Il n'y a pas que la Suède qui nous fournisse des jeunes groupes de Heavy traditionnel. Oubliez un instant les
Wolf, les
Crucified Barbara.ou les
Steelwing et penchons-nous quelques instants sur l’Italie et plus précisément sur la Sardaigne, d’où nous vient
Holy Martyr, groupe formé dans les années 90 et ayant trois albums à son actif. Le dernier,
Invincible, quitte l’imagerie antique européenne pour un thème cette fois centré sur le Japon et son histoire. Dans le livret, le groupe nous donne ses influences : le Heavy traditionnel, le cinéma, le
Power et... Les génériques de dessins animés japonnais des années 70... Un sacré melting pot que pourtant le groupe réussi à rendre crédible.
Le côté Heavy traditionnel est à l’évidence très présent puisqu’il s’agit bien du style pratiqué par le groupe. Tout dans les riffs, les structures et les solos est très classique et on parle bien ici de fan service dans le sens où le groupe ne se distingue pas par une recherche de nouveauté acharnée et préfère jouer le style qu’il aime sans se soucier de savoir si ce qu’il joue mérite le prix d’album de l’année. Et c’est avec ce genre d’attitude qu’on sort un album sincère joué avec les tripes. Le chant, lui, s’éloigne des clichés du genre. Alex Mereu n’imite pas
Bruce Dickinson ou Rob
Halford et chante avec une voix plus hargneuse et profonde qui rappellera plutôt
Blaze Bayley.
Le cinéma ? Oui, c’est une influence qui se ressent assez fortement également, notamment dans les paroles. Par exemple, Shichinin No
Samurai est le titre original du film nippon Les Sept Samouraïs, dont l’histoire est décrite dans la chanson. De même,
Lord of
War, par son titre et son thème rappelle fortement le film éponyme. Au-delà de ça, les paroles du groupe ont un côté théâtral prononcé, qui évoque de nombreuses images dans l’esprit de l’auditeur, qui feraient d’excellentes affiches de film.
Le
Power chez
Holy Martyr ? Oui, aussi, même s’il est plus difficile à cerner. On sent bien que le côté épique de nombreuses chansons auraient fait d’excellents sujets pour des groupes comme
Rhapsody. Mais point de symphonique dans
Invincible. On reste dans le plus pur Heavy burné avec juste quelques nappes de claviers de temps en temps. Ils ne gardent du
Power que l’héroïsme. Je mentionnais le cinéma plus haut et c’est justement dans ces titres contant les histoires de samouraïs victorieux luttant avec honneur que l’on ressent le plus cette influence.
Enfin... Les génériques de dessins animés japonnais... Oui, ça surprend au premier abord, mais quand on y regarde de plus près, on arrive tout de même à en distinguer des traces. Comment est-ce possible ? Tout simplement, les italiens ont, semble-t-il décidé d’écrire des chansons qui auraient très bien pu être des génériques. Prenez les titres comme
Invincible et surtout Zatoichi, par exemple. Repensez à votre enfance et aux dessins animés (rappelez-vous Pokémon, pour ceux de ma génération) et pensez au génériques vantant le courage des héros de votre enfance... C’est ça que vous trouverez sur ces titres, mais en mode métallique. Et ça a son charme...
Et avec intelligence,
Holy Martyr mélange toutes ces influences dans cet album à la cohérence remarquable en dépit de leur diversité. Si le résultat est un album de Heavy qui ne révolutionne rien du tout et qui sera plus au goût des fans de traditionnel,
Invincible se paye le luxe d’avoir une certaine personnalité (voir une personnalité certaine) grâce à tous ces éléments bien digérés et son imagerie encore peu abordée dans le style.
Une des sorties heavy trad de 2011 sur laquelle je n'ai pas encore eu le temps de me pencher, mais c'est prévu, c'est prévu...
:p
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