Interbellum

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16/20
Nom du groupe Cathubodua
Nom de l'album Interbellum
Type Album
Date de parution 23 Fevrier 2024
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Effigy of Aftermath
 04:43
2.
 Foretelling
 05:00
3.
 Will Unbroken
 05:36
4.
 Amidst God
 03:45
5.
 The Mirror
 02:54
6.
 Goddess Fallacy
 08:20

Durée totale : 30:18

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Cathubodua


Chronique @ ericb4

27 Fevrier 2024

Pour une brève mais grisante incursion en terre d'abondance...

Nous ayant laissés sur le souvenir ému d'un dantesque « Continuum », son premier album full length, le quintet belge ne reviendra dans les rangs que quelque cinq années plus tard ! D'aucuns n'étaient alors pas loin de penser, à tort, les chances de pérennité de ce projet à jamais envolées. Ce serait ignorer qu'au-delà de son indéfectible détermination à en découdre, le combo a toujours eu pour credo de se laisser le temps nécessaire à la pleine maturité de ses gammes et de ses arpèges avant de se lancer dans une arène metal symphonique à chant féminin qu'il sait soumise à une féroce concurrence. En effet, créé en 2013, le collectif ne réalisera son introductif EP, « Opus I : Dawn », qu'en 2016. Trois années supplémentaires sépareront alors cette encourageante auto-production de sa galvanisante cadette, « Continuum », sortie, elle, chez Massacre Records. C'est d'ailleurs avec le puissant label allemand que nos acolytes signeront les six pistes du présent opus, « Interbellum ». Mais contrairement à son orgiaque devancier, ce nouvel arrivage s'égraine sur un ruban auditif modeste de ses 30 minutes. Cela étant, la talentueuse et méticuleuse troupe serait-elle à même de se hisser parmi les valeurs confirmées de cet environnement metal ?

Ce faisant, certains membres d'équipage de la précédente traversée partageront l'aventure avec de nouveaux venus. Se trouvent alors savamment conjugués les talents de : la mezzo-soprano Sara Vanderheyden (Ilusen's Fallacy) ; Peter Thielemans, à la basse ; Arvid Vermote, en remplacement de Katrien Van den Hurk (ex-Innervate), au violon ; Robin Ritzen (Daemonos, Neverus), en lieu et place de Kenny Callebaut et de Kyron Vannufelen, à la guitare ; Harald Bouten (Daemonos, Necrotesque, Pictura Poesis...), se substituant à Ricardo Lievano Flores (Objector, Oxus, ex-Gunsblaze), derrière les fûts. Avec la participation, pour l'occasion, de Mathijs Ignoul à la guitare acoustique. De cette fraîche collaboration naît un propos metal mélodico-symphonique progressif aux relents folk, à la fois épique, romanesque et racé, avec un souffle heavy plus marqué que naguère, où les influences de Nightwish, Epica, Leaves' Eyes, Eluveitie, After Forever, Lyriel et Amberian Dawn se font sentir, le touche personnelle en prime.

Tout comme pour certaines réalisations de Serpents Oath, Incult, Slaughter The Giant et Epinikion, et à l'instar de son prédécesseur, cet opus a été produit au Project Zero Studio par un certain Yarne Heylen, bassiste du groupe de death metal belge Carnation, De plus, mixage et mastering ont été dispensés au Toneshed Recording Studio, et ce, par son propriétaire, le pluri-instrumentiste et vocaliste néerlandais Erwin Hermsen (Spitting Nails, ex-Mangled), sollicité notamment par Dead Head et par Cirith Gorgor pour la production de certains de leurs albums. En découle une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut, cristallisée par une belle profondeur de champ acoustique et des finitions passées au crible. Pour mettre les petits plats dans les grands, l'artwork de la jaquette d'inspiration fantasy, privilégiant une imagerie guerrière et assortie d'une riche palette de couleurs, relève du fusain de Jelle Van Loo, graphiste (Carnation, Tulsadoom...) et vocaliste (ex-Innervate, guest chez Cathubodua) de son état. Mais embarquons sans plus attendre à bord de la goélette pour une croisière que l'on espère parsemée d'îlots d'enchantement...

