Infernal Symphony

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16/20
Nom du groupe Shatterheart
Nom de l'album Infernal Symphony
Type Album
Date de parution 06 Fevrier 2026
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Afterlife
 05:46
2.
 Nightchild
 03:39
3.
 No Rest
 04:40
4.
 A Shattered Heart
 03:41
5.
 Betrayal
 04:14
6.
 The Ghost Remains
 04:12
7.
 Raging Storm
 03:56
8.
 Forever Will Last
 05:07
9.
 Ground Turns to Dust
 04:33
10.
 Infernal Symphony
 11:25

Durée totale : 51:13

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Shatterheart


Chronique @ ericb4

11 Fevrier 2026

Sans doute la première page d'une histoire au long cours écrite par la formation suédoise...

Porté par son introductif et rayonnant EP 3 titres, « Ground Turns to Dust », le combo suédois n'aura pas mis bien longtemps pour revenir dans les rangs, moins d'un an séparant son premier et présent album full length, « Infernal Symphony », de son laconique aîné. Le temps pour nos cinq acolytes de concocter deux singles (« Betrayal », en décembre 2025, suivi de « Nightchild », un mois plus tard) et de peaufiner leur production d'ensemble. Réalisé conjointement par le guitariste et mastermind Johan Bergman (Aerodyne) et par la chanteuse Aliki Kostopoulou (Scarblade), ce set de compositions constituerait précisément le prolongement de l'initial effort. Cela étant, les dix titres de cette offrande – dont les deux singles sus-mentionnés – seraient-ils suffisamment efficaces pour permettre à nos belligérants de lutter sereinement dans cet espace metal ? Le collectif nord-européen originaire de Göteborg pourrait-il, deux ans seulement après sa fondation, rejoindre les valeurs montantes d'un environnement metal symphonique à chant féminin qui ne l'aura pas nécessairement attendu ?

Accompagnés par Jonathan Strand à la basse, de Daniel Lyngsaa Larsson aux claviers et de Olle Bengtsson à la batterie – leurs trois compères d'hier – nos maîtres d'oeuvre nous immergent à nouveau au cœur d'un univers rock'n'metal mélodico-symphonique aux relents power et pop, là encore dans le sillage de Xandria, Delain, Sirenia, Angelical Tears, Nemesea et consorts. Se dessine alors une œuvre aussi fringante et solaire qu'empreinte de délicatesse, injectée de lignes mélodiques des plus engageantes et d'une technicité instrumentale plus affûtée aujourd'hui qu'hier et toujours aussi savamment exploitée. Mixé et mastérisé à son tour au Studio Fredman, par son propriétaire, qui n'est autre que Fredrik Nordström (guitariste/claviériste (Dream Evil) et producteur (Arch Enemy, Dimmu Borgir, In Flames, Nightrage, Soilwork...) de son état), cet opus n'accuse pas l'once d'une sonorité parasite tout en dispensant une saisissante profondeur de champ acoustique. Il ne nous reste plus qu'à lever l'ancre, pour une traversée que l'on souhaite parsemées de terres d'abondance...

A l'instar de son devancier, c'est sans ambages que le méfait happera le pavillon du chaland, à commencer par ses passages les plus torrentiels. Ce que révèle, tout d'abord, « Afterlife », ''delainien'' up tempo aux riffs crochetés adossés à une frondeuse rythmique. Pourvu d'un refrain catchy mis en exergue par les limpides ondulations de la sirène, alors escortée d'une imposante muraille de choeurs, et instillé d'un pont techniciste bien amené, laissant entrevoir un grisant corps à corps entre les assauts répétés d'une guitare léonine et les attaques en retour d'un serpent synthétique, ce hit en puissance ne se quittera qu'à regret. Dans cette énergie, on ne saurait davantage éluder « A Shattered Heart », up tempo pop metal mélodico-symphonique aux riffs acérés, au carrefour entre Delain et Sirenia ; se plaisant à distribuer ses furieux coups de boutoir tout en recelant une sente mélodique, certes, convenue mais des plus efficaces, et arc-boutée sur des arrangements instrumentaux de bon aloi, l'invitante plage incitera, à n'en pas douter, à un headbang bien senti et quasi ininterrompu.

