Into the Wild Life

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Nom du groupe Halestorm
Nom de l'album Into the Wild Life
Type Album
Date de parution 07 Avril 2015
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album45

Tracklist

1. Scream
2. I Am the Fire
3. Sick Individual
4. Amen
5. Dear Daughter
6. New Modern Love
7. Mayhem
8. Bad Girls World
9. Gonna Get Mine
10. The Reckoning
11. Apocalyptic
12. What Sober Couldn't Say
13. I Like It Heavy
Bonustracks (Edition Deluxe)
14. Jump the Gun
15. Unapologetic
Bonustrack (Japanese Release)
16. Drunk Pretty

Chronique @ Hacktivist

20 Avril 2015

Si la beauté de Lzzy Hale n'a plus aucune limite, l'ascension de Halestorm pourrait bien être freinée avec cet album.

Comment dire, Halestorm, c'est l'étoile montante, le phénomène hard-rock passionnel de la fin des années 2000' qui, en seulement trois albums, s'est imposé comme un relais de taille à l'ancienne génération, souvent affaiblie par les années et les premières marques de la vieillesse. Par ailleurs, si aujourd'hui, on a généralement tendance à considérer Airbourne comme étant le descendant le plus représentatif du son d'AC/DC, considérons qu'il en est de même pour Halestorm et Joan Jett & The Blackhearts. Par conséquent, la fratrie Hale, qui est aussi le noyau central de la formation depuis le début, a su apporter, au fil de ses compositions, la douceur, la féminité, la sauvagerie et le dynamisme suffisant à réveiller les nostalgiques du vieux hard mais accusant les productions plates et sans âmes délivrées par certains artistes actuels chargés d'artifices. Une fan-base solide comme un roc, des albums savamment espacés dans le temps (trois ans entre chaque), quelques mini-productions pour fidéliser et faire patienter son public et surtout, Halestorm, c'est d'abord une voix, celle de Lzzy Hale. En bonne guerrière des temps modernes, notre Mz. Hyde possède évidemment autant d'atouts physiques que d'armes pour se battre, timbre rocailleux, possédé et charismatique à l'appui. Idéal féminin par excellence, et multipliant les couvertures de magazines, elle s'affiche notamment aux côtés de David Draiman sur son projet Device en 2013, près du country-rockeur Eric Church et plus récemment, on l'a découverte dans un étrange duo avec la violoniste Lindsey Stirling sur le titre-éponyme « Shatter Me ». Ceci dit, c'est bien du nouvel album des Américains dont on parle ici, et dans le milieu du bon gros hard-rock de derrière les fagots, lorsqu'on change, ne serait-ce qu'un peu sa recette, il vaut mieux assurer et produire une base cohérente avant de se lancer dans le vide, l'inconnu.

Après une apparition remarquée sur l'album-tribute à Dio (†) « Ronnie James Dio - This Is Your Life » (2014) et la publication d'un second volet de covers opéré deux ans plus tôt « Reanimate 2.0: The Covers EP » (contenant d'ailleurs une superbe réinterprétation du tube interplanétaire de Daft Punk « Get Lucky »), Halestorm est de retour, à la suite d'une remise en question partielle de son style et de ses différentes couleurs musicales. Si le quatuor nous avait souvent habitué à un rock plus direct, efficace, parfois en roue libre, là, il faudra commencer à s'habituer et à réfléchir sur l'essence même qui est constituée par ce troisième skeud « Into the Wild Life », naturellement bien moins rentre-dedans que ne l'avait été « The Strange Case of... » délivré en 2012. Quelque part, remarquons qu'il assez trompeur de présenter une telle pochette à son public ; un poil plus sombre certes, mais en noir et blanc, dans un esprit très vintage et finalement, de ne proposer qu'un seul morceau vraiment très lourd, explosif voire carrément dangereux pour les oreilles (« Mayhem »). Ici, les expérimentations de la bande tentent de s'implanter tout au long de ces treize morceaux, quoi qu'avec une certaine fragilité, tandis que le nombre de ballades est comme dédoublé. Un tri plus poussé aurait pu s'imposer au vu de la pertinence de trois ou quatre titres très en deçà des attentes et de ce repos vocal pleinement assumé freinant quelque peu l'intensité de ce nouveau-né. De plus, Halestorm qui semblait pourtant Howard-Bensonno compatible depuis ses débuts a fait le parti pris de changer de producteur pour Jay Joyce, un acteur de la scène musicale sans doute plus touché par la nouvelle scène country-rock (Eric Church, Keith Urban, Thomas Rhett ou encore Tim McGraw), est-ce vraiment un choix judicieux ?