C'est à l'aune de ses passages les plus magmatiques que nos cinq gladiateurs marqueront leurs premiers points, et non des moindres. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Effigy of Aftermath », torrentiel et théâtralisant up tempo d'obédience metal symphonique folk à la confluence de Nightwish, After Forever et Lyriel ; n'ayant de cesse de nous asséner de furieux coups de boutoir et de déverser ses riffs crochetés, le tempétueux méfait, par un subtil jeu de contrastes atmosphériques, inscrit également dans sa trame un virevoltant coup d'archet et des chœurs aux abois. Et ce ne sera pas le refrain catchy mis en exergue par les puissantes impulsions d'une interprète bien habitée qui nous déboutera de ce hit en puissance, loin s'en faut. Dans cette mouvance, on ne saurait davantage éluder ni « Will Unbroken » ni « Amidst Gods ». Tout aussi toniques et bien qu'un tantinet plus complexes techniquement, ces chevaleresques efforts heavy symphonique recèlent tous deux des enchaînements intra-pistes ultra sécurisés et des arrangements instrumentaux de bonne facture. Ne relâchant leur étreinte qu'en de rares instants et encensés par les chatoyantes modulations de la sirène, ces diluviens manifestes généreront, à n'en pas douter, un headbang bien senti.

Quand la cadence du convoi instrumental se fait un poil plus mesurée, le combo trouve à nouveau les clés pour nous retenir sans avoir à forcer le trait. Ce que prouve, d'une part, « Foretelling », mid tempo metal symphonique progressif aux effluves celtiques, dans la veine coalisée de Lyriel et Eluveitie. Jouissant d'une entame tout en délicatesse alimentée d'un fin picking à la guitare acoustique, signé Mathijs Ignoul, le saillant méfait, peu à peu, sort ses griffes ; si le tympan du chaland ne saurait se soustraire à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'il nous invite à suivre, c'est à l'aune de son poignant et opportun pont techniciste que l'envoûtant message musical atteindra son apogée. Bref, une ''tubesque'' offrande qui, peu ou prou, poussera à une remise en selle sitôt l'ultime mesure envolée. Dans une atmosphère plus éthérée se glisse « The Mirror », ballade a-rythmique d'une sensibilité à fleur de peau, que n'auraient sans doute reniée ni Amberian Dawn ni Leaves' Eyes. Enorgueillie d'un violon mélancolique secondé d'une guitare acoustique d'une confondante délicatesse, et mise en habits de soie par les magnétiques volutes de la maîtresse de cérémonie, cette atmosphérique ritournelle d'inspiration celtique fera chavirer l'aficionado de moments intimistes. Mais là n'est pas l'argument ultime de nos acolytes pour tenter de nous rallier à leur cause...

Et s'il ne devait en reste qu'un, « Goddess Fallacy » serait sans doute celui-là ! Ayant alors misé quelques espoirs de l'emporter par le truchement d'une ample pièce symphonico-progressive et opératique, le collectif belge ne s'y est pas trompé ; un exercice de style auquel ce dernier est déjà rompu et qui lui avait déjà valu quelques lauriers, à l'aune du pléthorique « Apotheosis » issu de son précédent effort. Dans la veine coalisée de Nightwish, Epica et Amberian Dawn, cette palpitante fresque déverse ses 8:20 minutes d'un parcours épique et romanesque, susceptible de laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Multipliant ses coups de théâtre à l'envi tout en sauvegardant l'une des sentes mélodiques les plus enveloppantes, et encensée par les corpulentes et pénétrantes oscillations de la diva, l'orgiaque mouvement n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense. Et ce ne sont ni le saisissant face à face entre un violon libertaire et une guitare léonine ni la soufflante montée en régime du corps orchestral qui démentiront l'agréable sentiment d'être aux prises avec le masterpiece de la galette. Chapeau bas.

En définitive, on parcourt une œuvre, certes, dans un mouchoir de poche mais des plus palpitantes, jouissant en outre d'une ingénierie du son coulée dans le bronze et n'accusant pas l'once d'un bémol ni une quelconque zone de remplissage susceptible d'en atténuer la portée. En dépit de son modeste format, un large éventail d'exercices de style est balayé, et l'on se surprend à y revenir dès l'ultime portée évanouie. Si l'on eût espéré, là encore, davantage de prises de risques de sa part, le collectif a compensé cette carence par une subtile harmonisation de styles, un usage approprié et original du violon et une esthétique mélodique difficile à prendre en défaut. S'affranchissant plus encore de l'empreinte de leurs maîtres inspirateurs et développant un propos aux relents heavy plus marqués que naguère, c'est dire que nos acolytes confèrent davantage d'épaisseur artistique à leur projet. Aussi, à l'aune d'un message musical aussi émouvant que rayonnant, nos cinq compères auraient une belle carte à jouer pour se hisser parmi les valeurs confirmées de leur registre metal d'affiliation. Pour une brève mais grisante incursion en terre d'abondance...

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JeanEdernDesecrator - 28 Fevrier 2024:

Pour du metal sympho, c'est bien carton, beaucoup de rapidité dans tout ça !

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