Blood Revolt :
Indoctrine...
Bon, comment introduire décemment cette album ?
Difficile pour un ovni comme celui-là...
Il es trés difficile d'y définir un style, et même de les conseiller à une population particulière. Selon vos goûts, vous détesterez à ne pas pouvoir poser vos oreilles dessus plus de cing minutes ou serez soufflé et le classerez sans problème parmis les albums de l'année.
Donc,
Blood revolt, projet composé de 3 musiciens émérites de la scène métal extrème, les canadiens
Vermin et James Read, aux guitares et à la batterie respectivement, ayant officiés dans les groupe black-death
Axis of Advance et
Revenge et Allan Averill a.k.a Nemtheanga, dont la voix magistrale a fait les beaux jours de
Void of silence, et fait encore ceux de
Primordial. Il est remarquable d'ailleurs de constater que le travail de chaque musicien reste dans la continuité de ce qu'il a l'habitude de faire dans ses autres groupes, mais en même temps se sublime pour donner quelque chose de tout à fait à part et nouveau.
Vermin et Read, donc ont composé la musique, Nemtheanga développant le concept d'
Indoctrine et les paroles, traitant de guerre, de martyrs, de torture, de folie, de suicide... Avec, comme souvent chez Nemtheanga, une tendance à l'anarchie et à l'opposition aux diverses institutions existantes, avec en fond la société actuelle qui oppresse et avilit l'homme. D'ailleurs l'artwork superbe colle trés bien au concept. Le tout fût entièrement enregistré et arrangé sur le nouveau-continent, du fait de la volonté du groupe d'enregistrer comme un vrai groupe.
Mais à quoi ça ressemble musicalement ? Difficile à dire, ça a une forte tendance à tirer et à se balader sur tous les styles du métal extrème, du black au death brutal, du doom au grind, en passant par le hardcore et des passages bien plus mélodiques, notamment dans la voix parfois clairement heavy...
Donc appelons ça du métal extrème. Extrème oui, car la violence est présente dans chaque titre, musicalement déja. Ce n'est que guitares bien graves, lourdes, sales, saturées, batterie peu retouchée et trés audible au mixage. Le style est assez peu défini, un seul règle semble faire loi : Faut que ça envoie du gros. Alternances de passage rapides "brutal death-like" soutenues par une batterie qui enchaine les blast beats avec des roulements de toms trés (certains diront trop) fréquentes, où les instrumentistes peuvent démonter leurs grosses qualités et de passages plus mid-tempo voir carrément lents.
Par exemple, un titre comme
God's executioner, Praise be qui est un de mes favoris sur l'album, aprés une intro parlée, on enchaine deux thèmes principaux un premier ultra-violent à l'harmonie trés blackisante, soutenue par une rhytmique sans faille, et un deuxième mid-tempo, qui fait assez penser à une sorte de punk-death groovy simple et efficace dans la structure limite hardcore, avec ajouté à ça un pont black-death technique absolument jouissif et un solo de guitare final totalement destructuré et déchirant, l'un des seuls de l'album.
Mais l'exemple le plus frappant reste le titre le plus long de l'album "My Name In
Blood Across The Sky" qui est littéralement coupé en deux, le début étant fidèle au black-death qui reste le son dominant de l'album jusqu'à 3 min 36 où la chanson s'arrète (Oui, carrément) quelques secondes, avant de partir sur un trip tirant à la fois sur un stoner-doom à la Electric wizard et le sludge d'un
Kylesa, avec une montée progressive en intensité digne des plus grands du style et de finir sur le thème de début. Et le pire, c'est qu'en mon sens, tout l'album passe réellement bien, malgré les variations continuelles, on ressent une véritable continuité dans le son, dans la violence, en passant de chanson en chanson.