« Scream » est en tout cas une parfaite représentation de cette évolution stylistique. Une ligne de chœurs s'installe confortablement, et notre combo s'appuie sur des gimmicks relativement simples avec des vocaux un peu retouchés qui donnent cet aspect électro-pop (la seconde ère de Papa Roach en est assez proche), comme c'est aussi le cas sur le single « Amen » qui privilégie ainsi un format plus court qui attaque là où ça fait mal. Les vocaux semblent par ailleurs sous-mixés, nettement plus fragiles qu'à l'accoutumée, dénaturant celui de la belle Lzzy. Plus étonnant, une sympathique transition s'opérera au fur et à mesure que les claviers se superposeront jusqu'à former un court épisode FM tout vieillissant emprunté aux formations des années '80. Seulement, le véritable problème de cet opus, c'est son manque de relief. « Sick Individual » en devient pour le moins très anecdotique, et s'accompagne d'une opposition riffs lourds/passages pop à la fois mal gérée et peu harmonieuse dans son ensemble. Vers où souhaitent-ils aller ? D'un côté, ils appuient le son de la batterie et profitent du jeu musclé d'Arejay Hale, ce qui est particulièrement judicieux et légitime (de l'introduction de « Sick Individual » à « Apocalyptic ») et de l'autre, ils tentent une approche plus fine et moderne de leur musique. La contradiction se présente sur de nombreux morceaux, même si « Apocalyptic » continue d'en réchapper, et heureusement, car il s'agit du tube principal. Indubitablement, les percussions sont un atout qui profite au titre et à son dynamisme, le batteur est fou et survolté (on imagine parfaitement ce que doit être son lancer de baguettes à ce moment précis) et tout en efficacité et en puissance, le titre déploie quasiment la même énergie que sur « I Get Off », « I Miss the Misery » ou « Freak Like Me » pour ne citer qu'eux. Attendez-vous à un coup de cœur certain grâce à ce « I Am the Fire » obligeant non seulement l'auditeur à tomber raide dingue du chant possédé et tourmenté de Lzzy qui continue d'exploiter la moindre seconde de la pièce, et de ces lignes de guitares mélancoliques, lancinantes. Elle est la flamme du hard-rock, c'est une performeuse. Sa voix produit naturellement de l'émotion, sa sincérité touche, séduit, alors pourquoi vouloir s'orienter vers quelque chose de plus lisse et dans l'air du temps ? Force est même de reconnaître qu'Halestorm n'a jamais aussi bien fait la paire qu'avec les Pretty Reckless et leur fameux « Going to Hell ». Ils jouent dans le même terrain et ça se sent. Quant à Taylor Momsen, elle n'aurait pas renié, par exemple, l'exception faite par le seul et unique titre metal de la bande, « Mayhem », qui, de par sa noirceur et ces riffs saccadés, pourrait déjà en surprendre plus d'un.

On sait tous que le pouvoir émotionnel trouve parfois ses limites. Sur une ou deux ballades, l'album s'en retrouve d'autant plus riche, complet, mais au-delà de quatre titres de cet acabit, la magie se perd, et l'épuisement musical naît ainsi. Les 'Ricains d'Evanescence en avaient payé le prix sur le pourtant intéressant « The Open Door » en associant le piano à la voix enchanteresse et délicate d'Amy Lee. Pour le coup, on retrouve une doublette si bien associée qu'elle ne forme plus qu'une, et ce, pour l'heure de quelques minutes : « Dear Daughter »/« New Modern Love ». Conformément à nos observations antérieures, la recette est ostensiblement la même : un ensemble très posé, calme, pop, un peu de piano, une ou deux notes de blues qui ressortent mais ne font jamais long feu. Pris à part, il est fort à parier que personne ou peu ne remarquera la fragilité musicale et artistique de ce « Into the Wild Life », pourtant, les expérimentations auraient mérité un coup de réflexion supplémentaire et surtout, plus l'harmonie, de fusion. Pour preuve, Halestorm est capable de grandes choses et nous plonge dans un univers qui lui paraissait à première vue très éloigné, à la limite du trip-hop sur « Bad Girl's World » et pas si éloigné d'un blues pur, sincère et évasif avec la plus qu'agréable « What Sober Couldn't Say » illustrant trois minutes d'une rare leçon de sensibilité. En l'occurrence, c'est un ensemble musical qui est essentiel à Lzzy Hale, ayant souvent besoin de s'exprimer, que ce soit dans la douceur ou dans le rock bien sauvage qui lui est si cher. Que celui ou celle qui entend des riffs du « Rock or Bust » d'AC/DC à l'écoute du dernier titre « I Like It Heavy » lève la main... Curieuse impression en effet, car nous avons-là, en première partie, un hard-rock très traditionnel inspiré par le blues et les hymnes scandés par les plus grands acteurs de la rock culture. Quitte à commencer de cette manière, autant aller jusqu'au bout. Justement, le collectif nous donne la sensation que le titre s'est arrêté pour enfin permettre à notre vocaliste de rendosser le costume de chanteuse de gospel par le biais d'un solo vocal très intriguant et inattendu. Un délice.