Sur un même modus operandi, la troupe a parallèlement souhaité varier ses exercices de style, nous livrant alors un duo féminin en voix claires des plus inattendus. Bien lui en a pris ! Ainsi, « The Ghost Remains » s'offre tel un énergisant et organique instant conjointement mis en habits de lumière par les célestes modulations de la frontwoman auxquelles répondent celles, plus chatoyantes, d'Ambre Vourvahis (Xandria). Investi d'une sente mélodique des plus enveloppantes et de séries d'accords judicieusement élaborées, le rayonnant élan n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense ; et ce n'est pas le fuligineux solo de guitare dispensé qui nous déboutera de cette ronde de saveurs exquises, loin s'en faut. Mais là n'est pas l'ultime argument du combo suédois pour tenter de nous rallier à sa cause...

Quand le rythme de leurs frappes se fait un poil moins incisif, nos acolytes trouvent à nouveau, et sans mal, les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'attestent, en premier lieu, « Nightchild » et « Raging Storm », mid tempi rock'n'metal dans la veine d' Angelical Tears ; nourris d'un entêtant refrain relevé par les claires inflexions de la déesse et d'un bref mais seyant solo de guitare, les deux trépidants élans pousseront assurément à un headbang subeptice. Issu de la première flamme, « No Rest » se pose, lui, tel un aérien et ''xandrien'' mouvement ; inoculé de couplets finement ciselés – relayés chacun d'un refrain immersif à souhait encensé par les angéliques oscillations de la princesse – et de gammes pianistiques tout en délicatesse, ce ''tubesque'' manifeste ne saurait davantage être esquivé. Enfin, non sans renvoyer conjointement à Nemesea et à Delain, l'élégant « Betrayal » comme le félin « Ground Turns to Dust » pourront à leur tour se jouer de toute tentative de résistance à leur assimilation, eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'ils nous invitent à suivre.

Lorsqu'ils en viennent à tamiser leurs éclairages, nos compères en profitent pour nous adresser leurs mots bleus les plus sensibles, avec pour effet de générer la petite larme au coin de l'oeil. Ce qu'illustre « Forever Will Last », ballade progressive romantique jusqu'au bout des ongles, que n'auraient sans doute reniée ni Nemesea ni Xandria. Doté d'une mélodicité toute de fines nuances brodée sur laquelle se greffent les ensorcelantes volutes de la maîtresse de cérémonie et d'un fringant solo de guitare, et se chargeant graduellement en émotion au fil de sa progression, l'instant suspendu ne saurait être ignoré par l'aficionado de moments intimistes.

Mais ce serait à l'aune de leur luxuriante pièce en actes power symphonico-progressif que nos inspirés concepteurs seraient au faîte de leur art. Ainsi, le titre éponyme de l'opus, « Infernal Symphony », déploie ses quelque 11:25 minutes d'un parcours à la fois épique et romanesque, abondant en coups de théâtre percussifs et où se meuvent les magnétiques patines d'une interprète bien habitée. Ce faisant, la ''nightwishienne'' fresque se plaît à nous bringuebaler pour mieux nous retenir, in fine ; eu égard à un seyant paysage de notes et aux fulgurantes et galvanisantes montées en régime de son corps orchestral, et recelant en prime un sculptural solo de guitare, le dantesque effort déploie des trésors d'ingéniosité pour nous (re)prendre dans ses filets. Sans doute le masterpiece de la rondelle.

Au final, le collectif scandinave nous octroie un propos ne manquant ni d'allant ni de panache, apte à pousser l'amateur de ses sources d'inspiration à une remise en orbite dès l'ultime portée envolée. Des exercices de style aujourd'hui diversifiés, des phases rythmiques et des atmosphères désormais moins stéréotypées, et l'absence de tout bémol susceptible d'affadir l'attention du chaland viennent compléter l'offre. Il convient toutefois que le combo consente à l'une ou l'autre prise de risque et à se départir un tantinet de l'empreinte de ses maîtres inspirateurs afin de conférer davantage d'épaisseur artistique à son message musical et d'espérer, par là même, surprendre un tympan déjà familiarisé aux codes du genre. Pouvant cependant compter non seulement sur une ingénierie du son plutôt soignée mais aussi sur la féconde inspiration mélodique de ses auteurs, sur une technicité instrumentale affûtée comme sur la magnétique signature oratoire de la frontwoman, ce premier effort de longue durée dispose des atouts requis pour permettre à nos acolytes de venir grossir les rangs des sérieux espoirs, à défaut de valeurs montantes, de cet espace metal. Sans doute la première page d'une histoire au long cours écrite par la formation suédoise...


Note : 15,5/20

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