblent réunis à ce porte drapeau du label chypriote
Pitch Black Records de percer une bonne fois pour toute en Europe.
Comment décrire notre surprise à l’écoute de du premier morceau offert par l’album, «
Dies Irae ». Une entame céleste, magistrale, digne d’une bande originale de film Hollywoodien. L’arrivée impromptue de la guitare électrique créera une coupure nette. La piste se poursuit sur un power metal tonique, bien que maintenu à une certaine sobriété par le chant remarquable de Nicholas Leptos qui parviendrait presque à égaler un Fabio Lione. Les mélodies se contorsionnent, prenant une apparence exotique, un peu à la manière d’un «
Myrath », grand spécialiste en la matière. S’il y avait un bémol, ce serait au niveau de la batterie, trop rêche sur le plan du rythme. Dans ces grandiloquentes entames symphoniques, on retiendra aussi celui de «
Hollow Eyes of Néfertiti », un titre bien mis en ambiance, à mid tempo cette fois. Celui-ci paraîtra tout en puissance, grâce à l’acharnement prononcé du chant et à l’esprit collectif des différents instruments.
La symphonie de certains titres prend une tournure épique ostensible. Ainsi « The
Fall of Mardonius » tente de nous faire revivre un mythe historique, entre chœurs, chant engagé, petites pointes mélodiques. Un morceau plein de charme, si ce n’est qu’il pourrait apparaître quelque peu décousu et un poil redondant. Ce côté linéaire serait le point majeur à reprocher à «
Arrayan Path ». C’est la grosse critique que l’on pourrait faire à « Emir of the Faithful », par exemple, qui est pourtant loin d’être foncièrement mauvais. On pourrait également lui reprocher un certain manque d’énergie dans les couplets. C’est vrai que ceux-ci font assez pâle figure face au très intéressant refrain. Tout le contraire de celui de « Cost Ithaca », pataugeant, faisant plus dans le surplace. Ce morceau avait pourtant correctement débuté, dans un air acoustique attendrissant. Mais voilà le chant de Nicholas aurait mauvais penchant à trop s’embarquer. Les instruments quant à eux auraient pris plus de distance, et du coup, la cohésion a de la peine à se créer. Nouvel aperçu de ses difficultés de coopération, sur «
Gnosis of Prometheus » la guitare rythmique et la batterie joueraient les fauteurs de trouble, s’exprimant de manière sèche et abrupte, ne permettant pas vraiment à le mélodie d’échapper à leur courroux. Une musique perdant de la fluidité, rendant le morceau plus difficile à appréhender.
On aurait quelque chose de moins compliqué, de plus retenu sur « Katherine of
Aragon ». Il n’y aura aucune défiance vis-à-vis de son refrain, équilibré, harmonieux. Néanmoins, la guitare rythmique enchaîne un riffing figurant comme un intrus sur la piste. On croirait pratiquement reconnaître celui de « In My
Darkest Hour » de «
Megadeth » sur certains passages. En tout cas il s’agit là d’un élément perturbateur dans ce titre, qui aurait pu devenir tout simplement remarquable. La rythmique hachée semblerait faire beaucoup moins de dégâts sur le heavy mélodique morceau éponyme.
Pas des plus transcendants, mais privilégié par un chant vivant, donnant une réelle impulsion au titre. Il en sera de même pour «
Kiss of Kali ». Les guitares dans une frénésie ambiante y entameront une lutte sans merci pour la domination. Nous voilà pris dans une véritable tempête en plein désert. Petit couac à signaler, l’air indien introduit et joué par les claviers nous donnera quelques crispations cependant.
La vitesse et l’orgueil du power metal ne seront pas oubliés pour autant. «
Kiss of Kali » nous en a déjà donné une esquisse. Le prochain, « 77 Days ’til
Doomsday » en serait un plus noble représentant. On songerait tout de suite à «
Helloween » lors de son écoute. Bien que marqué par la répétition, voilà bien quelque chose de saisissant, de convenablement enchaîné. Il sera en tout cas mieux inspiré que le pourtant très robuste «
Amenophis ». Un morceau alléchant et encaissant beaucoup au niveau du rythme, mais lui aussi pêche pour son aspect répétitif. Ces deux morceaux seront à l’opposé du titre bonus « The Poet
Aftermath », une belle ballade lyrique, incluant piano et violoncelle. En tout cas, on pourrait très bien croire que le groupe ce soit inspiré de « The Magic of the
Wizard’s
Dream » de «
Rhapsody Of Fire ».
«
Arrayan Path » continue tranquillement sa route à travers sables, dans la même veine que son second opus, mêlant de nouveau un power mélodique potable à un décor d’antiquité égyptienne. La formation devra davantage prendre en considération la technique et la composition musicale. Ils ne peuvent que prendre de la valeur en considération des inépuisables possibilités qu’offre le mélange du metal avec la musique orientale. À l’inverse, difficile de trouver à redire sur le chant de Nicholas Leptos, hormis quelques similitudes à celui de Fabio Lione. Puissant, clair, stimulant. Des mots que l’on réservera aussi à l’excellente production. Du chemin leur reste encore à parcourir, «
Ira Imperium », n’est qu’une petite oasis, une étape dans le parcours d’«
Arrayan Path ».
14/20
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