Si la beauté de Lzzy Hale n'a désormais plus aucune limite, l'ascension de Halestorm pourrait bien être freinée avec ce « Into the Wild Life ». Ils créent, se renouvellent, c'est intéressant, sympathique, cool, mais c'est le gros bordel en fait. Morale de cette histoire : on ne devrait jamais associer du saumon et du pâté avec du chewing-gum et des céréales, c'est très mauvais pour la santé.

PS: Halestorm, c'est le Alestorm sans le chapeau de pirate et le whiskey à la main. Et sans le pied marin. Pis ça prend un "H" aussi.

9 Commentaires

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samolice - 20 Avril 2015: Merci pour la chro très intéressante. Je ne connais de ce groupe que leur album de reprises, bien foutu mais ça manque d'un peu de sueur à mon goût. Ce groupe bénéficie t'il de la même promotion qu'Evanescence en son temps? Cartonne t'il aux US?
Aeternam - 21 Avril 2015: Belle chronique. En ce qui me concerne je pense que leur son, de par le changement de producteur, a évolué pour toucher un public cible plus âgé. La batterie et les guitares sont bien grasses sur cet opus et la voix de Lzzy moins délicate. Peut-être un album pour se détacher de l'étiquette Hard FM à chanteuse ? En tout cas, il est vrai qu'aucun titre n'est aussi accrocheur que ceux des précédents albums. Dommage mais l'évolution du groupe est intéressante. A suivre...
nicko11 - 23 Avril 2015: Entrée en position n°5 du top 200 US dès sa sortie...commercialement, l'album est parti pour cartonner là-bas.
Je ne connaissais que de nom et j'ai été faire un tour sur YT. Lizzy est sexy et la musique me plaît. je vais donc approfondir. La chronique est complète et intéressante, d'autant plus que les autres albums ne sont pas chroniqués. Encore merci ;-)
Theodrik - 07 Mai 2015: Un jour, il faudra s'occuper des deux premiers albums, qui sont purement excellents, en effet. Cet album, même avec le temps... Je ne sais pas. Il y a vraiment du très bon, mais c'est vrai que les deux ballades rock/blues/Pop, les titres Rocks gentils, les titres électronisés, ça laisse peu de place au Metal/Hard Rock, tout ça. Mais bon, à en croire la tracklist du dernier concert, de toute façon, c'est ces derniers que le groupe va privilégier, donc ils se sont peut-être dits : "On a une bonne base de tube, on renouvelle un peu le stock et on garde de la place pour expérimenter et se lâcher un peu... Maintenant qu'on est installés et que notre public connait notre goût pour les autres genres musicaux, pourquoi pas ;)" Je pense qu'on verra vraiment la direction que le groupe veut prendre avec l'album suivant. En attendant, celui-ci est quand même bon. Il n'égale pas les deux premiers, mais ça va, c'est pas la cata non plus ^^
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Chronique @ Theodrik

06 Mai 2015

Entre les titres punchy et les titres mollassons trop nombreux, Halestorm n'arrive pas à choisir.