Nemtheanga, lui aussi est pour beaucoup dans cette violence palpable, alternant les passages en voix black "classique", des hurlements désordonnés empreints de démence, une voix grave utilisée dans de fréquents récitatifs et son chant clair "dépressif" habituel crié avec les tripes. Ce chant lyrique et romanesque, presque théatral, violemment expressif est l'élement-clé qui donne une réelle identité à l'album, une certaine émotion, pour ne pas dire une émotion certaine. Un des meilleurs exemples est donné dans la chanson "Bite the
Hand,
Purge the flesh" où tout ces domaines vocaux sont explorés avec une aisance qui ne peut que forcer le respect, et c'est ici, d'autant plus remarquable que la musique est bien plus violente que dans
Primordial. Le talent d'Allan d'intégrer des lyrics heavy sur de la musique extrème ne se remarque que plus encore. C'est d'ailleurs ici ce qui fait passer l'album du bon, à l'excellent. Les fans de Nemtheanga, dont je fais partie verront tout de suite de quoi je parle.
Mais au delà de l'aspect musical, il y a une chose qu'il faut vraiment noter, et qui pourra certainement géner certains, c'est la production. pourquoi ? Et bien, cette dernière fait tout simplement garage. Il y a clairement un caractère artisanal et authentique dans la production. Bon, c'est pas Vagézaryavtre quand même, la batterie est une batterie, et les guitares sont audibles, ça me ferait un peu penser à
Assassins de
Nachtmystium. Mais ce coté demeure, notamment dans la production de la batterie, trés peu retravaillée, presque brute, avec ces guitares bien crades. Crade, c'est également le mot que j'utiliserais pour qualifier l'introduction et certaines transitions entre les morceaux. Les respirations suivies des détonations de balle au début du premier morceau, ont même failli me faire couper là mon écoute, sans parler des interférences radios immondes au début de The
Martyrs Brigade, que pour le coup, je trouve franchement dérangeant. On dirait du grind !!! Bon la durée des morceaux en plus, le plus court excédant quand même trois minutes. Mis à part ça, ça reste à mes oreilles, trés écoutable.
Pour conclure, je dirais que
Blood revolt nous livre là une oeuvre complète (j'aurais du mal à conseiller un morceau plutôt qu'un autre) et complexe, difficile à appréhender et qui demande une écoute réellement attentive pour être apprécié à sa juste valeur. Certains n'accrocheront sans doute jamais à l'ambiance à part qu'il dégage. Pour les autres et c'est mon cas, il demeurera sans problème l'un des albums marquants de la décennie, une oeuvre tout à fait aboutie et à part. Il m'est dur de le conseiller à un type de métalleux, ça ne plaira pas à tous les deathsters, ni à tous les blackeux, certains lui reprocheront sans doute un coté barré et légèrement brouillon mais ceux qui y trouveront leur compte prendront vraiment leur pied. Donc voila, je n'ai qu'un conseil à vous donner. Essayez ! Ecoutez un titre de cet
Indoctrine, le titre éponyme par exemple, et faites-vous votre avis vous-même. De toute manière, il mérite qu'on pose son oreille dessus, ne serait-ce que par curiosité.
Bon allez, je vous laisse.
Bonne bourre.
Bakou
Effectivement, c'est très original. je pense qu'il faut écouter l'album dans son ensemble pour vraiment comprendre l'univers de ce groupe. Comme tu le dis certains vont crier au génie alors que d'autres diront que c'est une bouse infame.
Pour ma part, je ne suis pas encore fixé, il faut que j'approfondisse l'écoute. merci pour la chro.
Je l'ai acheté après avoir lu des chroniques très élogieuses, et au contraire assassines.
Pour ma part, ça fait seulement 1 mois que je suis dessus, et je reste encore perplexe. Par moments j'ai envie de crier au génie, à d'autres je trouve ce disque ennuyeux. Je suppose que cela dépend aussi de l'humeur au moment où on l'écoute.
Une chose est sûre, il demande beaucoup d'attention à l'auditeur, et ne s'apprivoise pas dès la première écoute.
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