Le groupe pensylvanien Halestorm fait partie de ces groupes à mi-chemin entre le Hard-Rock et le Metal dont le succès rapide a de quoi faire envie. Leur premier opus, “Halestorm”, datant de 2009, s’est assez vite imposé dans le public grâce à trois éléments : son efficacité dans ses refrains accrocheurs, taillés pour la scène, ses mélodies, peu inventives mais suffisamment puissantes pour faire adhérer le public et la variété de son spectre musical, passant sans états d’âme du Metalcore easy-listening au Pop-Punk qui nous irritait tant il y a quelques années, mais qu’on se surprend d’accueillir à bras ouverts à l’heure de l’électro-r’nb triomphante. C’est oublier que le matraquage médiatique fut équivalant pour l’un comme pour l’autre. Mais le temps a fait son office, et c’était vraisemblablement le moment de jouer la carte de la nostalgie, du “C’était mieux avant, au moins y avait de la guitare électrique à la radio, en ce temps-là…” Cette carte, Halestorm l’a jouée. Et, sans être d’une absolue mauvaise foi, on ne peut pas dire qu’il ne l’a pas très bien jouée, pile au bon moment, avec les très bons “Halestorm” en 2009 et “The Strange Case Of…” en 2012.

La meilleure preuve de cela étant que le groupe est passé récemment du Trabendo au Bataclan, qu’il avait déjà fait en 2013, mais en première partie de Bullet For My Valentine. Se faire repérer et coopter dans le milieu par un groupe plus installé que vous aide également, et c’est d’ailleurs comme ça que votre serviteur a connu le groupe. Parfois, quand on est talentueux, le succès ne tient décidément pas à grand chose… C’est sur les marches de ce même Trabendo que j’appris, à la mi-2014, l’arrivée prochaine d’un nouvel album. Puis, les premiers titres arrivèrent à ma connaissance. Enfin, l’album sortit et, trépignant d’impatience dans ma retraite finlandaise, je pus bien vite poser une oreille dessus. Brisons la glace tout de suite. J’ai bien aimé cet album mais je ne suis pas pleinement satisfait, et j’ai d’autant plus de peine à l’écrire que je l'attendais beaucoup. Alors pourquoi un tel coup de froid ?

Il convient ici d’être clair. C’est loin d’être une catastrophe. S'il y a quelques accidents, le niveau général de l’album est bon et fourmille de tueries. Et c’est par celles-ci qu’on va commencer. Sur ces 13 pistes, on compte 7 titres purement Hard-Rock, Metal ou -nouveauté- Punk. Cela peut paraître un peu juste, mais si on retranche de “The Strange Case Of…” les ballades et les titres Pop-Punk un peu mièvres, on constate qu’il n’y en avait pas davantage. Parlons-en donc. La première d’entre elles, “I Am The Fire”, quatrième titre de l’album révélé au public, est très appréciable. On peine d’abord a comprendre où nous emmène le refrain, mais on se l’approprie bien vite et on est rapidement conquis par ce riff ravageur qui vient ensuite, par les cris et la voix en sourdine de Lzzy Hale. Dans le même genre, “Apocalyptic", premier titre disponible sur le Net, est un peu difficile à appréhender en première écoute, notamment par son refrain plus subtil que les autres et par le fait que, des titres résolument Metal de l’album, il est peut-être finalement le moins puissant. Il se grave vite, à la faveur des écoutes, dans notre cerveau. Le solo de guitare en milieu de morceau est aussi, sans être révolutionnaire, plutôt sympathique. Ces deux titres ont aussi le grand avantage de proposer de la nouveauté, quelque chose qu’on peut tout-à-fait avoir déjà vu ailleurs, mais qui n’a jamais été présenté au public du groupe. C’est aussi le cas d’“Amen”, deuxième clip de l’album. Sa guitare peut sembler un peu pesante, mais se trouve être résolument Heavy. Son refrain est très très chouette et semble fait pour être scandé sur scène, les cris de Lzzy décoiffent bien. Bref, ce titre à tout pour continuer de passer dans les prochaines tournées. Qui plus est, son clip est assez sympa à regarder, nous évoquant ces jours où rien ne va et on a vraiment envie de tout envoyer valser et profiter un peu de la vie.

“Gotta Get Mine” est assez classique, plus frontale, mais l’alchimie opère tout de même très bien, notamment grâce à son riff très Hard-Rock et agréable. Ses “Na ! Na ! Na-Na-Na-Na !”, rappelleront aux amateurs attentifs du groupe le début de “Daughters of Darkness”, sur l’album précédent. “Mayhem” fut sans doute ma plus grande surprise quand je le découvrai, en tant que second titre promo. Après la Pop-Punk, Halestorm avait fait ce qu’il n’avait jamais osé faire jusque-là. Aller vers le Punk “pur”. Il y a certes des passages plutôt planants entre les refrains hurlés, pour poser une atmosphère, le riff Punk est certes classique, mais on y croit facilement. Par ailleurs, les refrains (et surtout le cri central du morceau) sont gueulés avec une hargne que je n’avais encore jamais vue chez Lzzy. “I Like it Heavy” est aussi très bon dans ce registre avec son chant extrêmement hargneux. Là aussi, le “I Like it ! I Like it ! I Like it Heavy !” sera bien vite nôtre sur scène. Le titre le plus difficile à apprécier dans cette catégorie sera sans aucun doute “The Reckoning". Il n’est pas à proprement parler mauvais, mais est assez planant (à ce titre, il me rappelle beaucoup “Rock Show” sur l’album précédant), mais en beaucoup plus progressif. Il commence au piano et à la basse, puis la batterie prend ses marques. Enfin, le chant s’emballe et la guitare prend de plus en plus de place, faisant de ce titre quelque chose d’intéressant, à défaut d’être le plus entraînant.

Maintenant que je me suis répandu en éloges sur les titres qui le méritent, passons au reste de l’album, aux titres restants qui font que je ne suis pas pleinement satisfait, qui me forcent à le trouver inégal, à savoir la catégorie des titres qui ne sont pas Hard-Rock/Metal/Punk. Je n’ai personnellement rien contre le fait qu’un artiste estampillé Hard-Rock en fasse, ni qu’un groupe comme Halestorm en fasse. On sait depuis leur tout premier album qu'ils ont un certain goût pour les styles de musique "pour ados" (Pop-Punk), depuis "The Strange Case of..." qu'ils apprécient les ballades semi-acoustiques/à piano, et depuis "Reanimate 2.0" qu'ils aiment reprendre Lady GaGa ou Daft Punk. Néanmoins, dans ces trois cas, la guitare électrique et les riffs Hard-Rock étaient suffisamment présents pour se faire apprécier d'un tel public. Dans le cas des ballades, on pouvait s'identifier aux textes et donc on pardonnait à ces titres d'être un peu gentillets. De plus, ils étaient concentrés sur "The Strange Case Of", ce qui faisait qu'on ne passait pas du coq à l'âne en permanence. Si vous n'aimiez pas trop la Pop-Punk ou les ballades, le milieu de "The Strange Case of..." était un mauvais moment à passer, mais le début et la fin de l'album étaient assez rythmés pour bien vite faire oublier cet écart. Et pour ce qui est des reprises de titres Electro-Pop, elles n'étaient pas si mauvaises et assez rigolotes mais ne vous étaient nullement imposées au sein d'un album studio (il fallait acheter un album de reprises pour ça). Si je vous parle de ces éléments, vous supposez sans doute que ce sont eux, qui, à mon sens, posent problème. Alors parlons de ces titres problématiques...


Il y en a de deux types. Il y a tout d’abord les titres inspirés de la musique électronique. Le premier d’entre eux, “Scream”, le tout premier titre de l’album, est intéressant dans sa démarche mais assez faible pour une entrée en matière, plus en ce qui concerne son refrain, très minimaliste, que son instru. On se souviendra alors avec nostalgie (thème décidément à l’honneur dans cette chronique…) d’une entrée comme “It’s Not You” ou, plus encore “Love Bites (So Do I) qui giflaient littéralement l’auditeur en début de disque. “I Am The Fire" vient juste après pour rassurer l’auditeur, mais réussir son entrée, c’est important. Et, sur ce point, force est de constater le groupe m’a habitué à mieux. “Sick Individual”, en revanche, est bien meilleure de ce point de vue. La voix modifiée de Lzzy passe bien, le refrain est accrocheur et, surtout, la guitare reste suffisamment présente et catchy pour donner du rythme à la chose et faire accepter le mariage des deux styles. Ce n'est hélas pas le cas pour “New Modern Love”. Il y a, certes, une jolie ouverture avec une guitare très Rock N'Roll (qui reste tout le morceau, par ailleurs), le refrain, à l'image des autres titres du groupe depuis ses débuts, est très facile d'accès, la voix à peine modifiée de Lzzy Hale passe bien, les percussions (djembés) rendent le tout assez chaloupé et intéressant, mais on sera surpris par ce rythme douceâtre, justement. Il y a bien un petit riff en fin de refrain, mais ça reste très limité et minimaliste. Le titre a visiblement été pensé pour être rythmé autrement, pour surprendre. De plus, elle marque un temps d'arrêt avec ce ton, étant placée juste après la ballade "Dear Daughter". Ces titres "électronisés", s'ils avaient pu être meilleurs, ne sont pourtant pas les sorties de route les plus flagrantes sur cet album...

On les trouvera du côté des ballades, pourtant un des points forts de l’album précédant. Ici, on oscillera entre le bon et l’insupportable. “Dear Daughter” est assez réussie et fait penser à “Break In” avec son piano, sans en atteindre l’intensité dans l’émotion, toutefois, et ce, malgré un texte très correct. “What Sober Couldn’t Say” reprend les cordes acoustiques et le texte sur les choses qu’on n’ose pas dire à l’autre d’ “In Your Room”, mais la guitare électrique est trop peu présente, ce qui faisait le charme de son aînée. Alors, oui, ça s’énerve un peu à la fin, tant sur le chant que sur la guitare, mais elle est clairement trop Pop, et semble un peu en trop. De plus, elle casse le rythme car elle est placée entre deux titres Hard-Rock, à savoir "Apocalyptic" et "I Like It Heavy". En tout cas, elle est nettement moins en trop que le plus gros plantage de cet album, à savoir “Bad Girls World”. Cette chanson est ultra décevante. Son refrain fait déjà entendu mille fois, sonne comme la Pop la plus commerciale qui soit (au point que j'ai cherché si ce n'était pas une reprise et... j'aurais préféré !), dure 5 minutes (ce qui est interminable pour un titre aussi peu intéressant que ça) et une fois de plus, se place entre les deux très bons "Mayhem" et "Gotta Get Mine". Deux soli ultra frustrants, aussi. Le premier, placé en milieu de morceau, accompagné d'un réveil de la batterie, nous fait entrevoir un décollage badass, genre "Alors ? On vous a fait peur, hein ?!", mais hélas, c'est pour mieux retomber dans la Pop inspide ensuite... Le second, devant assurer la transition avec "Gotta Get Mine", fait par ailleurs vraiment comique, comme si le groupe s'était rendu compte que, là, ils avaient un peu abusé, et qu'ils s'étaient dépêchés de mettre quelque chose d'un peu Hard à la fin, pour pas que ça se voie trop... Sauf que ça se voit et que ça rend le truc encore plus grotesque...

Vous l'aurez compris, Ces deux titres sont vraiment le point noir de l'album, car ils fragilisent l'ensemble du disque. Ils le fragilisent d'autant plus qu'ils se cumulent à des titres un peu molassons (mais pas si mauvais), comme "Dear Daughter", "The Reckoning", "Scream" et "New Modern Love". Parce que 6 titres qui sont "pas mauvais mais un peu mous" ou qui sont des ballades, mine de rien, sur 13, ça fait beaucoup. Ça fait trop, même. C'est là que le bât blesse, en définitive. Il blesse d'autant plus que les durées de “Halestorm” (37 minutes) et de “The Strange Case Of…” (41 minutes) étaient largement dépassées (49 minutes, soit 8 de plus, c'est-à-dire la durée cumulée des deux titres en question) et qu’on aurait très bien pu s’en tenir à 11 titres. Surtout si c'était pour rajouter ceux-là... Il apparaît que l'écoute de l'album est nettement plus agréable quand on retire "What Sober Couldn't Say" et "Bad Girls World" (je vous invite à essayer : ils ne seront de toute façon jamais joués en concerts...), mais je me dois de tenir compte de leur présence malheureuse dans ma notation.

Entre les titres punchy qu'on aime et les titres mollassons trop nombreux, il semble qu'Halestorm n'arrive pas à choisir. Dans "Into the Wild Life", la volonté d'accorder de la place aux ballades, aux nouvelles expérimentations électro, sans s'aliéner le public Hard-Rock/Metal qui l'a porté, se traduit par un ouvrage qui possède son lot de pépites, mais qui maltraite l'auditeur par ses changements de styles incessants. Il restera un opus patchwork d'expérimentation. Et expérimenter, proposer, essayer, voir ce qui a plu et déplu, c'est très positif. Bousculer également. Encore faut-il savoir bousculer avec mesure et subtilité...

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